‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 31 sur 140 · GI · texte numérisé non relu

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C'est dans le conimcnccnicnt du septième siècle qu'il faut placer l'origiiie du monastère de Saint-Josse ', en Ponthieu. St-Josse , prince breton , fit bâtir un ermitage dans ce lieu , entre la Canche et TAuthie. Transforme en hospice , où les pèlerins étaient recueillis , ce pieux asile fut placé sous l'autorité d'un abbé vers Tannée 830. Des religieux l'habitaient encore à la fin du siècle dernier; ils délaissèrent alors le cloître de Saint-Josse pour aller vivre en communauté avec les moines de Saint-Sauve de Montreuil.

L'origine des monastères de Forestmontier ■ et de

(le Saint-Biquier était aussi en usage dans celui de Corbie. La musique y fut introduite dès le X' siècle. (Àct. SS. Ord. Bened. apud Mabillon. )

Revenus de l'abbé de Coibie en 1772. . . 65,000 livres. Taxe de l'abbaye en cour de Rome . . . 6,000 florins.

' ( Sanctvs Jodocus svper Mare vel Judoci Cclla.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St Benoît. La terre de Saint- Josse-sur-Mer eut titre de comté. Des droits de justice à sang et à Lan sur les larrons et le privilège de la pêche , dans les rivages de l'Océan qui avoisinaient l'abbaye ou dans les eaux de la Canche, existaient à son profit dès le commencement du treizième siècle. L'acte qui en dépose nous apprend que cette pêche fournissait des saumons, des marsouins, Ae^esturyconsei des baleines. « Scienduni autem est et conceditur quod ecclesia sancti Jodoci per totum » feoduni habet suuni comitatuni , latronem et sanguinem , et bannum , et omnes « dunœ in feodo sancti Jodoci prœdictaî sunt ecclesiœ , et litlus maris, ita quod si » quis piscator ceperit infra termines maris circumadjacentis sturionem et sal- » monem et porcum marinum et helpinum (*) in jus ecclesiae cedit intègre et nota- '> biliter. u ( De lihcrtalihvs et dominiis coviitatus S. Jodoci supra Mare. 1203.)

Revenus de l'abbé de Saint-Josse en 1772. . . 2,500 livres. Taxe de l'abbaye en cour de Rome. . . 200 florins.

' ( Sancta Maria ForesLi Monasterii. ) Fondée \ers 6^i5 par StRiqnicr dans la forêt deCrécy. Le Gallia Chnstiana affirme que son premier abbé ne fut institué

• Pi«cis mujoris sptcies, vel rraspicis, >irui balcena » (Glossaire (le DU Cangk )

Sainte-Austreberte ' remonte aussi au septième siècle. Celle de Tabbaje de Saint-Sauve ■ est du neuvième ; Berteaucourt "' de la fin du onzième. Dix-huit abbayes furent fondées pendant le douzième siècle dans le seul diocèse d'Amiens. Cette époque était celle des croisades ; princes et chevaliers quittaient leurs riches ma-

qu'en 4010. L'abbaje élail de l'ordre de St-Benoît et tombait en ruines en 1646. Cependant les revenus de l'abbé s'élevaient encore à 6,000 livres en 4772. Forest- Monlier payait 300 florins de taxe à la cour de Rome.

' (Sancta Aiistreberta opiid Monstrolium ad Mare.) Abbaye de filles de l'ordre de St-Benoît fondée vers 650 ; transférée h Montreuil au onzième siècle. — Revenus de l'abbesse en 4772. . . 42,000 livres.

" ( Sanctus Salvius do Monsterolio vel Monasterio super A/are.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît , située dans la ville de Montreuil. St-Sauve, évêqne d'Amiens , établit dans ce lieu quelques cellules vers 680 et y mourut. Le monastère fut fondé au neuvième siècle (en 834, dit yl/aii7/o?i)- Revenus de l'abbé en 1772... 2,500 livres. Taxe en cour de Rome. . . 250 florins. L'hôiel-de-ville de Montreuil est construit sur l'emplacement de l'ancienne abbaye de Saint-Sauve.

' ( Berlolcurtium ). Abbaye de filles de l'ordre de St-Benoît fondée par Sl- Gaulthier, abbé de Pontoise, en 4092 à^\lMahillon,en 1095 d'après le Gallia Christiana. Les documents des archives de la préfecture de la Somme confirment l'assertion de Mabillon. « L'église de Berteaucourt — dit M. Dusevel — est un des plus » curieux édifices romans que possède la Picardie... La voussure du portail est » couverte d'ornements et de figures bizarres. Un cordeaudentelé règne au-dessus; » et plus haut sont deux espèces de rosaces , entre lesquelles on distingue sur des .. pilastres plusieurs statues d'un travail sec , aride, mais précieuses pour l'étude de » l'art au onzième siècle. Le Christ en croix termine la décoration de la façade. 1) L'abside est très-curieuse ; elle a une corniche formée de forts corbeaux , ce qui •) est assez rare dans ces sortes de monuments. Les piliers qui soutiennent les voû- » tes à l'intérieur sont ronds ou cantonnés de fuseaux et surmontés de chapiteaux, » sur lesquels sont sculptés des fleurs , des animaux et des personnages fantasti- " ques. » ( Lettres sur le Département de la Somme, par M. H. DosEVKt,. )

Revenus de l'abbesse de Berteaucourt eu 1772. . . 5,000 livres.

