‹ Archives historiques et ecclésiastiques de la Picardie et l'ArtoisChapitre 98 sur 140 · NOTIONS HISTORIQUES SUR AMIENS · texte numérisé non relu

NOTIONS HISTORIQUES SUR AMIENS

279 ans avant J.C. LesAmiénois, mêlés à d'autres tribus gauloises, entreprennent une expédition dans l'Asie Mineure. — An 40 avant J.-C. César tient à Amiens l'assemblée générale des Gaules {Julius Cœs. de Bello Gall.) — An 140 de J.-C. Antonin-le-Pieux et Marc-Aurèle embellissent Amiens. — 301. Prédications et martyre de St-Firniin. — Vers 312. Maxence s'empare d'Amiens. Il en est chassé bientôt après par Constantin. — 337. St-Martin, soldat de l'armée de Constantin, traversant Amiens, donne la moitié de son manteau à un pauvre. — 346. St-Firrain-le-Confesseur, évêque d'Amiens, bâtit une église sous Tinvocation de N. D. des Martyrs et y établit le siège épiscopal. — 352. On bat monnaie à Amiens (du Cange.) — 367. Gratien est proclamé empereur à Amiens. — 406. Cette ville est ruinée par les Vandales. — 445. Khlodion, chef des Franks, fixe sa résidence à Amiens. — 447. Mérovée y est proclamé chef des Franks. — VIPsiècle. St-Salve, évêque d'Amiens, fait construire une basilique sous l'invocation de la Vierge et de St-Firmin. — 818. Passage à Amiens de Lodewig-le-Débonnaire. — 859. Les Normands ruinent la ville d'Amiens (rfu Cange.) — 873. Passage de Karle-le-Chauve. — 880. Arrivée à Amiens de Lodevrig III et de Karlonian , enfants de Lodewig-le-Bègue. — 882. Les Normands s'emparent d'Amiens. — 925. Incendie de cette ville. — 932. Siège et prise d'Amiens par Hugues-le-Grand , duc de France. — 949. Louis d'Outre-Mer s'empare d'Amiens. — 1028. Baudouin V, comte de Flandre, épouse à Amiens Adélaïde de France, fille du roi Robert. — 1070. Philippe I" signe à Amiens un traité de paix avec le comte de Flandre. — Vers la fin du XP siècle. Drogon , évêque deThérouanne , jette les fondements de l'église collégiale de Saint- Nicolas. — 1073. Gui , évêque d'Amiens, fait construire l'église de Saint-Martin-

généraux d'armée qui occupaient le pays ou leur donner assistance lorsque la famine décimait leurs soldats. Les registres aux délibérations de l'échevinage nous apprennent que, a le 13 mai 1465, le corps » de ville ordonna que , pour la sûreté de la cité, on » n'y recevroit aucun corps de troupes, pas même de » celles du roi, qu'avec la précaution d'y tendre des » chaînes, et qu'elle n'eût en même temps des gens )) armés snr pied, en nombre et en force supérieure « pendant que ces corps passeroient. » En 1558 , A.miens envoyait chaque jour à Montreuil , pour le

aux- Jumeaux. — d085. Fondation du prieuré de Saint -Dcnis-des-Près . — 1091. Mort de Roiicon , né à Amiens , évêque de celte ville et auteur de la chronique qui a pour titre : Gesta Francorum. — 1106. Adelnie, fils d'Adnm , châtelain d'Amiens, fait bâlir l'église de Saint-Firmin. — 1113. Louis-le-Gros concède une charte communale aux habitants. — 1115. Troubles à Amiens, à l'occasion de l'établissement de la commune. — 1116-1117. Les troupes de ce prince se rendent maîtres du château d'Amiens et le rasent par son ordre. — Après 1117. Enguerrand de Boves fait bâtir l'église de Saint-Firmin-cn-Castillon avec les débris de l'ancien château. — Construction du beffroi. — 1124. Fondation de l'abbaye de Saint- Jean-lez- Amiens.

— 1145. Érection des abbayes de Saint-Martin-aux-Jumeaux et de Saint-Acheul.

— 1192. Philippe-Auguste épouse Ingelburge, princesse de Danemarck , dans la collégiale de Saint-Nicolas. — Vers 1193. Institution du bailliage d'Amiens. — Fin duXIP siècle. Construction du premier palais épiscopal. — 1206. Wallon Sarton, gentilhomme picard , revenant de la croisade, porte à Amiens le chef de St-Jean- Baptiste. Le clergé et le peuple reçoivent celte précieuse relique avec les marques de la plus grande piété. — 1209. Philippe-Auguste confunie les privilèges des habitants. — 1214. Les troupes amiénoises se signalent à Bouvines. — 1218. La foudre consume la cathédrale , les archives de l'évêché et celles du chapitre. La cathédrale , brûlée par les Normands en 882, avait été plus lard reconstruite. — 1220. Evrard de Fouilloy , évêque d'Amiens, pose la première pierre de la cathédrale actuelle. — 1224. Louis VIII confirme les privilèges des habitants. — 1236. Reconstruction de la collégiale de Saint-Firmin-le- Confesseur, bâtie pendant le VII' siècle par l'évèque Sl-Salve. — 1243. St. -Louis fonde à Amiens le monastère des Jacobins. — 1250. Passage des Pastoureaux. — 1269. St-Louis , arbitre des différends qui régnaient entre Henri III d'Angleterre el ses barons, prononce son juge-

service de rarmcc française que la famine menaçait , soixante mille pains du poids de douze onces et quarante caissons d'osier couverts de toiles goudronnées.

