LE CORTÈGE
El! pleureuses des monts! Eï! pleureuses du seuil! Thanatos est vainqueur! Eï, eï, eia, pleureuses!
Nous menons la mort vers le deuil.
Unissons nos voix douloureuses.
Eï... eï... eia, eia, pleureuses!
Et le cortège, la nuit étant tout à fait noire, est entré dans le palais barbare. Ou euit'UÎr'a asse\ longtemps les cris de Thesee et les lamentations des pleureuses .
PIRITHoiJS A Ariane
Viens gémir avec nous dans le tunèbre soir, Reine.
^o Ariane
assise sur le bloc de marbr$
Non.
PIP ITHOiJS
Que veux-tu faire là?
Mon devoir.
Elle est seule liavs les ténèbres, elle rêve. Elle considère In place où elle fut trahie. On voit encore sur le seuil les torches funèbres de quelques pleureurs et de quelques pleureuses, tournés vers l'intérieur du palais. Tout le reste du théâtre est obscur. Enfin elle va lentement vers le haut relief et s'incline vers les images de marbre
Chère Cypris ! Cypris compatissante, O vierge d'or que chantèrent premiers, Quand tu naquis de la mer blanchissante, Les tendres ramiers;
Miel des langueurs et flamme de la fièvre, Réveil toujours des désirs apaisés, Cœur de l'hymen universel, et lèvre De tous les baisers !
Peu à peu, pendant qu'elle chante et que disparaissent les torches et que s'éteignent les thrènes funèbres, le haut relief est devenu moins sombie ; le marbre s'est fait transparent, les figures inanimées se sont colorées en figures vivantes, et Von voit, radieuse, Cxpris sur son char attelé de colombes ; Eros à côté d'elle, et les Grâces étendues dans des nues lores vers les rôties du char d'or, et les feux, et les Désirs, et les Nymphes. Et la pelouse a l'air de rejoindre les nues, comme le rivage d^uiu nur céleste. Et Cypris parle.
Qu'implores-tu, jeune reine affligée ■ Qui m'as toujours servie avec douceur?