TU-PE-TU
Il est, dans la vieille Armorique, Un saint — des saints le plus pointu Pointu comme un clocher gothique Et comme son nom : TUPETU.
Son petit clocheton de pierre Semble prêt à changer de bout. ..
Il lui tant, pour tenir debout, Beaueonp de foi... beaucoup de lierre...
Et, «lans sa chapelle ouverte, entre - Tête on pieds — tout franc Breton Pour lui tater l'œuf dans le ventre, L'œuf du destin : C'est oui ? — c'est non ?.
— Plus fort que Sainte Cunégonde — Ou Cueugnan de Qullbignon...
Petit prophète an pauvre monde, Saint de la veine ou du guignon,
Il tient sa lloulette-de-chaiice Qu'il vous fait aller pour cinq sous; Ça «lit, bien mieux qu'une balance, Si l'on est dessus ou dessous.
C'est la roulette sans pareille, El les grelots qui sont parmi Vont, là-haut, chatouiller l'oreille Du coquin de Sort endormi.
Sonnette de la Providence, Et serinette du Destin ; Carillon faux, mais argentin; Grelottière de l'Espérance. . .
Tu-pe-tu ! — D'un bord ou de l'autre ! Tïi-pe-tu ! — Banco. — Quitte ou tout ! Juye de paix sans patenôtre. . .
TLPETU, saint valet d'atout !
Tu-pe-tu ! — Pas de milieu ! . . .
TLPETU, sorcier à musique, Croupier du tourniquet mystique Pour les macarons du Bon-Dieu ! . . .
Médecin héroïque, il pousse Le mourant à sauter le pas :
Soit dans la vie à la rescousse. . .
Soit, à pieds joints, en plein trépas :
— Tu-pe-tu ! cheval couronné !
— Tu-pe-tu ! qu'on saule ou qu'on butte !
— Tu-pe-tu ! vieillard obstiné ! . . .
Au bout du fossé la culbute !
2ÎJ
TUPETL', saint tout juste honnête, Petit Janus chair et poisson !
Saint confesseur à double tête, Saint confesseur à double fond ! . . .
— Pile-ou-face de la vertu, Ambigu patron des pucelles Qui viennent t'offrir des chandelles, Jésuite ! tu dis : Tu-pe-tu !