‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 48 sur 51 · Acte III, Scène VII et dernière · texte numérisé non relu

Acte III, Scène VII et dernière

La peur vous fait parler. Je ne suis pas si chère que vous le dites, puisque vous m'avez préféré un aventurier.

Violette.

Ombre de mon amant, pardonne-moy la surprise que l'on m'a faite. A la nouvelle de ta mort, j'ay traité ton rival avec le dernier mépris.

Tu voudrois passer auprès de moy pour une vestale?

Violette.

Ah! tu m'outrages... Je feray les sermens...

Tarare ! si je ne sçavois à quoy m'en tenir. Mais m'aimes-tu encore ?

Violette.

De tout mon cœur.

Pour me le prouver, il faut m'épouser tout-àl'heure.

8o Arlequin-Pluton.

Violette.

T'épouser?

Sans balancer.

Violette.

Il y a un obstacle invincible.

Quel est-il ?

Violette.

Cela révolteroit toutes les femmes contre moy. Arlequin.

Il est vray qu'elles aiment moins l'esprit que le corps. Je veux être ton mary, ou je feray le diable à quatre.

Violette.

Je n'y puis consentir. Je mourrois à tout momoment de fraïeur.

Je vois bien ce qui te tient. Je ne suis pas si ombre que je le parois. Touche, pour voir...

Violette.

Oùy, vraiment, c'est luy-même.

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