‹ AristoteChapitre 238 sur 304 · Arist., Elh. me, A · texte numérisé non relu

Arist., Elh. me, A

2. Id., Ibid., A, 11, llOl*, 19-21 : el ô' outw, (j.axapiou; ipo\t[t.tv TÔiv J^wvxwv ol; ÛTràpxei x«i ÛTràp^ei Ta It^fH-na, fJLaxapiou; ô' àvÔpwTîouç.

il y a une joie de vivre qui fait que l'on préfère malgré tout la vie au néant '.

La conclusion qui se dégage de cet exposé, c'est que l'éthique d'Aristote est un eudémonisme rationnel. Aristote reprend, en morale, la pensée de Socrate approfondie par Platon ; et cette pensée, il l'approfondit à son tour. Rien de continu comme la métaphysique des Grecs, à partir au moins d'Anaxagore, l'inventeur du vojç. Rien de continu aussi comme l'évolution de leurs idées morales, à partir du sage qui fit descendre la philosophie du ciel sur la terre. Mais développer, ce n'est pas seulement redire. Aristote introduit dans la théorie de son maître des nouveautés notables. Il rejette cette unité subsistante où Platon mettait le principe du bien. A ses yeux, les catégories du bien sont les catégories de l'être ; et les catégories de l'être ne se ramènent pas à un genre supérieur où elles s'unifient, elles sont ellesmêmes les genres suprêmes ^. L'unité platonicienne n'est qu'une fiction. Supposé d'ailleurs que cette unité soit réelle, à quoi peut-elle nous servir, vu qu'elle n'est pas à notre portée et que nous n'avons le moyen ni de la réaliser en nous ni de la conquérir ^ ? Aristote intériorise le bien moral. Il veut qu'il nous soit immanent, il veut qu'il soit nôtre : c'est de nos propres énergies qu'il entend le faire jaillir. En outre, il a poussé beaucoup plus loin que Platon l'analyse du bonheur : il a vu le premier, et à

1. Artst., Polit. ■> r, 6, 1278", 27-30 : ... w; evouaT); xtvo; eOyi^iiepia; èv aÙTÛ [tw J[^v] y.aî Y^yxuTYjTo; çuTixfjç.

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