noirs pour des guerres lointaines ; mais avant l'adieu au donjon paternel , ils donnaient leurs biens aux monastères. La mère inquiète, Tcpouse désolée venaient, bientôt après , oflfrir à leur tour de pieuses donations au Ciel et lui demander, en échange , de préserver du fer des infidèles et de la peste d'Orient les jours du croisé dont elles pleuraient l'absence... Une sainte ferveur régnait alors dans les plus nobles demeures. Les puissants seigneurs de Boves ; ceux de Saint- Valéry et de la maison de Poix ; d'autres seigneurs encore fondèrent des abbayes pendant le douzième siècle dans le Ponthieu, dans le Santerre , dans l'Amiénois. Saint -Fus ciEN % Saint -Vast de Moreuil*. Saint-Jean-lez-Amiens %

' ( Sa7ictus Ftiscianus in Nemore\e\ ad Nemora. ) Âbbaje d'hoiiUKes de l'ordre de St-Benoît, fondée près d'Amiens en liOS par Enguerrand de Boves {^Charte de Vévêque Geoffroy^ Gallia Christiaiia.) Des religieux vivaient à Saint-Fiiscien longtemps avant l'établissement de celte abbaye (Mabillon) j aussi plusieurs liisloriens ont-ils fait remonter sa fondation au sixième siècle et l'attribuent-ils à Frédégonde 011 àKliildebert I"" ( le père Daire, Doyenné de Moreuil. Manuscrits de la bibliothèque comm. d'^Tnten*. ) Les moines de Saint-Fuscien élurent d'abord leur abbé qu'ils présentaient ensuite à la confirmation de l'évêque. Il fut plus tard à la nomination royale. Le revenu abbatial en 1772 était de 4,000 livres. Taxe de l'abbaye en cour de Rome.. . 200 florins.

' {Sanctus Vedastus de Morolio. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît située à Moreuil en Santerre, fondée en d409 par Bernard, seigneur de Moreuil. Le père Daire affirme, dans son Histoire des Doyennés, que Saint-Vast de Moreuil n'était d'abord qu'un prieuré et ne fut érigé en abbaye qu'en dJ50. Ce monastère devint le lieu de sépulture des seigneurs de la maison de Créquy. Le roi nommait l'abbé de Moreuil. Ses revenus s'élevaient à 5,000 livres en 1772. Taxede l'abbaye en cour de Rome. . . 200 florins.

' ( Sanctus Johannes Ambiannesis.) khbAye d'hommes del'ordre de Préniontré, fondée à Amiens en H24 par Gérard, vidame d'Amiens, et Gui , seigneur de Flixe-

Selincourt ', Sfry - AUX - Prés % Locdieu', Espagne ', Saint-Michel de Doullens ', Sainte - Marie - de -Visi-

comt. «Pliilippc-Aiignslc la prit sous sa protection et lui donna ponr ninies, en » ■1185, (les fleins-de l}s d'oc sans nonil)re avec cette devise: LUhim Dccus on n Piijnus mevm. Elle fnt déiriiite par l'ennemi en 4358. Le roi Jean la fit ensuite » rebâtir; mais on en démolit une partie considérable en 1470, de crainte que les » Bourguignons ne s'en emparassent. . . En 1524 , Nicolas Lagrené, l'im des abbés ') du monastère, fit rebâtir l'égiise et la plupart des lieux réguliers. . . Enfin , en » l'année 1597, les Espagnols, maîtres d'Amiens, détruisirent ce couvent. . .« ( Histoire (T Amiens ^ par M. H. Dusevel. ) Les religieux de Saint- Jean s'établirent alors dans l'bôlel et dans les dépendances du fief de Marconnelle. Le collège royal occupe aujourd'hui les bâtiments du monastère.

' ( Sanctus Pelrus de Sclincuriâ aut Selincurtis. ) Fondée en 1131 par Gautier Tirel , seigneur de Poix. On gardait précieusement dans cette abbaje une sainte larme du Sauveur que Bernard de Moreuil apporta de la Terre-Sainle en 4206 et que les pèlerins venaient adorera Moreuil des contrées les plus lointaines. 11 ne reste rien des bâtiments de l'abbaye dont les moines appartenaient à l'ordre de Prémontré. L'église de Selincourt passait pour la plus belle du diocèse après la cathédrale d'Amiens. — Revenus de l'abbé en 4772. . . 5,500 livres. Taxe en cour de Rome. . . 200 florins.

" {Siriacum inPratis.) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré. Fondée en 4185, entre Aumale et Eu, par Guillaume de Cayeux, seigneur de Boullencourt. ( Fundatio monasterii Beatas Mariœ de Seri. Gallia Christ. X. Instrum. 321.) Avant cette date, Séry-aux-Prés n'était qu'un prieuré. — Revenus de l'abbé en 1772 . . 5,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 24 florins.

' ( Lociis Dci. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux fondée en 1191 , près de Gamaches, par Bernard et Thomas , seigneurs de Dreux et de Saint- Valéry ^ Fundatio Loci Dei. Gallia Christ. X. Instrum. 329. ) Détruite par les Bourguignons en 4472 et rebâtie dans le seizième siècle. Les Calvinistes la ruinèrent de nouveau vers l'an 4638. L'église el les principaux bâtiments avaient été reconstruits à la fin du dix-septième siècle , mais n'existent plus aujourd'hui. — Revenus de l'abbé en 1772. . . 4,600 livres. Taxe en cour de Rome. . . 240 florins.