Nous avons déjà vu l'échevinagc d'Amiens en possession du droit de justice pour les crimes, pour les délits et pour les contestations relatives aux héritages. Les ordonnances rendues pour la police intérieure de la cité complétaient cette importante juridiction ; et plusieurs de ces ordonnances renferment de curieuses dispositions. Nous citerons celles qui traitent du commerce du vin , du luxe des habits , de la vente du

ment dans la cathédrale d'Amiens. — 1269. St-Louis et Henri III signent à Amiens un traité de paix. — 1279. Translation solennelle des reliques de St-Firmin-le- Confesseur, eu présence du cardinal Simon, légat du Saint-Siège, de Philippe-le- Hardi et d'Edouard IV, roi d'Angleterre. — 1279. Philippe-le-Hardi et Edouard signent un traité de paix à Amiens. — 1292, Philippe-le-Bel abolit la commune d'Amiens. — 1293. Famine dans celte ville. — 1307. Des chevaliers du Temple sont arrêtés à Amiens par l'ordre de Philippe-le-Bel et conduits dans les châteauxforts de Beauquesne et de Picquigny. — 1307. Philippe-le-Bel rend aux habitants une partie de leurs anciens privilèges. — 1317. Philippe-le-Long leur octroyé une charte communale. — 1329. Edouard III d'Angleterre rend hommage à Philippe de Valois dans la cathédrale d'Amiens , pour le duché de Guienne , les comtés de Ponthieu et de Montreuii. — 1346. Philippe de Valois vient à Amiens après le désastre de Crécy. — 1349. Démolition de la Porte Clypéenne. On croit qu'elle était appelée ainsi parce qu'on fabriquait des boucliers dans son voisinage. — 1358. Les Navarrois surprennent Amiens et mettent le feu aux faubourgs. « Ce fut grand dora- » mage, — dit Froissart — car il y avoit plus de trois mille maisons et de bons » hôtels grand foison et de belles églises parrocheaulx et aultres qui furent toutes » arses. » Des lettres du Dauphin à la date de 1359, conservées dans les archives de la ville , sembleraient établir que le nombre des édifices et maisons que les Navarrois brûlèrent fut beaucoup moins considèrcible. — 13S5. Charles VI épouse Isabeau de Bavière dans la cathédrale d'Amiens. — 1391. Conférences de ce prince avec les ducs de Lancastre et d'York. — 1392. Fondation du monastère des Célestins. — 1398. Charles VI établit à Amiens un grenier à sel. — 1411. Dissen- .sions à Amiens. Beaucoup d'habitants prennent parti pour les Bourguignons; d'au-

pain , des banquets ou repas de noces , et l'ordonnance qui régla le costume que porteraient les filles de joie. ce Si quelqu'un , disent les registres aux ordonnances , )) trompe le public en vendant du vin mixtionné de » chauœ , qu'il en fasse amende honorable en la chambre i) du conseil nue tête et yenoul en terre ; qu'il soit en- » suite fustigé par les carrefours et enfin banni de la » ville. — Le 10 juin 1400, l'échevinage défend aux » cordonniers , bouchers et pelletiers d'Amiens de ne )) plus vendre de pain sur les étaux où ils placent » leurs souliers , viandes et pelleteries , pareille chose

très embrassent la cause des Armagnacs. — 4413. Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne , convoque à Amiens une assemblée solennelle à laquelle assistent les ducs de Brabant et de Bavière, l'évêque de Liège , les comtes de Clèves et de St-Pol. — 1415. Passage de Charles VI à Amiens. — 1417. Les Bourguignons se rendent maîtres de la ville. — 1417. Isabeau de Bavière institue à Amiens une cour souveraine. — 1418. La ville est désolée par une maladie contagieuse. L'échevinage arrête qu'on offrira à la cathédrale une bougie filée dont les contours auront l'étendue de l'enceinte d'Amiens. « Item , a été d'accord que pour la pislilence qui adprésent )) est en la ville soit faicte pour révérence de Dieu la chainture de la ville de cirr » et mise en l'église Notre-Dame etc. » (^Archives de la ville.), — 1421 . Réception solennelle faite à Henri V d'Angleterre et à sa femme, Catherine de France. — 1423. Conférences tenues à Amiens par les ducs de Bedfort, de Bretagne et de Bourgogne. — 1432. Pillage des faubourgs d'Amiens par les troupes de La Hire. —

1435. Amiens cédé à Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, par le traité d'Arras. —

1436. Passage de Charles VII. — 1442. Philippe de Saveuse fonde à Amiens les Saintes-Claires. Jeanne de Bourbon , Elisabeth de Bavière et Marie de Bourbon , fille de Catherine d'Armagnac, furent au nombre des religieuses de ce monastère.

— 1463. Amiens fait retour à la couronne de France. — 1463. Entrée à Amiens de Charlotte de Savoie , reine de France. « Le peuple s'escrioit de grand joye par » les riies : Noël ! Noël ! Messieurs de la ville luy présentèrent deux drageoirs gar- » nis de cuillères pesans vingt marcs d'argent doré et vairé. » (De la Morlière.)

— 1465. Amiens retourne au pouvoir de la maison de Bourgogne. — 1470. Les habitants secouent le joug des Bourguignons. — 1470. Louis XI confirme les privilèges des habitants d'Amiens. — 1473. Passage de ce prince. — 1475. Il revient à

lUi

» n'étant à aouffrir pour la dignité du pain. » Voici les dispositions de rordoiiriaiice qui traite de la superfluité des habits : «. L'usage de soye en robbes est def- » fendu et interdit à tous les habitans sauf et réservé » les trésoriers de France , leurs femmes et filles. Est » deffendu à ceux qui portent habit de soye d'y faire )) aucun enrichissement.

