Acte cinquième io
ARIANE En haut, seule. Us bras dans l'air
li est parti!
Parti en effet, ava Phèdre ; et Pirithoûs va monter sur la seconde barque.
P I R I T H O ii S
vers Ariane
O jeune femme qui souflfrez! Vous êtes douce Et grande! Mais l'amour n'est pas le but hautain; Et votre plainte en pleurs sous la nef du destin N'est qu'un rythme de vague et qu'un vain bruit de mousse .
La seconde barque s'éloigne. Ariane, mourante, descend de roche en roche :
Se soulevant à diiii, essoufflée :
Ils mentaient! — A quoi bon? — D'un cœur comme le mien Leur trahison, loyale, était presque exaucée... C'est pour me le voler qu'ils mont rendu mon bien Et j'ai pu les croire. Insensée!
C'était si beau! ce n'est plus rien.
Et me voici seule laissée, Si blessée Et jamais plus caressée!
Avais-je mérité tant de peine en retr>ur.
Moi qui ne demandais qu'à donner de l'amour
io6 Ariane
Et me voici seule laissée, Si blessée Et plus jamais caressée...
.4 ce tnoiiifiil, sur la mer lumineuse du soleil couthaiit, passe la Nef de guerre ; d l'avani s'enlacent Phèdre et Thésée
Je les vois!
Elle pleure.
C'est cruel de montrer son bonheur A celle qui le fit des débris de son cœur!
La Nef s'èlci^ne.
Mais je ne vous hais point, vous qui m'avez laissée,
Si blessée...
Durez, serments nouveaux! Aimez, neuves amours! . Vous n'empêcherez pas qu'un jour je fus aimée Et que j'aimerai toujours...
C'est d'aimer en pleurant que l'âme est mieux charmée!
Vombre est venue.
Ciel du soir! Crépuscule où commence l'oubli! J'étais l'Aurore enfant qui précède et seconde. Grâce à moi le Héros resplendit sur le monde! Et je bénis le deuil de mon sort accompli.
Z'est maintenant tout le crépuscule, et bientôt u sera, sur la mer, la cLu/é commevç'.nte de la lune. Ariane, plus languissante :
Pourtant, sous la vague neige De la lune éparse au ciel apaisé, Hélas! que ferai-je De mon cœur brisé?
Les Sirènes couniicnrcnt d'approcher avec des latienieiils d'ailes Hanches sur les flots doux et lassés.