LA NUTRITION
La distinction des facultés de l’âme une fois établie, il convient de les reprendre une à une pour en donner une notion plus précise ; et la vraic méthode à suivre en pareille matière, c’est de commencer par les faits, vu qu'ils « sont logiquement antérieurs aux puissances » !.
On ne peut expliquer la nutrition comme l'ont essayé Empédocle et Démocrite ; ici encore la théorie mécaniste se trouve en défaut ?. La nutrition n’est pas un mélange, c'est une assimilation. Dès qu'un être prend de la nourriture, commence un travail intérieur par lequel il tend à la changer en sa substance : elle devient son sang, sa chair et ses os; l'aliment absorbé perd peu à peu sa forme pour revêtir celle du vivant qui s’alimente 3.
Du moment que la nutrition est un phénomène d'assimilation, elle ne peut aller que du dissemblable au semblable. Parmi les anciens, les uns ont soutenu que le vi-
1. Anisr., De an., B, 4, 415", 14-20 : … npôtepov yo elor tüv Évauswv al dvépyuiar nai al npabsrs xata tôv Aéyov; 1bid., À, 1, 402?, 22-25.
2. Id., Ibid., B, 4, 415», 28 et sqq.; 416* 1-18. V. plus haut, p. 145.
3. Id., De gen. et corr., À, 5, 321°, 16-24, 32-34; cf. 328"°, 26-28 ; De an., B, 4, 416", 6-18. L
le sperme l'emporte à la fois et par la force qu'il a de reproduire le type paternel et par celle qu'il a de reproduire le sexe masculin, il se forme un homme qui res semble au père. Si, au contraire, le sperme est van sous ce double rapport, il se forme une femme qui re semble à la mère. Si le sperme l'emporte seulement par la force qu'il à de reproduire le type paternel, il se forme une femme qui ressemble au père; et, si le sperme l'emporte seulement par la force qu'il a de reproduire k sexe masculin, il se forme un homme qui ressemble àb mère. Supposé que le sperme n'ait pas assez de vitalité pour marquer son empreinte et que par ailleurs les mens trues ne possèdent pas assez de consistance pour mair tenir la leur, on voit alors réapparaître l'un des types famk liaux : la génération aboutit à un phénomène d'atavisme!.
Tels sont les moyens qu'emploie la nature pour prpager la vie sur la terre. Or, si l'on excepte les espèces à génération spontanée, ces moyens sont autant de modes terminaux de la nutrition. Et le sperme et les menstrues se ramènent à des aliments assimilés : ce son comme des enveloppes sanguines qui entourent le organes, en reçoivent le mouvement propre à chacun d'eux ct le continuent par elles-mêmes une fois séparées de l'être générateur®. Si ces principes diffèrent au point que l'on a vu, c'est grâce seulement aux conditions caloriques où s'opère leur formation®. Les menstrues deviet-