» Est deffendu à toutes personnes , soyent hommes , n femmes ou enfans , d'user sur les habillemens qu'ils » portent d'aucunes bandes de broderies , picqucures » ou emboutissemens , passemens , franges, houppes,

Amiens pour les conférences de Picquigny. — i481. Reconstruction de l'église Saint-Leu. — 1484. Démolition de la porte du Grand-Pont qui datait du VHP siècle. — 14yl. Cette année-là, les troupes deMaximilien d'Autriche tentèrent sans succès de surprendre Amiens. Une amiénoise , Catherine de Lice , donna l'alarme aux sentinelles. On la vit , au péril de ses jours, s'avancer sur le bords du fossé qui séparait la ville des faubourgs et s'écrier en patois picard : Eh ! yuet , prens yarde util — 1493. Entrée solennelle de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. « Messieurs )) de la ville présentèrent à la roj'ne une fontaine d'argent dorée par endroits pesant » cinquante marcs , de façon belle et exquise , où estoit en bosse la figure d'une li- » corne et au pied les armes du roy et de la royne esmaillées. » (De la Moelière.) — 1498. Louis XII confirme les privilèges des habitants. — 1513. Passage de ce prince. — 1514. François P"^ confirme les privilèges d'Amiens. — 4515. Consécration de l'église du monastère des Minimes sous le titre de Saint-Michel- Archanye. — 1517. Entrée de Claude de France, femme de François I". L'cchevinage lui offre un chef de Saint- Jean en or, richement décoré et esmaillé des histoires du saint. — 1518. Adrien de Monsures et Pierre Louvel , échevins , se rendent à Amboise pour offrir à Louise de Savoie , mère de François l", un précieux manuscrit reproduisant les chants royaux et les tableaux de la confrérie du Pvy d'Amiens. On conserve ce manuscrit à la bibliothèque royale. Il a pour titre : Miniatures anciennes en l'honneur de lu Fierye. — Vers 1520. François V'^ fait construire le Logis-du-Roi. — 1526. Amiens contribue pour 12,000 livres à la rançon de ce prince. — 1527. Les habitants lui font une réception solennelle. — 1531. Construction de la porte de Paris. — 1534. François I"^ vient de nouveau à Amiens. — 1547. Passage d'Henri II. — 1.^50. Ce prince repasse à Amiens. — 1551. Etablissement de l'Intendance. — 1552. Le beffroi est détruit par les flammes. — 1553.

n tourtils ou canetiles, bords ou bandes de quelque » soye que ce soit ; le tout sur peine de cinquante » escus d'amende pour la première fois ; de cent escus » pour la seconde et de deux cens escus pour la troi- » sième fois ; la moitié aux pauvres et l'autre moitié )) aux dénonciateurs , sans aucune remission ; avec con- » fiscation de l'habillement moitié au dénonciateur et )■> l'autre moitié aux sergeans.

» Enjoint aux damoiselles d'Amiens , si elles portent )) bordures d'or sur les coeffures , chaînes à leurs cols , » ou chapelets , leur est deffendu y avoir aucun émail;

Construction du bastion do Guyencourt. — 4553. Reconstiuclion de la porte de Beniivais. — 1561-1562. Désordres à Amiens à l'occasion du calvinisme. — 1568. Nouveaux désordres. — 1571. Construction du bastion de Longueville. — 1573. Beconstruclion de la Maie-Maison où l'on rendait la justice. — 158S. Amiens reconnaît la Ligue. — 1589. Entrée du duc d'Àumale. L'exaspération des Ligueurs était telle alors que deux tableaux représentant la mort des Guise furent placés pieusement dans la cathédrale d'Amiens. On les mit devant le pupitre du chœur. « Estoient pourtraict lesdits princes comme ils avoient esté halbardés et poignardés » et y furent laissez durant les guerres civiles près de six ans.» (Manuscrit de Jehan Patte.) — 1594. Entrée du duc de Mayenne. — 1594. 13 août. Amiens reconnaît Henri IV. Entrée solennelle de ce prince. 11 conBrme les privilèges des habitants. — 1596. La peste et la famine désolent Amiens. — 1597. Les Espagnols , mettant la ruse en usage , surprennent Amiens. Hernand Tello les commande. — 1597. Henri IV assiège et reprend Amiens. — 1597. La porte Montre-Ecu est en partie ruinée pendant ce siège. — 1597. Construction de la porte Saint-Pierre. — 1597. L'ingénieur Evrard trace, en présence d'Henri IV, le plan de la citadelle d'Amiens. — 1598. Naissance à Amiens du célèbre Voilure. — 1608. Les Jésuites établissent un collège à Amiens, — 4610. Naissance à Amiens du savant du Cange. — 1615. Le duc de Longueville, gouverneur de Picardie, tente sans succès d'enlever la citadelle d'Amiens où le maréchal d'Ancre commandait pour la reine Anne d'Autriche. — 1625. Passage à Amiens d'HenrieUe de France, femme de Charles I", roi d'Angleterre. Anne d'Autriche , Richelieu et le duc de Buckingham l'accompagnent. — 1627. Sédition à Amiens à l'occasion de l'augmentation des droits perçus sur la sayeterie. — 1628. Construction du couvent des Feuillants. — 1636. Le cardinal de Richelieu vient résider à Amiens pendant le siège de Corbie. — 1636. Recons-

lia

» bien pourront porter devant elles des heures à eou- » vercles d'or, éinai liées ou non émail lées, y ayant pour » le plus quatre pierres de pierreries aux (juatre coins » de chacun costë sur la couverture desdites heures , » ou une bague et pomme d'or émaillée à leurs doigts, » anneaux et pierreries en or émaillé ou non émaillé.

