‹ Armorial de FranceChapitre 2 sur 38 · Article 4i · texte numérisé non relu

Article 4i

[[. J.-Th. de Raadt, Sceaux armoriés des Pays-Bas, t. II, p. 347.

5. On ne connaît pas la date exacte de la nomination du connétable de Nesle: elle n'est pas postérieure au mois d'août 1286 {Recueil des historiens de France, t. XX, p. 534 ; t. XXI, p. 6, loi ; t. XXIII, p. toi).

Martin, etc. Il donne les noms de quelques seigneurs qui, deux ans plus tard, furent tués à la bataille de Mons-en-Pevele, comme le comte d'Auxerre, Anseau de Chevreuse, le Brun de Vernoil, Hugues de Bouville. En outre, il mentionne beaucoup d'autres chevaliers connus pour avoir porté les armes au service du roi, en Aragon, en Guyenne et en Flandre, entre 1286 et i3o4^.

Il semble donc que l'armoriai ait été rédigé au temps où le connétable de France était Raoul de Nesle, c'est-à-dire entre 1286 et i3o2. A lire quelques mentions, nous serions portés à réduire l'espace de dix-sept ans qui sépare ces deux dates. Nous trouvons, dans le recueil, les noms de Simon de Lalaing et de Gobert de Montchablon qui moururent en i3oo, — celui de Mathieu de Villebéon qui ne vivait plus en cette année, — celui de Pierre de Machaut, décédé avant le mois de novembre 1299, — celui de Bouchard de Marly, mort en 1298.

11 est donc probable que le recueil a été formé entre les années 1285 et 1298. C'est probable; ce n'est pas certain. L'ouvrage que nous étudions n'a pas été fait en un jour. L'auteur a pu rassembler des armoiries recueillies peu à peu, au cours de plusieurs années.. Il a pu, en mettant la dernière main à son travail, inscrire les noms et les blasons de personnages qui ne vivaient plus alors, soit qu'il ait ignoré leur décès, soit que, le connaissant, il n'ait pas jugé à propos de sacrifier certaines des notes héraldiques qu'il avait prises antérieurement.

Une autre considération m'empêche d'être aussi affirmatif que je le voudrais, quant à la date de l'armoriaL Je n'ai pas su déterminer exactement la personnalité de tous les individus mentionnés dans ce recueil. La biographie de quelques-uns de ceux qui me sont inconnus, ou insuffisamment connus, fournirait peut-être des indications chronologiques qui ne concorderaient pas avec celles

I. Tels sont : Foucaud du Merle, qui fut marcclial de France, Matliieu de Trie, Uenaud de Dammartin, Jean do Maignelay, Jean de Ileilly, Cautier d'Autrèclies, Adam du Cardonnoy, Jean et Gilles do Ilaverskerque, Knguerrand de Bailleul, Jean do Charny, Jacques de liayon, GeoIVroi de Vendôme, Jean de Courtenay, Hugues de liaussay, Renaud de Pressigny, Briand de Montejean, (iui et Hugues de Thouars, Pierre d'Amboisc, Cui de Chemillé, Adam de liruyères, Pierre de Préaux, Jean de Rouvray, Pierre de Corneuil, Yen de (iarcncières, Jean d'Harcourt, Hervé de Léon, Richard de la Roche, Thihaud do Rochefort, Jean do Reaumanoir, Pierre de Rostrenou.

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que j'ai relevées ^. Toutefois, j'ai réuni des éléments de datation assez nombreux pour qu'il paraisse peu vraisemblable que l'armoriai ait été composé à une autre époque que le règne de Philippe le Bel. C'est le plus ancien des armoriaux de France aujourd'hui connus 2.

Malgré les libertés que Jules Chifïlet a prises avec le texte qu'il transcrivait, il a laissé subsister, dans sa copie, quelques formes dialectales qui permettent de croire que l'auteur du recueil était un Picard 3.

Max Prinet.

1. Il n'est pas impossible que le texte ait subi des interpolations.

2. Le plus ancien des armoriaux de France imprimés est celui qu'ont public Gabriel du Moulin, dans son Histoire géjérale de Normandie, en i63i, et Douët d'Arcq, dans le Cabinet historique, en 1809 et 1860. Je crois avoir démontré qu'il a été composé sous le règne de Charles V {Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 191 5, p. 171-183).

3. Auchoire, Monmoranchi, Ansiaus, camberlains, escachon,fiex, gheules, lambiaus, etc.

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