* ( Hispania. ) Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux fondée en 4178 par Engucrrand de Fontaines, sénéchal de Ponthieu. Transférée à Abbeville au dix -septième siècle et réunie en 1747 à l'abbaye de Willencourt.

" ( Dorlunum , Dulendium , vel Sanctus Michacl de Dorlunn. ) Abbaye de filles (le l'ordre (le Sl-Renoit fondée au douzième siècle ( Crallia Christiana et Archives

(.NOi, ' et V^ALOiRES % appaitienricnt à cetle époque de pratiques ielig;ienscs et de vives croyances.

delà Piéfect. «le la Somme. ) Le père Daire a piétcndii qu'elle existait déjà an liiiilièmc siècle, mais sans citer aucun document à l'appui de cetle assertion. — l.e revenu de l'abbé de Doullens était de 3,000 livres en 1772.

' ( Visiïneul ou Visigneux, Snnrta Marin do f^isiijnelio ^iCii Fisùjnolitim. ) Abbaye d'iiommes de l'ordre de St-Au2;uslin. rellelicr et quelques auteurs l'ont i\ tort classée dans l'ordre de St-Beuoît. Valeran et Hugues de Breteuil fondèrent ce monastère en 1148 ; on l'érigea en abbaye dans l'année 1178. Un incendie détruisit ses bâtiments et ses archives il y a plusieurs siècles.

* ( Balancia sca fValolia aut f^aloria.) Abbaye d'Iiomnics de l'ordre de Citeaux fondée à Balances en 1137 par Gui , cnnite de Ponthieu. Transférée ensuite à Valoires. — Revenus de l'abbé en 1772. . . 14,000 livres. Taxe en cour de Rome... 33 florins.

Charles ,roi de Bohème et allié de Philipi»e de Valois, perdit la ^ie à la bataille <le Crécy . Plusieurs historiens ayant avancé que ce prince l'ut inhumé dans l'abbaje de Valoires, nous avons cherché à nous rendre bien compte de la valeur de cetli' assertion. Voici le résultat de nos investigations. — Froissart nous apprend que le corps du roi de Bohème fut porté dans l'abbaye de Mcntcnny ; il y avait alors sur la rive droite de la Gauche, en face de l'abbaye de Valoires, un ciiâteau de Muintenuy célèbre dans la contrée pendant le moyen-âge et dont la tour existe encore- Les gens de guerre durent fort naturellement appliquer le nom de ce château- fort au monastère qui l'avoisinait , et qui sans doute était sous sa sauve-garde. Ceci nous conduit donc à penser que le monastère de Mcntenuy n'était autre que l'abbave de Valoires. Voici le texte de Froissart : « Le lundi au viatin vinrent liiruut de parc >i le roi de Franche prendre trieuwes trois jours scttllement de ceux qui rcnvvn raient apries leurs rnestres et leurs arnis pour cnsepvelir ; et li roijs enylcs leur » accorda. Et fist li dis roys porter le corps dou roy de Behaiiujve son cousin >» yerviain en une ahheie qui sied assez pries de la et le appelle on Menlcnay cl » ossi y fist ilporter les corps des autres prinches. . .»

Nous avons puisé ce texte dans un précieux manuscrit des Chroniques do Froissart que possède la bibliothèque communale d'Amiens. 11 est écrit sur deux colonnos, dans le format in-folio, en lettres cursives gothiques du quinzième siècle, avec majuscules peintes eu or et en couleur. On y trouve plusieurs faits , d'une véritable importance pour l'Iiistoire, quin'avaieut point èlè consignés dans les manuscrits sur lesquels Froissart fut imprimé. M. le docteur Rigoliot a mis récemment en lumière tout ce que le uianuscrit de la bibliothèque dAmieiis renfermait de précieux. 1!

L'abbaye du Gard ' est célèbre. Elle dut sa fondation à Girard , vidame d'Â.miens. Le cardinal Mazarin et racadémicien Voisenon furent abbés du Gard. Les archives de ce monastère nous fournissent de curieux détails sur ses charges, ses revenus et sur la vie intérieure des religieux. En 1207 Enguerrand de Boves, vidame d'Amiens , donna à l'abbaye , pour le salut de son âme, huit livres parisis destinées à V achat du beurre et de l' huile nécessaires aux potages de la communauté. Le Gard recevait treize livres parisis de Girard, seigneur de Picquigny, pour V achat du poisson et du vin distribués le samedi aux moines. L'abbé envoyait chaque année cinq cents anguilles de redevance à l'abbaye de Berteaucourt ; les cartulaires du Gard nous apprennent que ce monastère devait huit mille harengs, par année, à l'abbaye chef-d'ordre de Citeaux. Ses possessions étaient considérables. La déclaration de son temporel, à la date de 1547, témoigne que les religieux récoltaient alors une très-grande quantité de vins; dès l'année 1356 des différends existaient entre l'abbaye du Gard et les magistrats d'Abbeville, les ha-

faut lire d.ins le troisième volume des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, dont M. Bigollot est membre-résidant, le travail qu'il a publié. On y trouvera la comparaison approfondie des textes de Froissartà laquelle une rare érudition a présidé.