» Et quant aux femmes à chaperon de drap , elles » ne pourront porter qu'une chaîne au col, des pate- » nostres, chapelets ou dixains marquez de marques

(ruction de l'arsenal. — 1636. Fondation du couvent des Célestins. — 1640. Louis XIII et Richelieu séjournent à Amiens pendant le siège d'Arras. — 1657. Passage à Amiens de Louis XIV et d'Anne d'Autriche. — 1659. Turenne vient dans cette ville ; il y reçoit les députés de Péronne et de Montdidier. — 1659. Mort de Blasset , sculpteur habile , né à Amiens. II enrichit de ses chef-d'œuvres la cathédrale et l'église des Cordelicrs. — 1667. La peste désole Amiens. — 1679. Consécration de l'église de l'abbaye du Paraclet. — 1680. Naissance à Amiens de Maillart , auteur des Coutumes générales de l'Artois. — 1685. Naissance dans la même ville du savant bénédictin doni Bouquet. — 1687. Construction de l'église de l'Oratoire. — 1689. Passage de Jacques II , roi d'Angleterre. — 1709. Naissance de Gresset. — 1713. Naissance du père Daire , religieux célestin. On lui doit plusieurs bons ouvrages relatifs à l'histoire de la province de Picardie. — 1737. Naissance à Amiens de Le Grand d'Aussy, auteur de V Histoire de la vie privée des Français. — 1739. Commencement des constructions du grand Séminaire. — 1742. Un incendie détruit la flèche du beffroi. — 1749. Naissance à Amiens de l'astronome Delambre.

— 1750. Lettres-patentes de Louis XV portant érection de l'Académie d'Amiens.

— 1750. A l'occasion d«î la naissance du duc de Bourgogne, la ville d'Amiens marie trente-deux filles. L'échevinage offre aux époux du pain , du vin et des langues. (Archives de la ville.) — 1753. Construction du Château-d'Eau. — 1760. Achèvement de l'Hôtel-de-Ville. — 1761. Construction de l'hôtel de l'Intendance. — 1762. Incendie du palais épiscopal. Les flammes consument presque entièrement l'édifice. — 1763. L'abbé Delille est professeur de seconde au collège d'Amiens aux appointements de 1200 livres. {Archives de la ville.) — 1785. L'Académie d'Amiens propose l'éloge de Gresset. On remarque parmi les nombreux mémoires qui lui sont adressés celui du vertueux Bailly, mort pendant la tourmente révolutionnaire , et un travail de Maximilien Robespierre. — 1789. Assemblée des trois ordres du bailliage dans l'église des Cordeliers , pour la députation aux étals-généraux du royaume.

» d'or non émaillé et une pomme ou livre garnie de » pierreries, jusques au nombre de quatre seulement, » comme cy-devant est dit , et des anneaux et pierre- » ries en or émaillé ou non émaillé sans excéder, sur » semblable peine et confiscation que dessus. »

La richesse des habits et le goût des modes nouvelles devinrent tels à Amiens pendant le XVI* siècle que l'on vit i'évêque François de Pisseleu interdire aux ecclésiastiques l'usage des souliers à jour découpés ou garnis de brillants. Le luxe des banquets prit aussi un tel développement dans cette ville que l'échevinage fut dans l'obligation de réglementer le menu des festins publics et même des simples repas de famille, u II est def- » fendu, dit l'ordonnance de 1557, faire aucun ban- )i quet de nopces oii ait plus de quarante personnes » en table , à peine de cent escus d'amende.

» Est deffendu de servir chair et poisson à un » mesme repas sur peine de soixante-six escus deux » tiers d'amende.

» Est aussi deffendu de faire esdites nopces , ban- » quels , festins ou tables privées , plus de trois services » assavoir : les entrées de table ^ puis la chair ou pois- » son, et finalement l'issue. Qu'en toute sorte d'en- » trée, soit en potage, fricassée et pâtisserie, n'y aie ■>•> que six plats pour le plus, en chacun desquels n'y » pourra avoir que d'une sorte de viande , et ne se- » ront lesdites viandes doublées ; comme , pour exemple , » ne pourront servir deux chapons . deux lapins et j) deux perdrix pour plat , mais seulement un de cha-

» cune espèce. Quant aux poullets et pigeons , se pour- 1) ront servir jusques à trois, une douzaine d'aloiiettes » et de grives, beccassines, et autres oiseaux jusqu'à » quatre, et ainsi des espèces semblables.

« Et quant à l'issue de table, soyent fruicts, tartes )) ou autres pâtisseries , fromages , ou autres quelcon- » ques, n'y aura au semblable que six plats, sur » peine aux infracteurs et contrevenans de soixante - six » escus deux tiers d'amende pour la première fois.

)> Que ceux qui auront esté en festin , banquet , ou » autre table et compagnie privée, où sera enfrainte » ladite ordonnance, soient tenus les venir dénoncer en )) dedans le jour en suivant, à peine de treize escus un » tiers d'amende.

)) Que les cuisiniers et paticiers qui auront servv » esdits banquets soient , pour la première fois , con- » damnés en trois escus un tiers d'amende et à tenir » prison quinze jours au pain et à l'eau ; pour la se- » conde fois , l'amende et le tems de la prison dou- » bleront ; pour la troisième fois , sera l'amende qua- )> druplée , et luy fustigé et banny comme pernicieux à » la chose publique. »

Le dérèglement des mœurs à Amiens était alors sans bornes. Beaucoup d'habitants , dissipant leur fortune dans les festins , furent réduits à l'indigence. ' Les filles de joie affichaient un luxe effréné; on les voyait se mêler aux femmes de qualité et prendre place dans

' ( Registre G aux oidoniiaiices de police, I. 120 v.')

MS

les lieux publics au milieu de la bourgeoisie. Il fallut une ordonnance des échévins pour mettre un terme à cet abus '. Les filles de joie, depuis lors, furent tenues de porter une marque qui les fît reconnaître. On leur enjoignit de plus, sous peine de bannissement, d'aller habiter les rues des Blanches Mains ^ des Poulies , du Pont aux Fillettes et dans le voisinage de V Escoi' chérie.

