BAISER
Tes coups d'ailes, qui pantellent dans mon étreinte,
Expirent doucement, prisonniers dans mes bras,
Dans la lutte de l'amoureuse et de la sainte,
Qui veut de ses grands yeux, et de sa bouche ne veut pas.
Tes ailes tombent et s'élancent tour à tour,
Sans pouvoir demeurer ni fuir.
L'une appartient à la Pudeur, l'autre à l'Amour.
Et mes mains sur ta chair les caressent, tout à l'entour
Du suprême désir.
IIO ARIEL ESCLAVE
Et je veux, te plongeant dans la divine crise,
Ouvrir tout leur essor, où danse un orage grisé,
L'essor, plus palpitant que des flammes léchant les brises,
Je veux ouvrir l'Essor qui, pour jamais inapaisé,
Dans un cri délivré croit bondir et se brise,
Dans un dernier baiser, qui le lance aux dieux fous, se brise.
Hélas ! dans un dernier baiser...
LES AILES DE LA NUIT D AMOUR III