Acte III, Seine VI
Elle a raison! Vous n'avez aucun lieu de vous plaindre de Proserpine... Mes caresses ont été si simples qu'elle en a été scandalisée.
Pluton.
Cela est-il possible?
Songez donc que je ne suis qu'une ombre. Mercure me l'a assuré. Les morts n'ont point de corps.
Pluton.
Dans quel embarras Mercure m'a-t-il jeté!
Mercure arrive en riant.
Oh! oh! Je viens d'apprendre une partie de vos mésaventures, et j'ay deviné l'autre. A quoy en êtes- vous avec Arlequin?
Nous sommes d'accord; mais si j'avois crû avoir mon corps...
Pluton.
Fort bien !
Je vous aurois rendu la pareille. Vous n'avez pas fait le personnage d'une ombre avec Violette.
Pluton.
Je jure par le Styx qu'elle t'a été fidèle, et qu'il y a eu plus de jeunesse et d'ambition que de malice dans ce qu'elle a fait.
Violette auroit résisté à un dieu ?
Pluton.
Rien n'est plus vray. Retourne auprès d'elle; Mercure te conduira où elle est. Jouissez d'un bonheur que je ne troubleray plus.
Partons promptement. Je brûle de revoir ma maîtresse. Adieu, seigneur Pluton; jusqu'au revoir. Belle Proserpine, en cas d'infidélité de la part de votre mary, Mercure vous dira où je demeure. Serviteur.