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TABLEAU III

Avec la pression 0,25 gr.

Avec la pression 0,5 gr.

Avec la pression 1 gr.

Avec la pression 2 gr.

Avec la pression 3 gr.

Avec la pression 1 4 gr.

Avec la pression 5 gr.

Avec la pression 10 gr.

24,95 ohms

12,05 ohms

8,01 ohms

9, 12 ohms

5,05 ohms

6,470ohms

3,700 ohms

2,500 ohms

Les moyennes sont:

Avec la

Avec la

Avec la

Avec la

Avec la

Avec la

Avec la

Avec la

pression

pression

. pression

pression

pression

pression

pression

pression

0,25 gr.

0,5 gr.

1 gr.

2 gr.

3 gr.

4 gr.

5 gr.

10 gr.

avec les erreurs probables:

±1,27 I it0,56 I ±0,49 ) ±0,47 ] ±0,14 1 ±0,24 | ±0,16 | ±0,11

On a donc pour les résistances au passage:

avec les mêmes erreurs probables.

§ 8. La fig. 6 montre le rapport entre les résistances au passage et les pressions. Ces dernières y sont représentées par des abscisses, les premières par des ordonnées. Ainsi, les ordonnées des points g Qt h représentent les résistances

au passage sous les pressions 0,25 gr. , 0,5 gr. , 1 gr. , 2 gr. ,

3 gr. , 4 gr. , 5 gr. et 10 gr. Les ohms et les c^mi-grammes sont représentés par des longueurs égales.

En joignant les points a, è, c, g, /*, g et on obtient une courbe dont la forme est assez régulière et paraît se rapprocher de celle d’une hyperbole équilatère.

Si l’on admet ce rapprochement, notre courbe pourrait être représentée par l’équation

y=ra + -, (1)

OÙ a désignerait la limite vers laquelle la résistance tendrait à mesure que la pression augmente.

J’ai calculé les valeurs de a et de 5 par la méthode des moindres carrés , en supposant que c’était la somme des carrés des erreurs relatives qui devait être un minimum. En outre, il a été attribué à chaque détermination un poids inversement proportionnel au carré de l’erreur probable trouvée. J’ai obtenu de la sorte:

a =1,981 et è= 6,914.

Ces valeurs ont servi à calculer le tableau suivant:

P. L. RIJKE. SUR LE MICROPHONE

TABLEAU lY.

Pression

en

grammes.

Résistances au passage, en ohms.

Diffé-

rences.

Erreurs probables.

Erreurs relatives des résistances au passage observées.

observ.

calculées.

1ère puiss.j2èmepuiss.

1ère puiss.

j2èmepuiss.

Somme

Entre les nombres de la quatrième colonne et les nombres correspondants de la sixième colonne la différence n’est pas très grande. On peut donc dire que la courbe calculée représente assez bien les phénomènes. Cela résulte aussi de la fig. 6 , où la courbe calculée est marquée par un trait continu, et la courbe déduite de l’observation directe , par une ligne pointillée.

§ 9. Une autre question est celle de savoir si les résultats obtenus nous autorisent à conclure que la résistance au passage est réellement en raison inverse de la pression. Pour pouvoir répondre affirmativement à cette question il faudrait que la somme des carrés contenus dans la sixième colonne différât moins de la somme des carrés inscrits dans la huitième colonne.

J’ai pensé qu’il serait peut-être utile , pour la solution de cette question , d’examiner jusqu’à quel point l’introduction d’un terme de plus dans notre équation (1) pourrait rapprocher l’une de l’autre les deux spmmes dont il s’agit.

A cet effet, j’ai pris l’équation

et, procédant comme il a été dit dans le § précédent , j’ai trouvé pour a, 6, et c les valeurs suivantes

A l’aide de ces valeurs j’ai calculé le tableau suivant TABLEAU Y.

Pression

eu

grammes.

Résistances au passage , en ohms.

Diffé-

rences.

Erreurs ;

probables.

1 Erreurs relatives des résistances au passage observées.

observ.

calculées.

1ère puiss.

2ème puiss.

1ère puiss.

2ème puiss.

JO

Somme

La somme des carrés des erreurs relatives s’est effectivement rapprochée de 0,01536, ce qui d’ailleurs devait nécessairement arriver du moment que nous disposions d’une constante de plus. Si donc les équations (1) et , (2) sont uniquement considérées comme formules d’interpolation, il va sans dire que la seconde mérite la préférence; mais s’il s’agit de leur attribuer une signification plus haute, je pense que les erreurs relatives des observations sont trop fortes pour qu’on puisse déjà se prononcer définitivement. On peut donc seulement admettre à titre de loi approximative provisoire , que les résistances au passage sont en raison inverse des pressions.

§ 10. Il suit de nos formules que, pour un accroissement ou un décroissement très petits de la pression , la résistance au passage éprouvera un changement qui sera en raison inverse de la pression primitive. La sensibilité d’un microphone dépendra donc , en grande partie , de la force avec laquelle les deux morceaux de coke .sont pressés l’un contre l’autre. Plus cette force est petite , plus sera grande la sensibilité. On ne doit pas perdre de vue, toutefois, que lorsqu’un microphone transmet avec une amplification considérable les sons faibles , il ne se prête plus aussi bien à la reproduction des sons intenses. En effet, plus

P. L. RIJKE. SUR LE MICROPHONE

est légère la force qui presse entre eux les deux morceaux de coke, plus il y a de chance pour qu’en vibrant ils se séparent l’un de l’autre. Lorsque cela arrive, il se forme de petits arcs de Davy ; le son que ceux-ci produisent se transmet au téléphone et y occasionne un crépitement ou bruissement, qui peut être très gênant. Aussi est-il permis de dire , dans une certaine mesure , que toute modification de l’intensité du son détermine une modification dans le microphone.

