‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 11 sur 51 · Acte I, Scène Vf · texte numérisé non relu

Acte I, Scène Vf

Cinthio.

Pourquoy, s'il vous plaît?

SlLVIA.

C'est que cela n'est pas vray.

Cinthio.

Ciel! Ne m'avez-vous pas dit mille fois qu'il étoit impossible que votre tendresse pût augmenter?

SlLVIA.

C'est pourquoy elle a beaucoup perdu de sa force. Tenez, Cinthio, l'amour ressemble à la lune : il diminue lorsqu'il ne peut plus croître.

Cinthio.

Quoy! Silvia, vous ne m'aimeriez plus?

SlLVIA.

Non, je suis toute naturelle. Si vous m'en croyez, vous chercherez fortune ailleurs.

Cinthio.

Avez-vous sujet de vous plaindre de moy?

SlLVIA.

Au contraire. Celui que je vous préfère n'est pas si joly que vous.

18 Arlcquin-Plulon.

ClNTHIO.

Pourquoy l'emporte-t-il donc sur moy?

SlLVIA,

Il est riche, ei en l'épousant je ne resteray pas longtemps sous un habit aussi simple.

ClNTHIO.

Silvia, cessons la raillerie.

SlLVIA.

Ce n'en est point une. Regardez ce brillant. Ce n'est qu'un petit échantillon de sa tendresse. Ma cousine en a bien d'autres, et elle n'est qu'en second dans cette intrigue!

ClNTHIO.

Il seroit possible que vous eussiez changé?

Silvia.

Pourquoy non? Rien n'est si commun qu'une lille inconstante.

ClNTHIO.

C'est l'usage des villes; mais au village...

Silvia.

A la ville comme au village, la femme est tou-

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