LES AILES DES YEUX
Ma bouche fermera lentement tes paupières,
Ces ailes de tes yeux,
Et les tiendra sous l'humble et voluptueuse prière
Qui s'exhale en baisers de ma lèvre où sourient les dieux.
Quand elles s'ouvriront, leur essor sera la lumière
Qui, fdtrant de tes cils, ravit en extase les cieux.
Mais ne les rouvre pas ! Laisse-les endormies ! J'en souffrirai tout bas, mais près de mon amie J'aime jusqu'à l'angoisse où mon sein bat plus fort. Je chercherai sur toi mon âme éteinte, évanouie, Qui peut dans tes yeux seuls s'illuminer encor.
LES AILES DE LA NUIT d'aMOUR II3
Triste, je rêverai que ta lumière avec ma vie, Oh ! la lumière de ma vie.
Ma vie, en tes grands yeux fascinée et close, ma vie Est allée enchanter la mort.
Et ne serait-ce pas le destin le plus tendre,
D*être sous les yeux clos et les tombeaux fermés,
Parmi des roses aussi douces que la cendre.
Et de ne plus rien voir, de ne plus rien jamais attendre,
Et là d'être enlacés, et morts au monde — et de s'aimer ?