SUR UN
CAS 1)E COHÉSION ET DE DIALYSE DANS LE CYPRIPEDIÜM BARBATUM lindley, yar. SIIPERBUM
PAR
le Dr. J. Th. CATTIE.
Par Tintermédiaire bienveillant de M. J. J. Duyvené de Wit, de Velp, à qui je dois des remercîments bien sincères, je reçus de M. van Eck, jardinier en chef du Jardin des Plantes d’Arnhem, une fleur de C. barbatum superbum , dont la structure anomale me paraît assez remarquable pour mériter une description détaillée.
Dans ces dernières années, la Tératologie des plantes a tenu une grande place dans les sciences exactes, parce que, en plusieurs cas, elle nous apprend beaucoup sur la structure et les caractères d’un genre et nous offre mainte occasion de nous renseigner sur la place et l’arrangement des divers verticilles d’une fleur.
Il est connu que le genre Cypripedium appartient à la section des Diandrae des Orchidées, les étamines étant au nombre de deux. Théoriquement, on suppose que dans la famille deux verticilles d’étamines peuvent être présents. Dans le genre Cypripedium., les deux étamines paires (latérales) du verticille intérieur sont développées et fertiles ; l’étamine impaire du verticille extérieur est stérile et pétaloïde (staminode). Ces trois organes sont soudés avec le style et forment avec le disque stigmatifère le gynostème.
Archives Néerlandaises, T. XXV.
Dr. J. TH. CATTIE.
Non moins remarquable est la déformation du gynostème.
Dans les figures 1 et 3 nous avons figuré, vu de profil et vu de dos, le gynostème du Oypripedium barbatum dans l’état normal.
Les figures 2 et 4 représentent, vu de la même manière, le gynostème dans l’état anomal.
Un simple coup d’œil sur les figures 1 et 2, comparées avec les fig. 3 et 4, suffit pour nous faire comprendre que le staminode n’est pas développé dans la fleur anomale et que l'étamine droite (vue de face) de la fleur normale est absente dans la fleur anomale. Il est clair aussi que l’étamine unique de notre fleur anomale est implantée plus haut sur le gynostème. Ensuite, le petit filet de cette étamine, bien distinct dans la fleur normale, s’est réduit à un tronçon d’une telle petitesse que cette étamine pourrait être dite sessile.
Résumons les altérations dans la position des diverses parties d’un verticille de notre fleur. Nous obtiendrons alors:
Les deux schèmes comparés l’un à l’autre, nous apprennent que dans la fleur anomale le verticille extérieur a perdu s, et que s2 et s3 sont libres (cas de dialyse). Du verticille intérieur, p2 et p3 sont soudés (cas de cohésion). Le staminode est supprimé et l’étamine droite (vue de face) a également avorté.
Dans la famille des Apostaciaceæ, si voisine des Orchidées et n’en différant que par l’ovaire 3- loculaire et la placentation centrale, il y a le genre Adactylus Endl., qui se rapproche de notre fleur anomale par la suppression du staminode ; mais il a deux étamines.