Acte premier
Cher orgueil de mon cœur! gloire de mon amourl
Pendant ce pompeux ensemble, Phèdre s'est tenue d l'écart dans les roches, vers le Labyrinthe. Elle se dérobe, effarée. Mais elle ne peut détourner son regard du vainqueur, terrible et chr.rinant. Après l'ensemble
Maintenant, garçons, hissez les antennes I A vos rames, jeunes rameurs!
Certes, nous irons vers la chère Athènes Sur la mer aux vastes rumeurs.
Mais nul ne se dérobe à Cypris souveraine; Et le roi de la ville y conduit une reine.
Il va lentement, gravemtnt, vers Ariane, haletante de joie.
PHÈDRE Qtii est descendue des roches^ à part, dans l'ombre
Oh! me fut-il montré par des dieux ennemis
Le roi plus fier qu'Ares et plus beau qu'Artémis?
Solenne.', désignant Ariane d la foule
Honorez la sœur de ma gloire^
La vierge au grand cœur qui voulut,
Môme au prix du sien, mon salut!
Il s'incline devant Ariane.
n. vous seule j'ai dû la vie et la victoire.
3o Ariane
Plus pus d'dit, moins haut
Mais comme un avare Veut augmenter son trésor
D'un trésor plus rare, Je demande mieux encor...
Ardemment, d'une ardeur tris sensuelle.
Ariane, ô bouche fleurie
Comme une touffe de baisers,
O chevelure qui charrie
De l'ombre et des ors embrasés, Ariane, sein pur, bras enlaçants, liane De fraîche innocence et de volupté, Virginal printemps aux splendeurs d'été.
Voulez-vous me suivre, Ariane:
ARIANE Dam un abandon bienheureux
Je n"ai plus de parents, je n'ai plus de pays. Je n'ai plus qu'un amour! tu parles, j'obéis.
Elle se jette dans Us bras de Thésée, Pendant qu'ils vont, enlacés, ï>rrs la toute de fleurs cl de fruits qui monte vers la <;alére, Phèdre est en proie à une cruelle lutte intérieure. Enfin, arec une vraie ienthasc, ou, peut-être, un commencement d'iiypocrisie :
PHÈDRE
Ma sœur! ma sœur! Ariane chérie!
Me laissez-vous sur les bords désertés De ce pays qui n'est plus ma patrie Puisque vous le quittez?
Montrant Phèdre à Thésée
C'est ma sœur de berceau, plus proche et préférée,