Les décisions de l'ëchevinage étaient alors sans appel ; et les coutumes de la cité avaient attaché aux fonctions municipales une telle importance que, dans le cours du XÏII* siècle , Robert Letruye , écuyer , s'étant permis de frapper le maïeur, on condamna le coupable à avoir la main coupée. La sentence eut son exécution. Il faut lire les comptes de rhôtel-de-ville et les registres aux délibérations si Ton veut se faire une idée com-

' O n D O K N A K C K DE F, E C H F. V 1 N A G K II E L A T 1 V E AUX FILLES DE JOIE.

n On VOUS fait assavoir de par le roy, nosire sire, et messieurs niayeur et esche- » vins que parceque de piéca il y a eu et sont encore à présent en divers lieux plu- » sieurs filles de vie dissolute qui sont demourans parmi les gens de bien et de )) niesnage lesquelles portent chascun jour lesmanlesetmantelleSjChayntures dorées » et d'argent , bonnes robes fourrées et autres vestemens , au moyen desquels plu- » sîeurs personnes ne peuvent scavoir ne cognoistre que ce soient filles de telles vies ,u qu'elles sont. Doresnavant icelles filles seront lesnues à avoir et porter pour en- » sangne, quant elles iront avant ladite ville, une aiguillette rouge de quartier ei » demi de long sur le brach dextre , au-dessus du quente et hors brach , ainsy » qu'elles fonten plusieurs villes de cest royaulme sans ce qu'elles puissent avoir ne » porter mantelles ou failles pour couvrir ladite ensangne , ne aussy porter chayn- » turesd'or ne d'argent, sur peine de perdre lesdits mantelles, failleset chayntures, » et pugnicion publique à l'ordre de justiche et bannissement de la ville d'Amiens. » Le neuf jour de décembre l'an 1484. »

{Archives de la faille. Registre aux délibérations.)

plète de cet ancien ëchevinage', si jaloux de ses prérogatives, si soigneux d'accomplir tous ses devoirs , prenant toujours réquité pour guide et tempérant quelquefois la rigueur des lois par une bonté paternelle. Fiers des suffrages populaires qui leur conféraient l'autorité ; donnant leurs ordres aux compagnies privilégiées et à la garde bourgeoise , véritable armée des cités pendant le moyen-âge ; exerçant une salutaire influence

' EXTRAITS DES C O M P I E S DE L' H (") T K 1. - D K - V l L L K.

Le receveur du domaine de la ville et cité d'Amiens a payé , savoir :

« A Robert Delattre, marchand, la somme de quarante escus pour deux barriques » de vin, l'an blanc , l'autre clerelte , offertes à Monseigneur le duc d'Aumalle.

» A Mathieu de Morsies , paticier, la somme de soixante et ung escus treize sols » pour le poisson offert au duc d'Aumalle , à son entrée.

» Au même , soixante-sept escus vingt et ung sols pour la volatille par luy fournie il et dont fut faict présent au duc de Mayenne.

» A Fremin Bernard , la somme de cent livres pour une couppe d'or offerte à » Monseigneur de Ballangny , lieutenant-général de cette province, lors du baptême » de son fils.

» A Matissart, marchand, quinze escus vingt-deux sols pour deux aulnes et demy » de satin de soye noir et autres marchandises par luy livrées, dont a été raccoustré » le dais présenté à Monseigneur le duc d'Aumalle.

» Aux rétoriciens et poëtes français de celte ville, quatre escus pour plusieurs (< quadrains et sonnets à la bonne venue et entrée du duc du Maine , lieutenant- >) général en l'état et couronne de France.

» A M. Théodore de Béthune , saigneur des pestiférés, la somme de soixante » livres treize sols quatre deniers pour ses gaiges de l'an de ce compte , les onze » mois de temps non pestiférés à raison de soixante-six livres deux tiers par an, et » un mois de temps pestiféré à raison de cent trente-trois livres dix sols par an. <>

(.■Irdtives de la ville d'.lmicnsA

sur les corporations de métiers ' ; disposant enfin des finances de la ville , le maïeur et les échevins pouvaient , à juste titre , s'enorgueillir de leur mission ; il fallait être mauvais citoyen pour se soustraire , alors , aux fonctions municipales ; et ceux qui , les premiers , réglèrent l'institution de l'échevinage d'A.miens l'avaient bien compris ainsi lorsqu'ils voulurent que le maïeur ou l'échevin eût sa maison abbatue sans nulle pitié , s'il refusait de remplir sa charge.

Nous terminerons nos aperçus par l'énumération des salaires que percevait l'exécuteur des hautes -œuvres de l'échevinage. Ceci pourra , mieux que nos paroles , dire combien fut entière l'omnipotence des magistrats d'A.miens dans les siècles reculés. On retrouve dans le document qui va suivre tout ce que la législation criminelle eut de plus abominable au moyen-âge ; et lorsqu'on l'aura lu , il faudra bien s'applaudir avec nous de ce que de telles peines aient été bannies de notre code, pour l'honneur de l'humanité.

« Le sergent et exécuteur de la haute-justice d'Amiens » a de présent de gages soixante escus par an , les

' ORDRH DES CIERGES DES CORPORATIONS DE MÉTIERS A I, A PROCESSION DU SAINT-SACREMENT.

