‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 29 sur 51 · ARLEQUIN, PROSERPINE, CARON · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, PROSERPINE, CARON

Proserpine.

Ah ! te voilà donc, traître?

Caron.

Ce n'est là qu'un léger craïon de ses fureurs.

A qui en veut cette folle ?

Caron.

Quoy ! vous méconnoissez Proserpine ?

La peste m'étouffe si je l'ay jamais vue !

Proserpine.

Il vaudroit mieux que cela fût vray, perfide! Pourquoy m'enlevois-tu à ma mère et âmes fidèles compagnes si tu voulois me traiter ainsy? M'abandonner pour une petite créature !

Vous extravaguez, ma mie.

Proserpine.

Ne crois pas me tromper davantage... J'ay découvert quelle est ma rivale ! Oui, je l'ay découvert... Elle s'appelle Violette, fille de Pantalon. Eh bien ! qu'as-tu à dire à cela?

Qu'entends-je?... On me prend pour le dieu des enfers, et c'est ce dieu même qui m'enlève ma maîtresse !

Proserpine.

Suis-je bien informée de tes amours?

Arlequin, à pari.

Mon party est pris. Profitons de son erreur et rendons à Pluton outrage pour outrage... {Haut.} Mais, en vérité, Proserpine, croyez-vous que tout

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