Id., Gen. an., r
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tranges imitations de ce qui fonde sa supériorité : les bctcs ont aussi leur manière de se montrer vaillantes ; les bêtes aussi ont leur façon à elles de raisonner^.
Ainsi le règne vivant se diversifie à l'infini. Mais cette diversité n'enferme rien qui soit abandonné au hasard : la finalité est toujours là qui mesure tout, proportionne tout en subordonnant le moins bon au meilleur. De plus, cette diversité ne présente rien ni de brusque ni de totalement inattendu : tout s'y fait par certaines transitions insensibles où le supérieur rappelle l'inférieur en l'enrichissant comme d'une note nouvelle. L'unité dans une constante variété, l'eurythmie que l'on aime à trouver dans un bel instrument de musique : voilà le trait dominant de l'éternelle et intelligente nature.
Cette théorie d'Aristote est-elle comme une première ébauche de l'évolutionisme ? On serait tenté de le croire au premier abord, à voir la manière dont il parle de la continuité et de l'analogie. Mais on se détrompe bien vite, quand on regarde aux grandes lignes de sa métaphysique. La cause première, étant immuable, enveloppe éternellement la même efficacité, la même force d'expansion au dehors comme au dedans; par suite, la nature donne toujours tout ce qu'elle peut donner : il n'y a pas de marche en avant. Ce n'est point que les formes ne tendent à monter; par elles-mêmes, elles ne sont pas des types immobiles, comme on l'a dit souvent. Au contraire, elles travaillent toutes à se délivrer en se purifiant de plus en plus, à conquérir quelque nouveau degré de perfection; et, si rien ne s'opposait à l'énergie interne qui les pousse, elles iraient se per-