' ( Gardum seu de Garda ant do Gardo. ) Abbaye d'honmies de l'ordre de Citeaux , fondée près de Picquigny en H39. Les revenus de l'abbé , en 1772, s'élevaient à- . . 12,000 livres. Taxe de l'abbaye en cour de Rome. . . 24 florins.

bitants ayant à se plaindre de la concurrence des vins de l'abbaye '.

Plusieurs monastères du diocèse d'Amiens durent leur établissement à ses évèques. Tels furent ceux de Saint-Âcheul% Saint-Martin-aux- Jumeaux % et vSaint - André - au - Bois *.

' (Procès entre Vabbé du Gard et les maïeur et cschevins d' Ahheville qui demandaient un impôt sur les vins de Vabhaie qui se vendaient en la maison du Petit- Gard en gros et en détail. 4356. Carlulaiies de l'abbaye. Arch. de la Préfecture de la Somme. )

' ( Sanctus Achenlus seu Atheohis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Sl-Augus- (in , fondée près d'Amiens en 4445 par l'évêque Thierry. — Revenus de l'abbé en 4772. . . 5,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 480 florins.

' ( Sanctus Martinus de Gemellis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Augusiin fondée à Amiens en 4445 par l'évêque Thierry. Un prieuré y existait avant cette date. La tradition rapporte que le monastère de St-Martin-aux-Jnmeaux fut construit au lieu où St-Martin de Tours n'étant encore que catéchumène avait donné son manteau à un pauvre qui implorait sa charité. Une chapelle aurait existé depuis lors sur l'emplacement de l'abbaye. « In porta Ambianensis in qua Sanctus Martinus « pauperem algentem adhuc cathecumenus chlamyde decisa contexit , oratorium » a fidelibus est œdificatum, in quo puellœ religiosae deserviebant tempore Gregorii » Turonensis. » ( Gallia CUrisliana. — Grégoire de Tours. )

Le chapitre de la cathédrale exerçait sa juridiction sur l'abbaye de Saint-Martinaux-Jumeaux et y percevait des redevances. ( Arch. de la Préfect. de la Somme. ) « Les religieux étoient autrefois tenus de livrer à chacun chanoine de l'église d'A- ■> miens, entre la Toussaint et St- André, deux paires de chaussons de drap blanc...» ( Manuscrits de la hiblioth. comvi. d'Amiens. ) — Une bulle papale réunit cette abbaye à l'évêché d'Amiens, en 4565,

* (S. Andréas in Nemore.) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré, fondée en 4454 par Guillaume de Saint-Omer, châtelain de Beauraiu ; simple dépendance alors du monastère de Dommartin; érigée en abbaye par Thierry, évêque d'Amiens, en 4163. ( Gallia Christiana ). Les possessions de Saint-André-au-Bois étaient considérables et tenues en fief par un grand nombre de seigneurs. Celui de Gouy donnait à l'abbé , à titre de redevance, un éperon de fer blanc, un gant blanc de peau de mouton ou douze deniers. L'abbaye devait, de son côté, hommage au châtelain

L'abbaye de Willencourt ' fut fondée par un abbé de Saint -Riquler. Celle de Dommartin ' par Milon , disciple de St- Norbert et, plus tard , évéque de Thérouanne.

Les monastères de Clairfay ' et de Cercamp ' s'élevèrent en expiation des crimes de Hugues de Camp d'Avesne, comte de Saint-Pol. « Revenu de la Terre- )) Sainte en 1113, cette lointaine expédition n'avait )) fait qu'accroître ses instincts aventureux, sans dimi- » nuer la violence de son caractère. Aussi, dès la même

de Beaurain pour la ferme de Bignaupré et lui offrait chaque année , à la Noël, un chapon blanc portant une sonnette d'argent. — Revenus de l'abbé end772... (î,000 livres. Il siégeait aux états d'Artois.

' Autrefois Boulencourt. ( fViUencurtis , PVallencuria seu BcUa Curia vel Bella Curtis. ) Abba}ede filles de l'ordre de Citeaux fondée près de l'Authie, à la fin du douzième siècle. Transférée à Willencourt près d'Auxi-le-Château en 4220 et dans la ville d'Abbeville vers d662. — Les revenus de l'abbesse étaient de 8,000 livres en 1772.

* Dompnjartin ou Saint-Josse-au-Bois. ( Scmctus Jvdocus in Nemore Dompmartini,%cnde Domomartini svper Littus \e\ Sanctus Jodocus Dompmartini. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré , fondée en '1420. — Le revenu de l'abbé en 1772 s'élevait à 45,000 livres. La taxe en cour de Rome était de 4 ,000 florins.

' ( Clnrum Faijetum seu Flaijetum. ) Abbaye d'hommes de l'ordre des Augustins fondée près de Montreuil en 11^0. Ruinée par les Espagnols en 4037. Ce monastère était soumis <i la juridiction épiscopale. Il n'y restait que deux religieux en 1698.

* ( Caricampense Monaslcrium seu Carus Campus.) Abbaye d'hommes de l'ordre de Citeaux'^siluée sur la rivière de Candie, fondée en 1137. Les religieux ne s'y établirent qu'en 1141 . — Les revenus de l'abbé de Cercamp étaient de 30,000 livres en 1772. Il siégeait aux états d'Artois. L'abbaye ne payait (pie 24 florins de taxe à la cour de Rome.

