‹ Archives historiques et politiquesChapitre 4 sur 32 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Les Pièces historiques renfermées dans ce volume et dans les deux ou trois qui le suivront, ont été successivement imprimées par ordre de Sa Sainteté, depuis l'année 1806 où ses démêlés avec Buonaparte commencèrent à prçndre un caractère sérieux j mais tirées à un très-petit nombre , elles n'ont presque pas vu le jour. Le souverain pontife, prévoyant dès-lors les malheurs qui menaçolent TEglise catholique et le patrimoine de Saint-Pierre , ne vouloit pas , en donnant une publicité prématurée aux actes arbitraires que se permeltoit le chef du gouvernement françois, renoncer entièrement à l'espoir de le ramener à la justice et à la modération ; mais il vouloit que, si le moment arrivoit où la violence l'empêcheroit

(ij) de lever sa voix et de faire connoître la vérité, des documens dont la lecture pût indiquer aux fidèles les voies de l'erreur et de la vérité, et justifier un jour sa mémoire aux yeux de la postérité , fussent préservés de la destruction. Tel fut le motif de cette impression. Le Recueil imprimé sous le titre de Documenté relative aile contestazioni insorte fra la san ta sede e il govemo francese , forme quatre volumes; mais les pièces qu'il renferme ne vont que jusqu'au 2 février 1S08, époque où le Saint-Père fut privé de l'usage de son imprimerie. Depuis ce moment il fut réduit à faire copier à la main ou imprimer, comme on put, les documens isolés ; mais, pour éviter la fraude , il eut soin de signer chaque exemplaire. Le recueil et les feuilles détachés qui y font suite sont si rares qu'à peine quelques exemplaires ont passé les Alpes, et que, pour nous les procurer, nous avons été obligé d'avoir recours à la complaisance d'un ami, M. le chevalier i?flrtlioltli, chargé d'affaires de S. M. Prussienne près l'archiduc grand-duc de Toscane et consul gé-

néral en Italie, lequel a bien voulu nous communiquer la copie cj,u'il en avoit fait faire sous ses yeux.

Wous avons aussi eu sous les yeux la réimpression faite à Palerme , sous le titre de Cor- TÎspondenza autentica et compita deiministrî di S. S. cogli agenti del governo fraucese e commandanti délia suaarmata^combiciando dair epoca âelV occupazione da essafatta , in novembre 1807 di Roina e dello stato pontificio sino a 20 di giiigno corrente anno 1 809 , un vol, in-3°. Ce Recueil , quoique le titre le nomme complet , ne renferme qu'une foible partie des pièces que nous publions, et notamment pas une seule de celles qui forment notre premier volume.

Quoique les principaux événemens de la longue tragédie dont Pie VII a été le héros aient fixé l'attention de toute l'Europe, néanmoins on ne la coonoîtroit qu'imparfaitement sans les pièces renfermées dans les volumes que nous publions. La lecture de ces documens offre plus d'an intérêt. En effet j si l'inso-

(iv)

lence et les charlatanerJes qui régnent dans les lettres de Buonaparte et la servile complaisance de ses ministres , toujours prêts a justifier les écarts du maître par des raisonnemens prétendus philosophiques, ou par de fausses allégations historiques , qui ne prouvent que leur ignorance ou leur mauvaise foi, inspirent une vive indignation , on est bien soulagé de ce sentiment pénible par la lecture des pièces sorties du cabinet de Pie Vil. Que de simplicité et de candeur dans les lettres du souverain pontife, quand on le force de repousser les reproches adressés à sa conduite ! Quelle douceur dans l'exposition de ses griefs! Quelle résignation apostolique à souffrir tout ce que la main du Tout - Puissant voudroit lui imposer ! Quelle confiance dans les paroles de celui qui a promis que les portes d'enfer ne prévaudront pas contre son Eglise ! Quelle force de logique quand ses adversaires ont la témérité de descendre dans le champ de la discussion! Quelle conséquence dans les principes ! Quelle onction dans les exhortations paternelles et pastorales

(T) adressées à un persécuteur inexorable! Avec quel art à la fois et quelle dignité Pie VU saitil faire valoir, pour flécliir son courroux, toutes les concessions que ses devoirs lui permettent! mais aussi avec quelle constance et quelle fermeté inébranlables refuse-t-il celles que la voix de sa conscience réprouve ! En permettant que la main des médians s'appesantît sur ce respectable vieillard, la Providence paroit avoir voulu montrer à uh siècle immoral et lâche ce que peuvent la religion et le courage.

IjCS documens imprimés à Rome sont liés entre eux par une espèce de récit historique qui se termine au mois de février 1808. Ce récit nous a fourni plusieurs faits nouveaux; mais comme les rédacteurs qui écrivirent avant la catastrophe dévoient avoir un autre point de vue que celui sous lequel nous qui vivons après les événemens, les envisageons, nous n'avons pas pu conserver leur travail sans y faire des changemens essentiels. Il y a dans la correspondance avec Buonaparte quelques points sur lesquels nous avons été laissé sans éelaircis-

sèment. Du nombre de ces choses énigmatlques çst le reproche que Buonaparte adresse à Pie VII et à ses conseils , d'avoir voulu l'allier. , par des mariages , avec des familles protestantes. En général il perce, dans les pièces dictées par Buonaparte lui-même j, une certaine haine pour le protestantisme qui pourra surprendre les religionnaires frahçois qui , par la manifestation de principes déloyaux pendant l'époque des cent jours , sont parvenus à* ire confondre des partis religieux et civils, qui nont èuVieu de commun que Fidentité fortuite des per* sonnes.

Paris, le i.^ avril 18x9.

VliMI^VtVHiVXI^V

PRECIS

DES CONTESTATIONS QUI ONT EU LIEU ENTRE LE SAINT-SIEGE ET NAPOLEON BUONAPARTE :

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