COMMANDANT LA 5" DIVISION MILITAIRE
Grand-officier de l'ordre de la Légion d'honneur»
Grand cordon de l'ordre de Saint-Michel de Bavière,
Commandeur de Tordre de Saint-Maurice et Saint-Lazare de Piémont»
Ancien commandant supérieur de la subdivision de Médéab, Ancien Gouverneur général de TAlgérie par intérim,
HommagR de mon respect, de ma reconnaissance et de mon dé\ouement,
Le Général J.-L. GARBUGGIA,
Chargé ft Médéab, comme Chef de Bataillon au 33* de ligne, de PorganisatioD et du eommaudement du corp» des Dromadairei.
Lors de rexpédition de 1798, on organisa en Egypte un service de dromadaires qui fut très-utile, selon les rapports officiels de Tépoque. — Mais il n'en reste plus que le souvenir, et les archives mêmes du Gouvernement ne renferment , à ce sujets aucun détail ni aucun renseignement profitable.
Depuis notre conquête d'Afrique, on s'est souvent préoccupé des avantages qu'on pourrait obtenir de l'emploi du dromadaire, soit comme animal de guerre, soit comme bêle de somme.— En 1843, je fus chargé, sous la direction de M. le général Marey-Monge, par l'illustre maréchal Bugeaud, duc d'Isly, de glorieuse et regrettable mémoire, de procéder à une organisation de dromadaires en Algérie. — Je constatai les résultais de cette expérience dans une suite de rapports circonstanciés.
Cependant, le chef de l'armée d'Afrique renonça à
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poursuivre une organisation définitive^ et je crois pouvoir affirmer qu'il le regretta vivement, lorsqu'il eut pris une connaissance détaillée de mes rapports. — Cet ajournement, du reste, n'a inûrmé en rien la certitude des faits acquis; loin de là, car, depuis cette époque, on a vu constamment donner aux colonnes qui ont manœuvré dans le Sahara un équipage de dromadaires pour le service de Tinfanterie, des am^ bulances et des arrière-gardes, sans qu'il en soit résulté aucune difficulté.
Enfin, on est en droit de dire que l'attention de tous les hommes qui s'occupent particulièrement de la situation piilitaire de l'Algérie, s'est fixée chaque jour davantage sur l'utilité de l'emploi du dromadaire- Parmi les opinions favorables que je pourrais citer, Je me bornerai à reproduire, ici, celle de deux écrivains militaires dont, certes, on ne contestera pas la compétence, MM. les généraux Oudinot et Yusuf qui se sont,^ on le verra» prononcés d'une manière décisive à cet égard.
M. le général Oudinot, dans sa brochure intitulée, De la Question chevaline en Afriquej s'exprime ainsi .•
« Le dromadaire (appelé par les Arabes du nom générique djimel), rend aussi des services importants et qui sont susceptibles d'acquérir encore plus d'extension.
«i Si Von consulte des faits historiques contemporaine, op voit qu'en 1198, après l^ révolte du Caire, Bonaparte con^tirtua un corps de dromadaires qui , composé d'abord de IQO animaux, fut successivement porté jusqu'à 700. — Deux fantassins placés dos à dos montaient le même droffladaire^ dont
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b sdle s§ isrouvaU pl^é^ aurdessus de |f^ hQS^e, D était coQr duit au moym d'un Ucol garni d'une ntusçrolle ave^ des rêne3^ et lorsque les hommes mettaient pied ai t^^a ilS ipenai^nt l'ftgii^al au piqy^u d'un« r^ne fixée 4^u^ uoç nsirinÇi pon^me n'est i'visag^ dans foute l'Egypte^ . . , ^ • « , . ,
6 Depuis l^ conquête de TAlgérie, dep convois de droma-î daires (mt oonsjtaïun^ent fait partie de qos colonnes ^:^pe^d|^ tionnaires, lorsqu'elles opéraient ver$i le ?ud. Mais ces anir maux^ mis eu réquisition ou loué^ de | ftpr ^ à 4 fr. par îq^Tj^ étaient conduits exolusiyem^nt par de^ iudigènes et seuiWaieut ne pouvoir être utilisés que pour les tr^insports du n^atéripl.
il En 1843^ Mt le gouverneur général, tant pour se soustraire h )a dépendance des conducteurs arabes, que pour bien se rendre compte du parti qu'on pourrait tirer d'animaux, trois fois plus nombreux, eu Algérie, que les mulets, eut la pensée d'organiser un équipage de dromadaires soumis à des rè-^ gles d'administration et de discipline. Il confia l'application de cette pensée à M, le général Marey, dont le dévouement aux intérêts de l'Algérie est aussi éclairé que persévérant.
« Cet officier général fit choix, pour diriger les expériences, de M. le chef de bataillon , aujourd'hui lieutenant-eolonel , Carbuccia.