" Le cierge des Laboureurs premier portant. — Boulengersaprez. — Brasseurs. » — Taverniers. — Bouchers. — Poissonniers de mer. — Poissonniers d'eau douce. » — Marunniers. — Broutiers. — Guelderons. — Tanneurs. — Cordonniers. — Sueurs » de Viez. — Tassetiers et Boursiers. — Gantiers. — Pelletiers. — Tisserans de » draps. — Parenrs et Tondeurs. — Pourpointiers.— Parmentiers. — Chaussetiers. — » Bonnetiers. — Chapeliers. — Merciers. — Paliciers. — Sayeteurs. — Tisserans de » toile. — Couvreurs. — Mareschaux. — Barbiers. — Orfèvres. — Huchers. — » Charpentiers. — Massons. — Archers. — Arbalestriers. >>

viiig;t-ciiiq escus sur le roy, et les trente - cinq escus sur la ville. Et outre a de la ville cinq aulnes d'.Vmiens de drap pour luy faire une robbe , et si est logé dans une maison appartenant à la ville. Plus , on lui donne sur la Maladerie , par aumosne au Noël , un septier de bled et un autre septier à Pasques. » Luy est ordonné , pour ses sallaires de fustiger une personne sous la courtine... quinze sols. — Pour le battre et fustiger par les carfours... vingt sols. — Pour mettre la corde au col à une personne fustigée, comprins la corde... cinq sols. — Pour flestrir, comprins le feu... vingt sols. — Pour pendre et estrangler... soixante sols. Et pareil sallaire pour despendre le corps et le rependre aux champs à la Justice ordinaire , y comprins les cordes. — Pour coupper un poing... quarante sols. — Pour trancher et coupper la langue... quarante sols. — Pour trancher et coupper la teste... un escu vingt sols. Et pareil sallaire pour mettre la teste en lieu éminent, porter et pendre les corps hors la ville. — Pour rompre sur la roue... un escu quarante sols. vS'il met par après le patient en quatre quartiers et porte les quartiers en divers lieux hors la ville , il a pareil sallaire. — Pour boiiillir une personne en eau chaude, vif ou estranglé... un escu vingt sols. Et si le corps est par après consommé en cendre , n'en a plus grand sallaire. — Pour chacune personne bruslée et consommée en cendre, vif ou estranglé... un escu vingt sols. — Moyennant lesquelles sommes

» il est tenu iburnir et livrer les cordes, espëe, coû- )) teau et autres outils ; mais n'est tenu fournir les » eschelles, potences, bois, hourdages, ni aucuns frais » de façon et charroy. »

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.ORIGINE d'Arras se perd dans la nuit des temps. Si l'on en croit Ptolomée et Diodore ide Sicile, la fondation de cette ville rejmonterait à l'Hercule Gaulois. Il ne nous apipartient point de discuter ici la valeur de cette assertion; et fidèle à notre méthode qui ne donnera place dans ce livre qu'aux faits essentiels et incontestables , nous laisserons à l'écart l'origine fabuleuse

d'Arras pour ne commencer cette notice qu'à l'époque où les légions romaines se rendirent maîtresses des Gaules.

Jules César entra en vainqueur dans Arras cinquantecinq ans avant l'ère chrétienne. Cette cité avait alors de l'importance et devint la résidence de Comius , institué par les Romains roi des Atrebates. Arras fut plus tard un municipe. On l'appelait d'abord NemetOGenna, Nemetacum ; on lui donna, au troisième siècle, le nom à'Atrebatum. Son industrie était renommée dans les Gaules et Rome venait chercher à Arras les étoffes destinées aux robes des sénateurs, aux riches vêtements dont se paraient les femmes de la cour impériale. La garance que les Atrebates cultivaient et la vertu particulière des eaux du Crinchon assurèrent long -temps aux produits des fabriques d' Arras une supériorité marquée et leur donnèrent de la célébrité.

Les écrivains des premiers siècles du christianisme désignent les étoffes d' Arras par les noms à' Atrebatica Saga, Atrehatium, Birri ^ Bissus La/massinus. Dans sa lettre à Agéruchie, St- Jérôme reproche à Jovinien, hérésiarque voluptueux , de se vêtir d'habits de lin et de soie des manufactures d'Arras. u L'an 283, dit >i un vieux manuscrit, cette ville étoit extrêmement » marchande de certaines étoffes nommées en latin « Bissus Lamnssinus , selon ce qu'écrit Flavic Vospis , » historien, quand il se plaint de Carin, empereur, » qu'il y avoient aucuns qui donnoient et dissipoient

» leurs patrimoines cii des comédies et des vètemeris » qu'ils avoient des habitaiis d'Arras '. »

La foi chrétienne éclaira les Atrebates de ses premières lueurs, vers l'an 270. Vu IV' siècle, les prédications de St-l)iogène faisaient fleurir le christianisme à Arras. Mais bientôt les peuples barbares survinrent; les Vandales, les Huns portèrent alors le fer et l'incendie dans Arras et n'y laissèrent que des ruines ; et lorsque St-Vaast vint prêcher l'Evangile chez les malheureux Atrebates, l'apôtre ne vit que quelques habitations chétives , échappées à la fureur des Barbares , là oîi s'élevait jadis une opulente cité! Il fallut de longs efforts pour découvrir quelques vestiges de l'église oii l'évêque Diogène avait célébré le saint - sacrifice ; ils échappaient à tous les yeux , cachés par une épaisse forêt de ronces et d'épines que les bêtes sauvages habitaient, lustra et latibula ferarum , disent les vieilles chroniques.

La fondation de l'abbaye de Saint- Vaast fut pour la ville d'Arras une ère nouvelle de prospérités. Nous avons retracé dans le premier volume de cet ouvrage la puissance et les richesses de cette abbaye, l'une des plus célèbres de la chrétienté. Un grand nombre d'habitations s'élevèrent dans les dépendances du monastère ; les étoffes d'Arras recouvrèrent leur réputation ; et en 863 , cette ville devint la capitale du comté de

' ( Maniiscrils de la Bibliotlièque de l'Arsenal. )

Flandre. Depuis lors, malgré les invasions des Normands et les fréquentes guerres qui désolaient la contrée, Arras acquit une véritable importance; de nombreux édifices l'embellirent ; son commerce fui florissant. On en trouve le témoignage dans ces deux vers de Guillaume-le-Breton , écrivain du XIII.* siècle :

Atrehatumque potcns , urhs antiquissima , plena Divitiis , inhian.i lucris , et fœnoro gavdeîis.