Jlil»

> année, pour satisfaire une vieille haine, il avait à » la tête de ses vassaux marché contre Saint-Kiquier » et porté le fer et la flamme au sein de cette mal- » heureuse cité. Puis en 1136, Uobert de Ponthieu, » surpris par lui , était tombé sous ses coups. Il devait » en(in clore par un sacrilège la liste de ses forfaits. i> Le curé de Beauval ayant refusé d'accéder à ses » folles demandes, le comte furieux court à l'église et, »' sans être retenu par la sainteté du lieu et du mi- >) nistère du prêtre, il se précipite sur lui et le perce » à l'autel *. » Excommunié par le Saint-Siège , en proie à de cruels remords, Hugues fit construire Clairfay et Cercamp et combla de ses largesses l'abbaye d'Ourscamp, au diocèse de Noyon. L'église de Cercamp devint le lieu de sépulture des comtes de Saint-Pol ; les beaux noms de Châtillon et de Luxembourg étaient gravés sur les tombeaux de cette noble famille. On voit encore à Cercamp les magnifiques jardins de l'abbaye, les cellules des religieux , les ruines de leur église et quelques restes d'anciennes constructions. Le cardinal Dubois était abbé de Cercamp.

Une seule abbaye , celle du Paraclet des Champs , fut fondée après le douzième siècle dans le diocèse d'Amiens. Enguerrand de Boves la fit construire en 1218. Ce monastère, occupé par des religieuses de l or-

' Nous avons exUait ce passage du MùvwriuL Historique et Archèolotjiquc du /'as-dc -Calais, réceinnienl publié par M. IIaubaville, conseiller de préfecUne à Arras. Nous n'Iiésitons pas à placer cet ouvrage au nombre des meilleures productions qui aient paru dans les départements.

dre de Citeaux , était situé en Amiénois , dans le voisinage de celui de Saint- Fuscien , et fut transféré à .\miens pendant le dix-septième siècle. Les revenus de Vabbesse s'élevaient alors à dix mille livres.

NE petite église, édifiée en 666 par St-Aubert évêque d'Arras , fut Torigine de la célèbre abbaye de Saint- Vaast ', En 673, Théoderick 111 concéda à ses religieux le château de Nobiliacus et de nombreux privilèges; et cette époque est celle de la véritable cons-

' (Ecclesiœ Scnuli r'cdasti de yohiliaro Monaslcrio se» Mnnunterivm Nohilincenxo vol Saiictus l^adastus .■Itrehatensi.s.)

titution du monastère. Affranchie de la juridiction épiscopale , enrichie par des dotations multipliées, l'abbaye de Saint-Vaast atteignit au plus haut degré de splendeur. Un château d'or au fond de gueules et la légende Castrum Nobiliarum formaient ses armoiries.

Le diplôme de Théoderik fut la principale source de tant de prospérités '. Une notable partie d'Arras avait été bâtie sur les dépendances du château de Nobiliacus; et en concédant le sol, l'abbaye ne s'était point dessaisie du droit seigneurial qui s'v trouvait attaché. De là résultèrent à son profit diverses redevances sur les foires, sur les vins, sur la fabrication de la bière. Les poids publics et le mesurage du sel étaient soumis au contrôle de l'abbaye. On n'aurait pu sans son agrément

' Un diplôme de Knile-le-Cliauve , à la date de 867, diil aussi conlribuer à ce résultat. Kaile-le-Ciiauve concéda à Sainl-Vaast un grand nombre de terres on villages dont les revenus devaient être appliqués aux besoins de l'abbaye. Le diplôme régla rigoureusement tout ce qui concernait le luminaire, les registres de la communauté , la nourriture et la boisson des religieux. On y traite du bois nécessaire au chauffage, de la volaille , des œufs, des vêlements de lin ou de laine , des chaussures et de l'infirmerie. « Has villas cum mancipiis et omnibus ad se perlinentibus

> in usus luminariorum , malriculariorum , et céleris quae ecclesiis in prœfato mo-

> naslerio positi , nccessaria fuerinl dcputavimns. . . I mansum in Lamhens et alle- " runi in Hadis , ubi lionio nomine Odo commanel,et 1 labernam invico niunaste- » rii cuni universis appendiliis et faniiliis et ecclesiis, et omnibus ad se pertinenti- " bas rébus , eo modo ut silvae et lignarii, et volatilia, cum o\isqua ex eisdem villls ' exeunt , fratriun iisibus deserviaul el ad piaeposilum pcriincanl. Reliqua \ero " onuiia in usus vcstimcnlorum el calceainentorum el reliquaruni uecessitatum Ac- » pulcnlnr. Linuni vcroomne ex omnibus villis fralrum usibus deser\ientibus , cum '> lana usquo ad sumnia CCCC. librarmn ad cameram venicnl...

» .4<1 domum vero inHiinorum , omne Iliclunum , ex mcrcato destinavimus, (|nnd " aeqiialiler usibus fralrum infirmorum «losorvia!, cril in ordinalionc cl providcnlia " sollicili fratris, qui cuslos infirmorum esl. » ( /implissima coUertio, MAtnr.NE.)

construire aucune église ou oratoire; et, comme l'ont fait remarquer les auteurs du Voyage Littéraire , l'inscription de la pyramide, érigée sur le petit marché d'Arras, donnait une preuve éclatante de la suprématie féodale que l'abbaye exerçait '.

