Acte II, Scène IV
d'amans. Vous sçavez que la nouveauté plaît à mon sexe.
ClNTHIO.
.A la bonne heure !
SlLVIA.
Vous ne voulez donc pas faire la paix?
ClNTHIO.
Le Ciel m'en préserve !
Silvia, à part.
Fort bien... Il faut user d'adresse. (Haut.) Ah! Cinthio que vous connoissez mal mon cœur! Apprenez que je vous ay toujours aimé. J'ay voulu réveiller votre tendresse par une pincée de jalousie.
ClNTHIO.
Vos démarches ont été trop naturelles pour n'être qu'une feinte.
Silvia.
Je suis bien sotte de perdre icy le tems à vouloir vous convaincre de ma tendresse.
ClNTHIO.
Si j'étois bien persuadé...
SlLVIA.
Suivez votre penchant... Je suis la plus infidèle
des femmes.
{Elle pleure .)
ClNTHIO.
Silvia ! ces larmes me font assez connoitre l'innocence de votre procédé.
Silvia, bas.
Bon ! il commence à s'attendrir. (Haut.) Laissezmoy, vous dis— je ! Je suis un monstre d'ingratitude.
ClNTHIO.
Je vous demande mille pardons.
Silvia.
Je ne vous pardonneray jamais!
ClNTHIO.
La mott vous délivrera donc d'un objet odieux.
Silvia.
Où courez-vous?
ClNTHIO.
Je vais mourir.