La domination des comtes de Flandre et d'Artois, des maisons de Bourgogne et d'Espagne fut paternelle et éclairée dans la province ; et la prospérité d' Arras dut beaucoup à Philippe - le - Bon , duc de Bourgogne, et à l'empereur Charles - Quint ; les privilèges municipaux, l'administration de la justice, l'éducation de la jeunesse , la culture des lettres , les édifices publics, les monnaies, étaient l'objet de leur sollicitude ; et l'historien impartial doit savoir consacrer le souvenir de si grands bienfaits , bien qu'il ait appris dans nos annales qu' Arras , ville toute française aujourd'hui , arborait alors sur ses remparts un autre drapeau que celui des armées de Louis XI , d'Henri IV et de Louis XIV.

La première charte communale d'Arras fut concédée par Philippe- Auguste en 1194. Mais divers documents constatent qu'un siècle avant cette concession, les habitants étaient déjà en possession d'un échevinage. Le nom de Jacques, mateur (V Arras , se trouve en effet mentionné parmi les arbitres qui jugèrent , en 1101,

un (lUrérciid survenu entre les chanoines de la cathédrale et l'abbaye de Saint-Vaast. 11 est question des échevins dans une charte de 1190 par laquelle Philippe d'Alsace accorde aux bourgeois d'A.rras divers droits de pt'che et d'herbage. Tout indique donc que Philippe- Auguste ne fit que confirmer en 1194 une institution depuis long-temps en vigueur. La charte qu'il promulgua eut d'ailleurs pour effet de donner une éclatante consécration aux privilèges municipaux de la cité et régla dans tous ses détails l'exercice du pouvoir de l'échevinage.

Ce document comprend quarante-six articles. La plupart sont relatifs à la punition des crimes et délits ; d'autres s'appliquent au droit d'octroi ou de barrière, aux actes de vente et aux fortifications d'Arras. L'article 45 détermine le mode de renouvellement de l'échevinage; en voici les dispositions : « Outre cela » nous accordons aux bourgeois d'Arras le pouvoir de » renouveler leurs échevins de 14 mois en 14 mois , » de manière qu'après chaque expiration de ce délai » les échevins qui sortiront d'exercice éliront quatre » citoyens de probité et de bonne réputation , après » avoir d'abord prêté serment de procéder loyalement » à cette élection. Ces quatre élus en choisiront, sous )) leur serment , vingt autres également honnêtes et » irréprochables. De ces vingt-quatre élus , douze en- )> treront à l'échevinage, et les douze autres adminis- )) treront toutes les affaires de la ville sous l'inspection » et la surveillance des échevins par qui ils feront

» examiner leur gestion. Dans ce même nombre, après

» l'expiration de 14 mois, on procédera comme dessus

» à l'élection de douze échevins et de douze notables

)) ou prudhommes, sans préjudice au droit du maïeur

)) d'Arras tel qu'il doit exister et tous autres. »

Ce mode d'élection fut souvent modifié depuis lors , car le régime communal d'Arras éprouva des vicissitudes multipliées dont l'historien ne peut même pas toujours se rendre un compte bien fidèle. Laissons, sur ce sujet, parler M. le baron de Hauteclocque '. « Il se- » rait , dit-il , difficile de reproduire avec une rigou-

* Ceci est extrait d'un excellent travail que M. le baron de Hauteclocque, ancien maire d'Arras, se propose de publier sur l'histoire de l'ancien échevinage de cette vill«. Plusieurs parties de ce travail, qui nous a été confié, serviront à donner, dans le cours de cette notice , d'utiles aperçus sur l'ancienne administration municipale d'Arras. Nous avons aussi puisé dans les documents rassemblés par les soins <le M. de Hauteclocque le catalogue suivant, fruit des plus laborieuses recherches et résultat d'un dépouillement complet des registres au renouvellement de la loi , ■conservés dans les archives de l'hôtel-de-ville.

iMAlEURS D'ARRAS.

4271. Simon Faverel. Jusqu'en 1404, la mairie d'Arras fut tenue en fief à titre successif par les héritiers de Simon Faverel ; mais les archives de l'hôtel -de-vil le ne fournissent point la nomenclature de ces derniers. — 1404- 1405. Simon Faverel. — 1413. Colart de Mont-Bertaut, chevalier, chambellan du duc de Bourgogne. — 1414-4415. Jean de Sacquespée, écuyer, seigneur de Baudimont. — 1417. Adrien de Saint-Vaast, dit Lyonnel, nommé par le lieutenant du gouverneur. — 1422. Jean de Sacquespée. — 1425. Jean Paris du Dragon. — 1427. Jean de Sacquespée. — 1429. Jean Paris du Dragon. — 1431. Lyonnel de Saint-Vaast. — 1432. Jean de Sacquespée. — 4433. Jean Paris du Dragon. — 4436. Colart le Borgne. — 1437. Robert Pippellart. — 1438. Colart le Borgne. — 1439. Antoine de Sacquespée. — 1441. Robert Pippellart. — 1443. Antoine de Sacquespée. — 4445. Guillaume Lefevre. — 4447. Jacques "Walois. — 1449. Guillaume Lefevre. — 4451 . Jacques Walois. — 1452. Jacques le .Josne, bourgeois , natif d'Arras. — 446S. Jean le Josne, son frère. — 1477. Migniel aliàs Michel de Bernemiconrt. — 44H1. Jean

rcuse exactitude les diverses organisations que subit l'administration municipale d'Arras. Les guerres fréquentes dont cette ville fut le théâtre ; les modifications si diverses que les comtes d'Artois apportèrent dans le régime municipal ; et surtout l'ostracisme de Louis XI , alors que ce monarque prononçait l'exil et la confiscation des biens des citoyens d'Arras sans distinction d'âge , de sexe ou de condition ; les désordres, enfin, des événements révolutionnaires qui, à Arras plus qu'ailleurs , pesèrent si cruellement sur les habitants à la fin du siècle dernier; toutes ces causes ont nécessairement apporté de la confusion

