L.A COMTESSE, à part
Ah ! mon Dieu, il frappe du pied...
(Troisième révérence, en passant prés du comte.) LE COMTE , à part.
Bon ! elle me salue encore.
LA COMTESSE, bas à Flora.
J'ai tout deviné, mon bel ange! (Haut.) Je ne conçois vraiment pas où on avait la tète de vouloir vous marier, vous qu'attendent la fortune et la gloire... vous si séduisante, si spirituelle... vous si digne des plus augustes hommages... (Bas à Flora.) Sa majesté doit être dans le ravissement. FLORA , à part. Sa majesté !... ah ! voilà l'explication des révérences ! et je comprends maintenant pourquoi la marquise de Pompadour voulait me marier. LA COMTESSE, à part , regardant le comte qui va et vient.
Comme le roi est agité!...
FLORA, bas au comte.
Eh bien! monseigneur, êtes-vous décidé?... Cette lettre de cachet, et je vous ouvre les portes... LE co.MTE, bas à Flora.
Eh bien! je te la promets...
FLORA , montrant la clé.
Donnant, donnant... décidez-vous, monseigneur, la langue me démange... Vous ne dites rien?... je vais parler... Madame la comt...
(Le comte lui donne la lettre de cachet.) FLORA , bas.
Vous êtes le meilleur des hommes.
LE COMTE, bas.
Et toi, la plus méchante des femmes.
LA COMTESSE, à part.
Respectons son incognito... et retirons-nous.
(Nouvelle révérence.)
LE CO.MTE, à part.
Encore! ah ! ça , mais , pour qui me prend-elle donc ?
FLORA , à l'oreille du comte.
Pour qui? pour le roi.
LE COMTE, à part.
Pour le roi... ah ! c'est parfait...
(Il fait à la comtesse, qui va pour sortir, un signe impératif de rester. Il s'arrête sur le pas de la porte , fait un salut de la main à la comtesse, qui lui fait une profonde révérence , et un autre salut à Flora, qui , à l'imitation de la comtesse, lui fait aussi une grande révérence, et il disparaît.)