Le châtelain d'Arras et l'échevinage se trouvèrent euxmêmes placés au nombre de ses feudataires. Chaque année , les douze échevins se rendaient dans l'église de la Madeleine pour y jurer, en présence du grand-prévôt de Saint- Vaast, des barons et des hommes de fief, de garder les droits du roi et de l'abbaye. L'usage voulait qu'ils donnassent en hommage une pièce d'argent.

Les revenus de ce monastère s'élevèrent à plus de cent trente mille livres. L'abbé avait entrée aux états d'Artois où il prenait place après les évêques d'Arras et de Saint-Omer. Lne bulle papale lui conféra le droit de porter la mître , la crosse et d'autres ornements pontificaux. L'église de l'abbaye , détruite vers le milieu du dix-huitième siècle, était très- remarquable. On admirait surtout son jubé, les stalles des religieux et le pupitre du chœur. Les chapelles, la tour, le carillon et le principal portail de l'édifice fixaient aussi l'attention des artistes. La cathédrale actuelle s'éleva sur l'emplacement de cette magnifique église ".

' <( Anno Doni. incain. M.CC. pyiamis eiecta est in fundo S. Vedasti , per con- » sensum abbatis etcnpitnli , sine quorum assensu nec allare hic potest erigi, nec » divina ceiebrari , nec aliud fîeri. >'

• « La bibliothèque «pie nous ont laissée les moines de Saiiit-Vaast continue d'oc- » ciiper dans les dépendances de l'abbaye l'un des plus beaux vaisseaux qui se

L'abbaye de Saint- Vaast reconnaissait la règle de St- Benoît; les taxes qu'elle payait en cour de Rome étaient de 4,000 florins; en 1772, le revenu abbatial allaita quarante mille livres. Nous remarquons , parmi les plus illustres abbés de Saint-Vaast , Robert Briconnet , chancelier de France, favori de Charles YIII et protecteur des lettres ; le cardinal Mazarin ; Emmanuel de la Jour d'Auvergne , cardinal de Bouillon ; et le cardinal Gaston de Rohan '.

" voient en Fiance ; belle aussi de ses 40000 volumes, dont IdOO manuscrits qui •> comprennent 105983 feuillets de vélin , sans compter ceux en papier , elle offre '> à la curiosité de l'étranger des livres d'heures , des bibles avec lettres , encadre- '< ments et vignettes, peintes par des religieux de l'abbaye depuis le huitième jus- » qu'au quinzième siècle ; elle montre au savant, à l'historien , des chroniques, des » cartulaires , des volumes précieux d'écrivains du pays , de Martin Lefranc , du n père Ignace, etc., et une foule d'autres ouvrages en tous genres auxquels sont » venus se joindre les travaux des contemporains. — Les archives départementales )' sont aussi conservées dans les longues galeries voûtées que le feu ne saurait » jamais atteindre. Là se trouvent des matériaux précieux pour l'historien et l'anti- -> quaire ; là sont placées avec ordre et chronologiquement , par les soins d'un ar- '• chiviste distingué , des chartes réunies depuis huit siècles, des titres, des manus- '< crits importants. . . » , ( M. A. Terninck. Puits /artésien. )

' OFFICIERS DE l'aBBAYE DE SAINT-VAAST.

Le yrand-prévôt était le premier officier de l'abbaye pour le temporel. Chef de la justice , il présidait la cour abbatiale dans les causes civiles. Les titres de Saint- Vaast étaient placés sons sa garde. — Le ijrand-laUli présidait la cour abbatiale dans les causes criminelles. 11 était assisté des barons et des hommes de fief. — Le receveur-yénéral tenait le hvffet ou caisse , percevait les fermages et tous autres revenus. — Le soin de la cire et des ornements de l'église était confié au trésorier. — Le rentier jugeait les différends relatifs aux droits perçus sur les marchés et foires et recevait les rentes qui s'y rapportaient. — Le réfevtorier inspectait la boulangerie. — Le vinier prenait soin de la bière et de la cave au vin. — Le ijrenetier recevait les grains et étendait sa surveillance sur le charbon et le bois. — Le célerier surveillait le réfectoire et la cuisine conventuelle.

L'abbaye avait aussi son aumônier, son secrétaire , son bibliothécaire , son infirn)ier, des receveurs forains et des sénéchaux ou gardes d'église.

Le monastère de Baralle ( Barala)^ dont on ne voyait plus que les ruines au onzième siècle, avait été fondé au sixième par Khlowigh, chef des Franks. Les Normands brûlèrent ce pieux asile en 881 et égorgèrent les religieux. L'antique splendeur de Baralle est consacrée par Balderic ; il parle de la beauté de l'édifice et de la richesse de son architecture '.

La cellule où St-Eloi se retirait avec quelques ermites , oii il aimait à oublier les intrigues de la cour de Dagobert , fut l'origine de Tabbaye du Mont-Saint- Eloi '. Détruit par les Normands au neuvième siècle, l'oratoire du saint évêque de Noyon fut rétabli en 921 ; des chanoines réguliers, de l'ordre de St-Augustin, s'y fixèrent au onzième siècle. L'abbaye eut souvent à souffrir des guerres qui affligèrent l'Artois ; des postes français, bourguignons ou espagnols l'occupèrent tour- à tour, rançonnant les religieux, commettant des exactions sur les terres du monastère. Cependant le 3Iont-Saint- Eloi était fortifié; en 1113, Jean -sans -Peur, duc de Bourgogne et comte d'Artois, avait permis à l'abbaye d'entourer son enclos de remparts et de tours <( à la )) charge toutefois que la forteresse seroit tenue des » contes d'Arthois , en foy et hommage , et que ladite

' «Hoc aiitem lociipletissimuin et veneialjile,columnœ inarmorex et anliqna << pulcia aedifïcia , quae adhuc supersunt fuisse leslanliu...»