Trochet. — d484. Jean de Beaiiniont. — 1486. Nicolas le Borgne. — 1492. Nicolas le Borgne. — 1493. Jean le Maire dit Grisart, à cause de sa chevelure grise. — 1505. Loys le Maire.— 1518. Pierre Lallart. — 1535. Nicolas le Sol aho« Philippe de Souastre. — 1537. Jean de Louveuze. — 1554. Louis de Blondel , écuyer, seigneur de Beauregnrd. — 1560. Philippe le Prévost. — 1575. Ponthusd'Assonleville. — 1578. Pierre d'Ervillers. — 1598. Antoine le Merchier, licencié es lois. — 1601 . Nicolas Duval. — 1617. Jacques Duval, écuyer, seigneur de Wavrans. — 1643. Antoine de Belvalet. — 1654. Adrien Payen, seigneur d'Hautecotle. — 1660. Ignace de Belvalet. — 1666. Dominique de Venant. — 1667. Joseph de Boudart. — 1685. Louis des Lyons. — 1692. Nicolas-François Boucquel. — 1718. François-Ignace Léonard des Lyons. — 1720. Nicolas-François Boucquel. — 1729. Ives-Guislain- JosephQuarré , chevalier, seigneur du Repaire. — 1743. Charles-Guislain-Alexandrc Boucquel. — 1754. Charles-Guislain-Alexandre Quarré, chevalier, seigneur de Chelers. — 1764. Charles-Louis-Alexandre de Beauffort, marquis de Mondicourl.

— 1765. Adrien - Antoine de Blocquel de Croix, chevalier, baron de Wismes.

— 1769. Charles-Louis-Alexandre de Beanfforl , marquis de Mondicourt, nommé de nouveau maïeur, par édit du roi du 3 février 1769. — 1771. Adrien-Antoine de Blocquel de Croix, chevalier, baron de Wismes. — 1774. Jules-César-François de Baulin , écuyer, seigneur de Belval. — 1781. Ignace Godefroy, comte de Lannoy et du Saint-Empire , seigneur de Beaurepaire. — 1784. Jules-César-François de Baulin , seigneur de Belval. — 1785. Ignace Godefroy, comte de Lannoy et du Saint-Empire. — 1786. Lamoral-François-Engène-Marie Daix , seigneur de Remv, baron d'Aix. — 5 janvier 1790. Ferdinand Dubois, écuyer, seigneur de Fosseux.

» dans les archives publiques. L'histoire de la muni- » cipalitc d'Arras , compliquée d'ailleurs par celle de » la Cité qui en était pour ainsi dire distincte , offre » tant d'obstacles aux investigations qu'il devient dif- )) ficile d'en présenter l'analyse. »

En concédant des franchises aux habitants , la charte de Philippe-Auguste réserva tous les droits de l'abbaye de Saint- Vaast. On a vu dans le premier volume de cet ouvrage que ce monastère était en possession d'un grand nombre de privilèges féodaux , dont l'origine remontait à l'abandon des terrains sur lesquels une notable partie d'/Vrras fut bâtie. Indépendamment des droits perçus sur les marchés et sur les marchandises , sur les vins et sur la fabrication de la bière , de la capitation et de la taxe prélevée aux portes de la cité, l'abbaye exerçait un pouvoir seigneurial auquel l'échevinage devait lui-même hommage. Lorsque le renouvellement de la loi s'accomplissait , le ma)(eur et les nouveaux échevins juraient sur de saintes reliques, dans l'église de la Madeleine, qu ils garderaient les droits de Saint-Vaast. Ce serment était prêté en présence des officiers de la ville, du grand-prévôt, du grand-bailli , des religieux et des hommes de fief du monastère.

Dans le cours du XIV* siècle, l'échevinage ayant fait ériger une croix sur le Petit-Marché d'Arras, on régla que chaque année , au 15 juillet, le maïeur, ou l'officier de la ville qu'il déléguerait, ferait hommage à l'abbaye du terrain sur lequel la croix était placée.

Il (lovail pour cela présenter à «ijcnoux un pigeon hiane à l'abbé et lui dire : « Monseigneur l'abbé , » véchi un blanc coulon que les niayeur, échcvins )) et communauté de la ville d'/Vrras vous paient et »i envoient pour la croix étant au petit marquiet d'Vrras, » en reconnaissant qu'elle est édifiée et assise au tré- » fonds de l'église Saint-Vaast. »

Dans les premiers siècles du moyen -âge, la ville d'Arras fut gouvernée par un bailli. Ce magistrat représentait le prince et rendait la justice en son nom, commandait les hommes de guerre et réglait l'emploi des revenus publics. On comprend que l'autorité municipale dût se trouver fort circonscrite alors. Le maïeur n'était qu'un homme de fief. Nous voyons, en effet, le comte d'.\rtois, Robert II , donner la mairie d'Arras à Simon Faverel en 1271 , « à charge de la tenir en » fief pour lui et ses successeurs , et héréditairement , » à foy et hommage-lige du comte et de ses héritiers; » avec tous les droits appendans à ladite mairie et » sous le relief de soixante sols parisis. »

Les baillis furent remplacés par des gouverneurs vers la fin du XIV' siècle '. Loiseau remarque, dans son traité des offices , que le pouvoir des premiers donnait

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