‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 26 sur 51 · Acte II, Scène V · texte numérisé non relu

Acte II, Scène V

Violette, tu t'es précipité dans un abîme où tu as perdu la vie.

Hui ! hui !

Mercure.

Pourquoy pleures-tu?

N'est-ce pas l'usage que les amis d'un défunt pleurent sa mort?

Mercure.

Cela est vray.

Eh bien ! je n'avois pas de meilleur amy que

moy.

Mercure.

Les tiens ont célébré tes funérailles avec une

douzaine de plats chargés de fromage de Milan,

de saucissons de Bologne, mortadelles, cervelas et

macarons.

Et qu'a-t'on fait de tout cela?

Mercure.

On l'a laissé sur ton tombeau.

Tant pis ! Il falloit l'apporter icy. Votre récit a tellement excité mon appétit que je dévorerois cela en quatre bouchées.

Mercure.

On ne mange point quand on est mort, et, puisque tu es dans les enfers, je vais te placer avec ces ombres que tu vois de si bonne humeur.

Faites-les-moy donc connoître!

Mercure.

La plus proche de nous s'appeloit Raisin.

Bonne compagnie! Nous ne manquerons pas de vin, puisqu'on en fait avec du raisin.

Mercure.

Non, Raisin est le nom d'un homme qui, ainsy que les trois autres, appelés Molière, Fiurelly et Dominique, ont excellé dans l'art de divertir agréablement et avec noblesse le reste des hommes. Tu ne peux être en compagnie qui te convienne mieux.

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