‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 2)Chapitre 105 sur 141 · AS2O3 + 2 000 = AS2O · texte numérisé non relu

AS2O3 + 2 000 = AS2O

autrement dit, deux molécules d’ozone donnent ici deux molécules d’oxygène ordinaire ; le nombre des molécules gazeuzes ne change donc pas.

E. MULDER ET H. a. L. VAN DER -MEÜLEN.

Nous nous réservons de faire encore quelques séries d’expériences pour déterminer d’une manière plus précise la constante de 00, 00, 00 , et nous y emploierons une méthode directe et une indirecte. Quant à la première, nous avons en vue celle avec le noir de platine, qui a montré effectivement par l’expérience qu’il possède très probablement la propriété de transformer facilement l’ozone en oxygène ordinaire. Quant à la méthode indirecte, nous nous en tiendrons, du moins d’abord, à celle de l’acide arsénieux, que nous pouvons encore un peu améliorer.

Nous espérons, par exemple, nous mettre en état de conduire, dans une troisième série d’expériences, non seulement l’oxygène ozonifié, mais aussi l’air, de réservoirs en verre, afin qu’ils soient tous les deux dans des conditions à peu près identiques. En même temps, nous aurons soin de faire fonctionner l’aspirateur plus régulièrement, ce qui a trait à ce qui précède; car, dans ce cas-là seulement, pourra se montrer la nécessité d’introduire la formule de refroidissement.

Considérations théoriques.

Comme ce qui précède se borne principalement à l’observation, nous voulons y joindre quelques vues théoriques ; car le sujet nous a porté à regarder les états allotropiques de quelques éléments d’un point de vue thermochimique.

Allotropie atomique et moléculaire.

La différence relative de la quantité d’énergie que possède l’oxygène dans ses états allotropiques est très remarquable, si on la compare à la différence se montrant dans les allotropies du carbone et du soufre p. e. Cette différence entre le graphite et

*) Handwôrth. Fehling, Art. Isomerie.

RECHERCHES THERMOCHIMIQUES SUR l’OZONE.

le carbone amorphe, calculée à un atome, c’est à dire 12 =rC, n’est pas plus grande que 3000 c environ ; et dans, les allotropies du soufre, cette différence relative d’énergie semble même être trop petite pour qu’on puisse la déterminer d’une manière assez exacte. Quant à l’oxygène ordinaire et à l’ozone, la différence relative d’énergie, calculée à un atome d’oxygène 0—16, peut être estimée à non moins de 11000 c, ainsi qu’il résulte de ce qui précède. Or l’hypothèse que la séparation des atomes de carbone exige un plus grand nombre de calories que celle des atomes d’oxygène, ne saurait être trop hasardée. Cependant il est possible que les molécules de carbone et de soufre p. e. à l’état solide (et le soufre aussi à l’état liquide) se composent de beaucoup d’atomes et que la différence du nombre d’atomes dans les allotropies soit petite. Les faits connus ne nous obligent pourtant pas du tout à admettre cette dernière supposition ; et si l’on fait attention aux allotropies de l’oxygène — remarquant que l’ozone, qui n’a qu’un atome de plus que l’oxygène ordinaire, en diffère cependant beaucoup dans ses propriétés, étant peu stable p. e. — il nous paraît probable, quoiqu’on n’ait pas affaire à des gaz, qu’en premier lieu les allotropies stables du carbone pourront avoir le même nombre d’atomes dans la molécule. Quant au soufre, cela n’est pas moins probable p. e. pour les allotropies et si l’on tient

compte que le soufre /, qui contiendrait le plus d’énergie, se forme du soufre a à une haute température (car le soufre à l’état de vapeur au-dessus de son point d’ébullition doit être regardé comme étant le soufre / ayant deux atomes dans la molécule) ; en outre , le soufre a se transforme par la chaleur en soufre (^, qui possédera relativement plus d’énergie.

En général, on peut admettre qu’une élévation de température pourra diminuer le nombre d’atomes dans la molécule. Pour le soufre, il nous semble qu’il n’y a pas non plus de raison d’admettre un grand nombre d’atomes dans les molécules des allotropies et une petite différence dans ce nombre pour les molécules des différentes allotropies. Au contraire les petites différences d’énergie dans les allotropies du carbone et surtout du soufre ,

comparées à la grande différence des allotropies de l’oxygène , semblent trouver une explication en admettant que probablement le nombre d’atomes des allotropies du carbone (et du soufre) est le même. Ces dernières allotropies pourraient être causées par une différence dans l’arrangement des molécules, et on aurait à distinguer deux sortes d’allotropies , à savoir :

1° une allotropie atomique,

2° une allotropie moléculaire.