* « Bientôt le^ essais prouvèrent que les soldats de bonne volonté ^'étaient pas moins aptes que les Arabes à conduire et à soulaettre le dropiadair^ assujetti au transport des bagages. Il fut même démontré à tous le^ esprits impartiaux que les fantassins de l'armée d'Afrique, comme leurs devanciers de l'armée 4'Égypte, sauraient, à l'occasion, monter le dromadaire dan» de.^ circonstances données. Cependant, il faut le reconnaître^ malgré le pÉle iufatigaUie et }a haute intelUgenqe du commandant Carbuccia, les expériences faites pendant l'expédition du PjebelrSaJiri ne doiuièrent» point de résultats concluauts. Mai^ ai l'on y perdit un assex graftd nombre çle dromadaires, si, l-éprenve ue fut pap eftljèr^ffiept sati^ai^ante; il faut l'attribuer aux préventions des militaires 4^ Ifegp^ j^u§ Ifs j^ra-
des pour le service de chameliers^ et aux obstacles suscités par les Arabes qui ont intérêt à se réserver le monopole de la conduite des dromadaires.
« Toutefois^ de nouvelles épreuves devaient être faites et ne se firent pas attendre. L'année suivante^ dans l'expédition de Lagouath^ si habilement dirigée par M. le général Marey^ un nouveau convoi de chameaux fut confié à la direction du commandant Garbuccia. Cette foisy il fut prouvé par des faits irrécusables, qu'avec de la persévérance et de Vénergicy Vadminis-tration française pourrait, sans le secours des indigènes^ tirer un grand parti du dromadaire, surtout dans les pays sablonneux et peu accidentés.
(I M. Garbuccia^ dont les convictions à cet égard sont aussi consciencieuses que profondes^ a fait sur la question un remarquable travail, qui mérite Taltenlion de l'autorité supérieure, et qui conclut à la formation d'un corps spécial de chameliers. »
Voici, maintenant, ce que M. le général Tusuf, dsiDS sa brochure : De la guerre en Afrique, dit de l'emploi du dromadaire :
« On a beaucoup critiqué le système du colonel Garbuccia, qui consistait à employer les chameaux comme moyen de transport dans une colonne. Pour moi, ce n'est qu'à l'aide de ce moyen que j'ai pu tenir si longtemps la campagne en toutes saisons, ménager mes soldats, et, au moment opportun, réclamer le concours de toutes leurs forces. Si ce système n'a pas réussi dans les autres colonnes, je ne sais à quoi attribuer cet insuccès; mais personnellement, j'en ai toujours obtenu les meilleurs résultats. Au surplus, il n'est pas nouveau, car, lors de la campagne de Syrie, le général Bonaparte, avec près de quinze mille hommes, n'employa pas d'autres moyens de transport, pour franchir le désert du Gaire à Saint-Jean-d'Acre.
« Voici, d'après ma propre expérience, le meilleur mode de s'en servir utilement : »
M. le général Yusufi après avoir donné quelques détails sur le mode d'organisation des dromadaires attachés à sa colonne d'expédition, poursuit ainsi :
« En agissant ainsi, on verra que les chameaux rendront à l'armée d'immenses services ; c'est, en effet, le seul moyen de tenir une longue campagne, attendu qu'ils ofi^ent le seul mode de transport possible. En employant les mulets, il faut commencer par les charger de leurs propres vivres, qui sont déjà un lourd fardeau, tandis qu'il n'y a pas à s'occuper des vivres du chameau, qui se nourrit partout en marchant. N'avons-nous pas été souvent dans l'impossibilité de faire une longue campagne, par le peu de facilité que nous avions de nous procurer des moyens de transport, sans compter les sommes énormes qu'ils coûtaient à l'État? Par l'emploi des chameaux, deux problèmes se trouvent résolus : le premier, c'est d'avoir une colonne très-allégée, parfaitement mobile, peu fatiguée, et dès lors pouvant faire une longue campagne en toutes saisons ; le second, c'est que ce mode de transport est peu dispendieux.
« Que Ton ne m'objecte pas que les montagnes sont impraticables pour les chameaux ; dans les montagnes, on ne fait jamais une expédition de longue durée, mais seulement une course 5 quinze jours au plus y sont employés, puis Ion vient rejoindre le gros de la tolonne ; j'ajouterai même que, pendant la belle saison, les chameaux ne m'ont pas failli
dans certaines montagnes. »
J'ajouterai qu'au-dessus de ces considérations toutes spéciales, la question des dromadaires a une importance supérieure au point de vue de l'affermisse-
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mèflt dé hdtfe côlôliîe d'Afrîcjtie- ^ Atljoiird'huî , le point capital pour notre domination est le sud de FAlgérie; c'est de là seulement que viendront les insurrections futures, et pour les comprimer rapidement ou les prévenir, l'organisation d'un service de dromadaires est indispensable, comme je crois l'avoir établi dans le cours de mon travail.
Telles sont les considérations qui m'otit déterminé à publier le résultat des expériences que j'ai été appelé à conduire, et j'espère^ en le faisant^ du moins t'est là mon but principal^ être eticore utile à cette brave armée d'Afrique, dont j'ai eti l'honneut* de partager pendant vingt ans les travaux patriotiques et les fatigues.
Je ne terminerai pas ces quelques observationê sians adresser tous toes feriiërcîémènts à l'illustré M. Jomard, de institut d*Égypté, qui a bien voûltii compléter cette brochure par un travail d*un haut intérêt, et que recommande trop bien le nom dti savant conservateur de la Bibliothèqtië Itnpériïite^ pôiir qUè j'âië besôib d'y âppëlôr rattëhtiott des Lecteurs*
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ARMÉE D*AL6ÉRIE.
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