( De Filla Barala. Chronique de Balderic. )

' (Sanctus Elujius Montis.) Abbaye d'hommes de l'ordre do Sl-Augtislin. Revenus de l'abbé en 1772. . . 25,000 livres, 11 avait entrée aux états d'Artois.

» forteresse devroit «ne lance blanche ferrée , pour cha- )) cun nouvel abbé.» Le pape Adrien IV; Jean, cvêque de Thérouanne ; Ursion de Verdun ; Gérard de Tournay et Pierre de Colmieu , cardinal de Rouen , furent au nombre des religieux du Mont-Saint-Eloi .

La fondation des monastères de Mareuil', de Hasnon * et de Marchiennes ' remonte au septième siècle. Celui de Chateau-l' Abbaye * existait déjà dans les premières années du neuvième siècle; des religieux prémontrés y vécurent en communauté.

Les abbayes de chanoinesses étaient nombreuses en Artois et en Flandre. Les filles des maisons les plus illustres vivaient là loin du monde sans en être cepen-

' Mareiiil ou Mareul-lez-Airas ( Sanctus Amandus Mareoli seu Maraculum vel Mareolum. ) Abbaye d'hommes de l'ordie des Augustins fondée près de la Scarpe par Ste- Bertille, qui vivait au septième siècle. Mareuil ne se composait alors que de quelques cellules qui furent brûlées par les Normands. Vers 935, Fulbert, évéque d'Arras , y établit une communauté de clercs. L'abbé de Mareuil avait entrée aux états d'Artois. Ses revenus en 1772 .s'élevaient à 7,000 livres.

* (Sanctus Petrus Harmensis seu Hasnensis vel Sanctus Petrus de Hannonio, Hasnonium , Hasnoyum.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît, située sur la Scarpe et fondée en 670 par Jean et Eulalie , personnages d'une grande naissance. Ce monastère renferma d'abord des moines et des religieuses vivant dans un cloître séparé. Ruiné par les Normands, il fut reconstruit au onzième siècle. Bevenus de l'abbé en 1772. . . 50,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 2,000 florins.

' Sainte-Riclrude de Marchiennes ( Martianu seu Sancta Rictrudo de Murchenis vel Marchianis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoît , sur la rive gauche de la Scarpe , fondée en 610 par St-Amand , évoque de Maestricht (71/oréri ); en 643 — dit le Gallia Christianu — par Adalbald , frère d'Erchenvald , maire du palais de Neuslrie.

■• ( Castelltim Dei vel Castellum. Abbatiale seu Castellum Mauvildiiiœ. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de Prémontré.

liant séparées par les vœux solennels du eloître. Demain ', EsTRUN % Avesnes-lez-Bapaume % au diocèse d'Arras , étaient habités par des chanoinesses ; celles de Dcnain et d'Estriui faisaient preuve , pour être admises , de huit quartiers de noblesse. Les premières portaient l'habit blanc et le manteau doublé d'hermine ; Tabbcsse devait s'être engagée à la vie religieuse et prenait le titre de comtesse d'Ostrcvant. Les chanoinesses d'Estruii avaient la robe et le surplis noirs en coton ou en lin ; leur long manteau , bordé de peaux de lapins blancs , ne figurait que dans les grandes solennités. L'observance de la règle eut beaucoup à souffrir du privilège qu'avaient les chanoinesses de vivre dans les abbayes , sans se lier par des vœux solennels -, et les plaisirs du monde ne furent pas toujours proscrits de leur cloître , oii la prière aurait dû seule régner. Un arrêt du Conseil de Charles-Quint régla , en 1 546 , que

' ( Dcnoniutn , Denaium, Denainum , Doviniacvm , Dyniarum.) Abbaye de chanoinesses (le l'ordre de St-Benoît, fondée près de Bouchain, en 764, par Adelbert, comte d'Ostrevanl, et par la comtesse Keine, sa femme. Les revenus de l'abbesseen 4772 étaient de 20,000 livres.

' ( Struin , Eslrum ^ Estrcunyt , Strumensis vcl Strumense Monasteriiim.) Abbaye de l'ordre de St-Benoît fondée près d'Arras pendant le règne de Karle-le- Grand , ruinée par les Normands et rétablie en 1085 par Gérard II, évêque d'Arras et de Cambrai. Les revenus de l'abbaye s'élevaient, en 1772, à 22,000 livres.

^ {Jvena Dominurum sea Avenensis Paithenon. ) Ahhaye de l'ordre de St- Benoît, fondée près de Bapaume en 1428 par Clémence , femme de fiobert de Jérusalem, comte de Flandre. Ce monastère ayant été ruiné par les guerres, les religieuses allèrent s'établir pendant le seizième siècle dans le château de Bellemotte , dépendant de Blangy-lez-Arras. Revenus de l'abbesse en 1772. . . 40,000 livres.

nul banquet de laïc s; du dehors ne pourvoit être tenu dans le monastère de Denain tant que trois religieuses au moins ne fussent présentes.