Dans les allotropies atomiques, ce sont les molécules ellesmêmes qui sont allotropiques , mais dans les allotropies moléculaires on peut regarder une différence de position relative des molécules comme la cause de la différence des propriétés. Nous espérons que ce qui précède pourra contribuer à fixer un peu plus l’attention sur ce point.

L'ozone considéré plus en détail.

Dans tout ce qui précède, nous sommes partis de la supposition que les p. s. de l’oxygène et de l’ozone sont 16 et 24, donc les p. mol. 16 x 2 et 24 x 2, et les formules 00 et 000. Quant à l’affinité, on a adopté l’oxygène comme bivalent, donc: 0-0

OzziOet Y^^O — 0 — 0; dans le dernier cas, il y aurait

des affinités libres. En admettant que la chaleur de combinaison d’une affinité d’un atome d’oxygène avec une affinité d’un autre atome d’oxygène soit toujours la même, tant dans l’oxygène

ordinaire que dans l’ozone, exprimé par: 0, 0 y, on est conduit à la formule 0 — 0 — 0 *) pour l’ozone, parce que dans / O’O \

3 (0=0) et 2 ( Y 1 il y ^ douze affinités qui se neutralisent

deux à deux, et que par conséquent dans la transformation de l’oxygène ordinaire en ozone il ne pourrait pas y avoir absorp-

*) Scheik. Aant. v. E. Mulder, t. II, p, 186, 189. (1871),

RECHERCHES THERMOCHIMIQUES SUR l’OZONE. 371

tion de chaleur, tandis que l’expérience démontre le contraire. Partant de l’hypothèse des affinités comme base de la structure relative, ici de l’oxygène ordinaire et de l’ozone, on pourrait

admettre que la valeur O, O n’est pas toujours la même. Or comme les atomes dans l’oxygène ordinaire et dans l’ozone ne sauraient être placés vis à vis les uns des autres d’une manière identique, ceci semble probable , à part même l’hypothèse des affinités.

Pour le moment, on ne saurait faire autre chose que d’admettre provisoirement pour O, O = y la même valeur , et dans ce cas l’ozone doit être regardé comme 0—0 — 0 ; en faveur de cette opinion on pourrait alléguer le peu de stabilité de l’ozone ,

tandis que la structure /\ indiquerait une stabilité plus grande.

Le fait que ni la chaleur ni la lumière, mais seulement l’électricité peut transformer l’oxygène ordinaire en ozone , s’explique en tant que des molécules gazeuses chargées d’électricités différentes peuvent arriver temporairement à l’état de repos, ce qui est favorable à l’attraction des molécules et des atomes, ainsi que l’électricité elle-même.

Hypothèse sur la structure des éléments.

Non seulement on a traité maintes fois, surtout dans les dernières années, de la manière dont les éléments pourraient être construits, mais même on a fait des tentatives pour pénétrer par voie expérimentale jusqu’à la structure des éléments. Or il est connu qu’on ne pourrait pour le moment indiquer un fait quelconque qui nous oblige d’admettre qu’un élément, et de même l’atome , puissent être disséqués par les moyens dont la science dispose à présent; iF est même très peu probable que l’électricité à son maximum de tension puisse disséquer l’atome. Pourtant il pourrait y avoir de l’intérêt à examiner quelles hypothèses sur la structure de la matière ont leur droit d’exi-

stence. A notre connaissance, l’hypothèse suivante n’a pas encore été énoncée, mais nous ajouterons que sa valeur est naturellement très relative; c’est celle, que l’atome prétendu peut être regardé comme l’atome de premier ordre, construit d’atomes du second ordre, qui se composent eux-mêmes d’atomes du troisième ordre, et ainsi de suite jusqu’à l’infini. Cette hypothèse n’exclut nullement l’imité de la matière. Selon elle, l’atome serait composé infiniment, et chaque tentative d’obtenir une connaissance complète de la matière se heurterait à l’impossibilité de faire un chemin indéfiniment long d’expériences.

Utrecht, 24 décembre 1881.

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