Pour avoir un microphone auquel on puisse donner tous les degrés voulus de sensibilité , il suffit d’apporter un léger changement à l’appareil décrit au § 1. Ce changement consiste à remplacer les cylindres et n'p par deux prismes triangulaires A et B (fig. 7). Si dans l’appareil ainsi modifié on fait glisser le parallélipipède vers la gauche , par exemple , il est clair que , à mesure que son centre de gravité 2; se rapprochera du prisme A, la pression sur le prisme B deviendra moindre. Sur A , il est vrai , la pression deviendra plus grande ; mais il est facile de montrer , et cela ressort d’ailleurs de la fig. 6 , que la résistance au passage croîtra plus fortement en B qu’elle ne décroîtra en A. Aussi toutes les expériences connues peuvent-elles être répétées avec cet appareil.

§ 11. Lorsque l’appareil doit seulement servir à remplacer dans un couple téléphonique le téléphone transmetteur, il n’est pas désirable qu’il soit très sensible. Je me suis, au contraire, fort bien trouvé d’entourer la boîte , y compris le parallélipipède , d’un anneau en caoutchouc. La parole était reproduite plus faiblement, il est vrai, mais avec plus de netteté, attendu qu’il ne pouvait plus être question de la production d’arcs de Davy.

§ 12. Ce qui a tout d’abord excité spécialement mon intérêt pour le nouvel appareil , c’est qu’il m’a paru offrir le moyen de transmettre la parole à une distance beaucoup plus grande que cela n’était possible avec le couple téléphonique.

Soit, en effet, L la résistance de la plus grande longueur de fil télégraphique qu’on puisse introduire, sans dommage pour la bonne transmission de la dépêche , dans un circuit composé d’un

P. L. RIJKE. SUR LE MICROPHONE

téléphone et d’un appareil galvanique donné ; l’intensité du courant sera alors exprimée par l’équation:

OÙ E désigne le potentiel de l’appareil galvanique, K sa résistance, T celle du téléphone, et M la résistance du microphone, y compris la résistance au passage.

En supposant que par la vibration du microphone la résistance au passage éprouve une augmentation, que nous appellerons A, l’intensite du courant prendra une valeur différente, exprimée par l’équation :

On sait que le déplacement de la petite plaque en fer du téléphone dépend de la différence de ces deux intensités , c’està-dire de

(R+T+M+L)(R+T+M+A+L) et que, chaque fois que le courant subit dans une même durée de temps un même changement, la plaque de fer se déplace aussi d’une même quantité. Pour obtenir maintenant ce même déplacement lorsque le courant doit parcourir un fil télégraphique n fois plus long, on n’a qu’à employer n fois plus d’éléments galvaniques et à introduire aussi n fois plus de microphones dans le circuit. Car on aura alors , en représentant les deux intensités du courant 1', et I'^,

nn n n

si l’on admet que la résistance de n microphones est 'p fois plus grande que celle d’un seul.

Comme p n’est en général pas plus grand que w, la valeur de r, — I'^ , strictement parlant, dépassera encore celle de I, — J’ai vérifié par l’expérience les déductions qui précèdent. Sur le couvercle d’une boîte en planure de bois étaient placés 14

P. L. RIJKE. SUR LE MICROPHONE

morceaux de coke, indiqués dans la fig. 8 par des traits continus, et dont deux. Un et np^ étaient rattachés au circuit. Ces morceaux étaient accouplés l’un à l’autre par des parallélipipèdes de coke , couchés en travers sur eux et représentés dans la figure par des lignes pointillées. Le tout, formait ce qu’on peut appeler une batterie microphonique, batterie composée de 13 éléments. Or, quand on introduisait dans le circuit une résistance de 12200 ohms , égale à celle d’environ 244 lieues de fil télégraphique , et que le potentiel de l’appareil galvanique valait celui de 27 éléments de Bunsen, tous les mots prononcés à proximité de la batterie microphonique étaient distinctement compris près du téléphone *). Lorsque le nombre des éléments microphoniques était augmenté de 3, on pouvait même se placer à une distance de 8 à 10 mètres de la batterie microphonique , mais au téléphone il fallait alors écouter avec une attention plus soutenue.

C’est uniquement pour ne rien omettre de mes expériences . que j’ai communiqué les observations contenues dans ce §. M. Hoorweg et d’autres ont postérieurement indiqué un moyen plus pratique d’atteindre le même but, à savoir, par l’emploi de courants d’induction.

>) Dans la séance de rAcadémie d’Amsterdam du 25 mai dernier, et aussi dans un article de Y Album der Natuur, j’ai rapporté qu’à l’aide d’une batterie microphonique de 5 éléments et d’un appareil galvanique dont ’le potentiel équivalait à peu près à celui de 8 éléments de Bunsen, des mots prononcés au voisinage de la batterie microphonique avaient été distinctement entendus près du téléphone, même quand le circuit comprenait une résistance de 10000 ohms. Malheureusement, on n’avait expédié dans ces expériences que des phrases attendues, telles que „comprenez-vous encore?” „tout va-t-il encore bien?” etc. Lorsque plus tard, ces expériences ayant été répétées, l’expéditeur eut par hasard prononcé une phrase à laquelle la personne placée au téléphone n’était pas préparée, la dépêche ne fut pas bien comprise; il résulte de là qu’on avait opéré, la première fois, avec des moyens insuffisants.

\RCH. XKERL. T. XIV.

Pl.I.

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