‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 46 sur 51 · Acte III, Seine VI · texte numérisé non relu

Acte III, Seine VI

Elle a raison! Vous n'avez aucun lieu de vous plaindre de Proserpine... Mes caresses ont été si simples qu'elle en a été scandalisée.

Pluton.

Cela est-il possible?

Songez donc que je ne suis qu'une ombre. Mercure me l'a assuré. Les morts n'ont point de corps.

Pluton.

Dans quel embarras Mercure m'a-t-il jeté!

Mercure arrive en riant.

Oh! oh! Je viens d'apprendre une partie de vos mésaventures, et j'ay deviné l'autre. A quoy en êtes- vous avec Arlequin?

Nous sommes d'accord; mais si j'avois crû avoir mon corps...

Pluton.

Fort bien !

Je vous aurois rendu la pareille. Vous n'avez pas fait le personnage d'une ombre avec Violette.

Pluton.

Je jure par le Styx qu'elle t'a été fidèle, et qu'il y a eu plus de jeunesse et d'ambition que de malice dans ce qu'elle a fait.

Violette auroit résisté à un dieu ?

Pluton.

Rien n'est plus vray. Retourne auprès d'elle; Mercure te conduira où elle est. Jouissez d'un bonheur que je ne troubleray plus.

Partons promptement. Je brûle de revoir ma maîtresse. Adieu, seigneur Pluton; jusqu'au revoir. Belle Proserpine, en cas d'infidélité de la part de votre mary, Mercure vous dira où je demeure. Serviteur.

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