Les abbayes régulières virent aussi le relâchement s'introduire fréquemment dans la discipline de leur ordre. Souvent Tabbé lui-même donnait un dangereux exeniple à la communauté ; il vivait dans le luxe et loin des pratiques religieuses. Arrêtons nos regards sur la célèbre abbaye de Vigogne ', l'un des plus riches monastères du diocèse d'Arras. La beauté du logement abbatial égalait celle des résidences royales; de nombreux chevaux , une table splendide , de somptueux équipages, des jardins enchanteurs étaient le dévolu des abbés de Vicogne.

De telles habitudes ne pouvaient guère à coup sûr inspirer aux religieux ces sentiments d'humilité qui avaient fait autrefois fleurir les institutions monastiques. Aussi ne voyait-on plus , dans la plupart des abbayes , la sainte ferveur des anciens jours ! Parmi les pieux usages qui avaient cependant survécu , dans l'abbaye de Vicogne , au relâchement de la discipline , on retrouve avec plaisir ces habitudes fraternelles dont la pratique était si recommandée par la règle des monastères. « Nous dînions au réfectoire avec les religieux de Vi- » coigne — disent les auteurs du Voyage Littéraire —

* Vicoigne , Vigogne {Casa Dei vel Viconia seu P^isconia, Fictoniensis aut Fictonensis. ) Abbaje de piémonlrés, entre la Scarpe « l'Escaut , fondée en 4125 par Gui, disciple de St Norbert. Bevenus de l'abbé m 1772. . . 30,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 300 florins.

» lorsqu'un domestique portant six pains dans une cor- » beille, avec la portion d'un religieux, s'approcha d'un » sous-prieur qui prcsidoit à la communauté et lui dit: » Benedicitc. Le sous-prieur ré[)ondit : Rcquicscant in » pace. On nous dit ensuite que c'étoit une aumône » qu'on fesoit aux pauvres, pour le repos de l'ame )) d'un religieux d'Hasnon décédé depuis peu; et que )) lorsqu'il mouroit un religieux à Vicoigne, on fesoit » pour lui la même chose à Hasnon. »

Arrouaise ', Flines ■■' et Anchin " étaient au nombre des abbayes les plus florissantes du diocèse d'Arras. La première , fondée dans une épaisse forêt long-temps fréquentée par une bande de \o\eurs f spelunca latronum) , devint l'un des chefs -d'ordre de la congrégation de Saint- Augustin. Vingt-huit monastères reconnaissaient sa suprématie ; Hénin-Liétard *, Choques , vSaint-Crépin-en-

' Arouaise, Arouage, Aroaise ( Atrewasia , Arroasia in Arida Gamantia , Arosia vel Aridaijamnncia scu Santus Nicolaus de Areasia.) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Augnslin , fondée en d090, prèsdeBapaume, par trois ermites et confirmée en 1097 par Lambert de Guines, évêque d'Arras. L'abbé d'Arrouaise avait entrée aux étals d'Artois.

* ( Honor Beatœ fliariœ seu Flinœ. ) Abbaye de filles de l'ordre de Cileaux fondée en 1234.

' ( Aquiscinctum , Aquicinctensis , Aquicinctum , Aquitilinensis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Benoit.

* ( Henniacum Lietardi, Hennin seu f^ergimatensis vel Ugimatensis. ) Abbaye d'hommes de l'ordre de St-Augustin , fondée en Artois , prés de Douai , dans l'année 1040, par Robert , avoué d'Arras. L'abbé avait entrée aux états d'Artois ; ses revenus en 1772 s'élevaient à 8,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 80 florins.

JSO

Cliaye , Saint-Léger-dc-Soissons , Sainte-Maric-de-Boulogne, Ruisseauville , Saint-Eloi-Fontaine, Mareuil , Clairfay et Saint- Wilmer étaient de ce nombre. /Vrrouaise posséda des prieurés en Angleterre et jusqu'en Irlande. Le dernier chapitre de l'ordre se tint dans cette abbaye en 1470. L'église avait été consacrée dans les premières années du douzième siècle par les évêques d'Amiens et de Thérouanne , en présence de cent cinquante chevaliers '.

' ABBAYES DU DIOCÈSK d'aRRAS FONDÉES PEINDANT LE DOUZIÈME SIÈCLE.

Eaucourt ( Aqua Curta , Aquaruvi Cvrlartan , Ayali Curia , Ailnciirt. ) Abhayc d'hommes de l'ordre de Sl-Auguslin , fondée en IdOl par un crmile nommé Odon. L'abbé d'Eaucourt entrait aux étals d'Artois. Ses revenus en 1772 s'élevaient » 15,000 livres. Taxe en cour de Rome. . . 133 florins.

Le Verger {Firidarium seu f^irgultiivi.) Abbaye de filles de l'ordre deCiteaux , fondée en 1113 dans le bourg d'Oisy en Artois , au lieu dit Grand Camp , et transférée au Verger en 1227 {Moréri.) Le GaUia Christianu place cette abbaye sous la rubrique du diocèse de Cambrai

Braille, ou Brayelle-lez-Annay {^Braëla seu Anetuvi^ Brailla vel Braellajvxtà Alnas. ) Entre Béthune et Douai. Abbaye de filles de l'ordre de Citeaux fondée en H96. Revenus de l'abbesse en 4772. . . 6,000 livres.

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