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370 A. G. H. VAN GENDEREN STORT.
B. Rétine du pigeon à la lumière.
Les pigeons dont nous allons maintenant parler avaient été exposés à la clarté diffuse du jour, ou aux rayons directs du soleil.
Dans ces conditions, la couche pigmentée adhère assez solidement à la rétine, mais pourtant avec beaucoup moins de force que chez les grenouilles; cela tient à ce que le pigment ne pénètre jamais en masse entre les robustes segments internes des grands cônes simples, mais progresse surtout le long des segments externes, minces et faciles à déchirer. |
C’est dans le champ jaune (voir PL VIII Fig. E) — l’observation s’en fait le mieux sur des coupes en travers — que le pigment s’est abaissé le plus. Il paraît sy mouvoir facilement le long des bâtonnets et des segments externes coniques des cônes secondaires. |
Quittant la base des cellules épithéliales pigmentées, sa masse principale s’est avancée jusqu'aux boules oranges et rouges, au-dessus desquelles elle s’est accumulée en direction centripète.
Les grosses boules vertes des cônes jumeaux et les petites boules vertes des cônes simples sont entièrement enveloppées par le pigment, à travers lequel elles ne transparaissent confusément que sur des coupes minces.
Dans une zone touchant à la membrane limitante externe, on trouve, rapprochés les uns des autres, les segments internes confiés des cônes secondaires. De même que, chez le pigeon à l’obscurité, dans une coupe en travers, le regard est directement attiré par les segments internes gonflés des bâtonnets, de même ïil l’est, chez le pigeon à la lumière, par les seg-" ments internes des cônes secondaires, entre lesquels s’éten- … dent ceux des cônes ordinaires et des bâtonnets.
Les segments externes des bâtonneis (Fig. Eg—E.f) sont incolores, mais présentent la même forme que chez le pigeon
à l'obscurité. Il en est tout autrement des segments internes. Ceux-ci, implantés, sous forme de cônes renversés longs et minces, sur la membrane limitante externe, sont difficiles à distinguer entre les segments internes des cônes simples. Parfois ils montrent, près de la limite du segment externe, une petite tache ovale douée d’un autre pouvoir réfringent ; d’autres fois, on ne la remarque pas. Dans l'obscurité, cette plage ovale paraît grandir par suite d’imbibition et prendre la forme en cœur ou en barillet. |
Chez les cônes jumeaux (Fig. E.a et E.b), le myoïde du cône principal s’est contracté, d’où il résulte que les grosses boules vertes de matière grasse, qui sont les plus voisines de la périphérie, se sont rapprochées de la membrane limitante externe.
Dans le cône secondaire, le segment interne a changé de forme sous l'influence de la lumière. Tout comme chez le bâtonnet dans l’obseurité, 1l s’y est développé par imbibition, au voisinage de la membrane limitante externe, un corps ovoïde; ce corps occupe, par son diamètre le plus court, toute la largeur du segment interne. La forme en fuseau s’est donc perdue, et le cône secondaire s'applique maintenant par une large base sur la membrane limitante.
Les trois sortes de cônes simples (Fig. E.c—E.e) ont subi un raccourcissement, dû à ce que leur myoïde est devenu plus court et plus épais. |
Plus on s’avance du champ jaune vers la fovea (voir PI. VIII Fig. F), plus les éléments se rapetissent. Les bâtonnets deviennent plus rares, les cônes simples et jumeaux (Fig. F.b— F.d et F.a) deviennent plus nombreux, mais plus ténus et plus courts, — plus courts, contrairement à ce qu'on observe chez l’homme. Le pigment, qui dans la fovea du pigeon à l'obscurité était fortement retiré vers la périphérie, de sorte qu'on voyait très bien les segments internes de tous les éléments avec leurs boules grasses colorées, s’est, chez le pigeon
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à la lumière, abaissé en masse jusqu'aux boules rouges et oranges. De même que dans le champ jaune, les coupes minces sont les seules qui laissent plus ou moins transparaître les petites boules vertes des cônes simples et des cônes jumeaux. Les phénomènes que nous avons signalés ci-dessus dans le champ jaune du pigeon exposé à la lumière, se produisent également, et de la même façon, dans la fovea.
Dans le champ rouge (voir PL VIII Fig. D), les rapports mutuels des éléments, tels que nous avons appris à les connaître à l’occasion de la description anatomique et en traitant du pigeon à l'obscurité, se rencontrent aussi chez le pigeon à la lumière.
Les cônes simples (Fig. D.a—D.d), dont la masse principale se trouve au centre du champ rouge, se contractent dans leur myoïde, qui devient plus court et plus épais.
Les bâtonnets, dont le nombre augmente vers la périphérie, présentent les mêmes changements de forme que ceux du champ jaune. Ces changements sont beaucoup moins prononcés chez les cônes secondaires des cônes jumeaux (Fig. D.e et D.f), relativement assez rares; le phénomène dé l’imbibition ne paraît s’y produire qu’à un faible degré, de sorte que je n’y ai jamais vu de corps ovoïde nettement constitué. Dans les formes qui établissent le passage au champ jaune, çe corps devient de plus en plus distinct.
Le pigment, dans le champ rouge, s’accumule surtout audessus de la couche des petites boules de graisse oranges, mais il ne la dépasse jamais.
Voici les résultats de mes mesures: