FL0R
Enlevée !... Voyez-vous, chères amies, on n'enlé\e que celles qui y mettent de la bonne Nolonté ;
el si ça rn'arrivait... on ne peut répondre de rien c'est que j'aurais dit : « Enlevez. » Allons, mesdemoiselles, à l'ouvrage! (Elle se place à gauche, près (Jes fleuristes, qui se sont remises à leur comptoir; Rose et Jenny sont à celui de droite.)
A propos : le comte de Courvolles est venu ce matin.
FLORA
Et j'étais sortie ! Décidément , jai du bonheur aujourd'hui.
ROSE
Il est venu avec son petit miroir et sa grande femme.
FLORA , riant.
Avec sa femme 1 II veut donc me faire infldélité?
ROSE
Il reviendra pour vous peindre son martyre.
FLORA
Ah ça ! est-ce qu'il se Ggure , parce qu'il m'a promis de me faire nommer fleuriste de la cour, que je dois l'aimer en paiement ?
ROSE
Ah ! c'est un homme dangereux.
FLORA
Bah I il est trop gros. Écoute, Rose, je n'ai pas grand mérite a être sage... je n'aime personne: mais si jamais je fais la folie d'aimer un homme, je veux choisir... et je tâcherai d'avoir la main heureuse, .'i ça se peut. (Grand bruit dans la rue.) Que veulent dire ces cris? (Rose regarde au fond à une croisée.)
ROSE
Ah 1 mon Dieu ! ce sont ces maudits couvreurs ! Une grêle de tuiles qui vient de tomber en face... un jeune homme est, je crois, blessé. (Les autres fleuristes se lèvent et vont au fond.)
FLORA , qui est restée à sa place.
Un jeune homme ! il faut le secourir. (Quelques fleuristes sortent.) Est-il joli garçon ?
ROSE
Mais oui , pas mal.
FLORA , avec intérêt , cl se levant.
Vite, vite, faites-le entrer.