‹ Arles gallo-romain: Saint-Trophime et MontmajourChapitre 59 sur 61 · LE CLOITRE DE · texte numérisé non relu

LE CLOITRE DE

main pour benir; quand il songe aux generations qui passent^ aux idees qui yieillissent, k Tabandon qui menace toute chose, k la solitude qui couvre de son voile uni forme les manifestations de I'activite la plus intense, Tid^ de la mort se pr^sente a lui avec une inexorable n^cessit^ qui lui enlSve de son horreur et lui communique presque de la douceur et du charme.

III. — Cbapelle de Sainte-Croix de Jirusalem. — Le plan cruciforme de cette cbapelle dont les bras de la croix sont terminus en culs-de-four, sa coupole surmont^e d'un campanile, son mode de decoration, la d^signent comme un des types les plus rares et les plus curieux de Tart byzantin dans nos pays.

EUe est de dimensions tres petites, et n'a que trois fenetres plac^es d'un meme c6t6 et prenant jour sur un cimeti^re dans lequel donne acc^s une porte laterale. C'etait, selon toute vraisemblajace, une cbapelle fun6raire, celle de Tabbaye de Montmajour, et on peut, en sa presence, se repr6senter par la pens6eiQS longues files de moines portant au lieu du repos le corps de leur frere d6funt. Le cercueil etait d^pos^ dans la cbapelle. Le pr^tre disait les pri^res des morts ; les religieux agenouill^s au dehors ^coutaient avec recueillement. La ceremonie termin^e, le corps 6tait transport^ dans un des nombreux sarcophages qui s'etageaient serr^s sur le flanc du coteau, creusfe dans le calcaire. Puis, la procession se refermait, et par la triple fen^tre ouverte sur le champ des morts, la lampe du sanctuaire projetait sa douce clart^.

Nous connaissons, par une charte et par une inscription du porche, la date exacte de la construction de la cbapelle de Sainte-Groix. Elle est de Tan 1019,

IV. — La Tour de difense. — Nous avons vu jusqu*ici, dans notre visite a Montmajour, les moines dans Texercice de

leur pi6ux ministere. La tour que nous avons sous les.y,eux correspond a la puissance leodale de leurs abbes ; c'est un des specimens les mieux conserves de Tarchitecture militairo du xiY® siecle.

Situee au sommet de la colline, dominant de sa hauteur de vingt metres son piedestal de rochers calcaires, et s'elevant bien au-dessus des constructions environnantes, la tour crenelee, avec son poste de guetteur, niiarquait la juridiction du seigneur abb6 sur la plaine des Baux et la protection que ses vassaux pouvaient attendre de lui. Avec ce donjon comme centre de ralliement, les defenseurs de Ja colline de Montmajour devaient avoir fi^re contenance^ lorsque les bandes de pillards defilaient dans la plaine, tournant du cot^ du nid d'aigle un re^rd inquiet.

La defense 6tait serieuse en effet; les solides murailles, a parements en bossage, ont brave TefFort de cinq si^cles. Quand on franchit la porte etroitc, surmontee d'un ornement en ogive, on se trouve dans une salle faiblement 6clairte, qui servait d'entrepot et de magasin. Au~dessous, une citerne solidement construite, recevait, grace kun ing6nieux syst^me, Teau des cloitres, qui ne se rendait dans les reservoirs ext6rieurs que lorsqu'ell%meme 6tait completement remplie.

G'est la egalement que se trouve la naissance de Tescalier tournant qui monte sur la terrasse superieure en passant par la salle des gardes. Celle-ci, de grande hauteur, avec une fenetre sur chacun de ses cotes, contenait les defenseurs de la tour qui n'etaient pas de service aux creneaux, et, en cas d'attaque, les fenetres ^troites pouvaient servir de meurtriires.

Mais c'est a la partie superieure de la tour, derriire les remparts, aupr^s des machicoulis, d'ou Ton jetait des boulets de pierre et de Thuile bouillante, c'est la que la defense s'exerQait le plus efficacement, alors que, protege par son pavilion de guet, le capitaine donnait ses ordres, explorant au loin la plaine.

V. — LeM eoDMirnctiona da XVII* cfdcie. — Ainsi que nous le disions ku d^but, elles ofirent un m^ocre tnt^t areh^logique, mais elles sont pittoresques, arec leurs grandes facades isol^, perches de fenfitres qui ^clairent des appartemeDtg disparus, avec ses larges mont^ d'escaliers qui aboutissent dans le Tide, avec leurs salles dod plafonndes, sttr le parquet desquelles I'herbepousse, dess^clite par I'ardeur du soleil, alors que dans une encoignure un figuier sauTage montre sa t^te verte et ses Iwancbes tourmentto.

II y a qu^ques annto, des moinea de I'ordre de Sainl- Benott sont de nouveau venus s'inataller dans Tantique iDOnastdre el ont essay^ de le ressusciter. Leur tentative n'a pas abwiti.

Montmajour avec ses ruioes restera comme le t^moignage indestruettble d'une ^poque qui, pour itre disparue, ne bisse pas d'^voquer de grands et poetiques souvenirs.

TABLE DES MATlfeRES

Introdvctira ffistorique.

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