ACTE QUATRIÈME
Aux enfers. Le Tarlare. Le paysage est profanai, fuit g in eux, énormt, desclé, mélancoliquement désastreux.
Des hauteurs, à droite, descend une pente de roche, où. sont taillées des figures monstrueuses qui vivent peut-être; une poite, là-haut, l'achéi'e, d'où se développe un mur très bas, de bronze aussi, qui délimite le Tartare.
L'immensité est resserrée comme par trois aintures : le Styx, le Cocyte, le Phlégéton plus proche, d'oii s'élèvent des fumées.
Au delà des fumées, on voit vaguement, à droite, l'étendue tour à tour plane et boisée où errent des milliers de formes pâles, — ce sont les ombres qui n'ont pas leçu la sépulture, et qui n'obtiennent point de passa- le Fleuve; moins éloigné, de ce côté-ci du Styx, l'espace où se lamentent les petits enfants, les condamnés victimes de jugements iniques, et les suicidés ; plus proche cncoie le Champ des Pleurs, — c'est là que se plaignent les amants et les amantes.
Plus en avant, sont discernés aussi, sans précision, les grands Malheureux des Enfers, Sisyphe, Tantale, Ixion... Et tout ^estompe de fumée ou comme d'une nue de sable terne.
La scène même, sous un plafond qui est l'tnvers de la terre, est un lieu du Tartare, xA gauche, dans un creux de roche noire, où s'enfonce, Mprés un intervalle, un tribunal de bronjf, se tient assis, immobile, parmi des cyprès bas, le dieu Hadès, très vieux, couronné de rubis sombres, au vêlement de pourpre éteinte. Hadès est un personnage muet . Sur les marches inférieures sont debjut ou étendus les Vieillards des Enfers. Les Vieillards des Enfers forment un chœur, peu nombteux, de voix basses.
Du même côté, tout à fait au piemier plan, un trône étroit et haut, de marbre noir, incrusté de pierreries pâles, opales et saphirs, où, en étroite robe mauve, apparaît Perséphone, longue, fiére et fine, pale, hiératique, levant un lys noir dans sa main droite. Dei'aiit le trône sont harmonieusement disposés des enlacements de jeunes formes de femmes, en robe de deuil violet, des verveines dans les cheveux ; ce sont les Compagnes de Perséphone, qui la âuivirtnt aux Enfert,
Qiiavif le rideau se /<•';.■. au loin, une désolée himcntalion, sourde, éloitffée, !a:ts paroles, — rieii que des soupirs, des halcUvienls, des aveux gémissants de défaites, des plaintes d'âvtes qui n'en peuvent plus, s'élève universellem ut; c'est l'infini de la douleur sans espoir.
Quant au chaut des Vieillards de l'Enfer, c'est une lente psalmodie, plut piecise, dans l'immensité du soupir Eternel.