LIBRAIRIE HÉRALDIQUE DE J.-B. DUMOULIN
l3, QUAI DES AUGUSTINS
L'évêque de Beau vais était pair de France, seigneur temporel de cette ville avec le titre de comte et vidame de Gerberoy.
Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit, de l'origine de la pairie et du rang des pairs de France, en parlant des évêques de Laon, et nous citerons seulement les faits particuliers qui se rapportent au comté de Beauvais.
Le comté de Beauvais, qui appartenait à Eudes, comte de Blois et de Chartres, fut échangé par ce prince à son frère Roger de Blois évêque de Beauvais, contre celui de Sancerre-en-Berry, en 1013 ; et Roger, qui ne l'avait d'abord qu'en usufruit, en acquit la propriété perpétuelle et en disposa de suite en faveur de son église. Cette donation fut approuvée en 1015 par le roi Robert.
La seigneurie de Gerberoy, qui faisait aussi partie du domaine de l'Église de Beauvais, avait d'abord été concédée par l'évêque Roger, à des seigneurs de la maison de ce nom, avoués ou vidâmes de l'Église. Mais, après de longues discussions entre les prélats et les vidâmes, Robert de Cressonsart la reprit des mains de Jean de Crévecœur, qu'il dé-
1 M. Voilletnier donne à cet évêque les armes de Champagne, mais cette indication nous semble un peu arbitrant- puisqu'il n'y a pas de blasons connus à cette époque et que le plus ancien sceau armorié des comtes de Champagne ne remonte qu'à 1180. (V. Inventaire des Sceaux, n° 568.)
6 ARMORIA L MB ÉVÊQUES DE BEAUVAIS.
dommagea en lui faisant une rente. Les évêques prirent alors le titre de seigneurs de Gerberoy, et y joignirent a tort celui de vidâmes ; « car, dit l'Oysel, la charge de vidanie étant estainte et le vidamé faict le propre domaine des évesques, ils ne sont plus vidâmes, ny vicaires ou lieutenans d'euxmesmes, ains vrais seigneurs de Gerberoy. » (P. 159.)
L'évêque de Beauvais a été ordinairement considéré comme premier comte ecclésiastique. Au sacre des rois, il accompagnait le souverain pendant toute la cérémonie, avec l'évêque de Laon, et portait la cotte d'armes ou le manteau royal.
En le représentant, on a souvent donné h l'évêque de Beauvais un costume militaire sous son surplis, et l'Oysel pensait que cet usage était un souvenir des habitudes militaires de Philippe de Dreux ou une allusion aux fonctions de l'évêque au sacre; mais dans les vitraux d'Evreux, les pairs ecclésiastiques, représentés au sacre de Louis XI, portent tous une armure sous leur chappe, comme signe sans doute de leur pouvoir temporel. (V. Hisl. de France, de Bordier et Charton.)
Les armes de l'évêché de Beauvais étaient d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre clefs de même 1 . Quelques auteurs ont expliqué l'absence de fleurs de lys sur cet écusson (tandis qu'il s'en trouve, sur ceux de toutes les autres pairies ecclésiastiques), par le motif que cette pairie a été fondée avec le patrimoine d'un particulier et non aux dépens du roi. Les armes de l'évêché se retrouvent sur les sceaux et contre-sceaux de plusieurs évêques de Beauvais, et le premier qui les a portées est Milon de Châtillon-Nanteuil. (1222.)
« Arm. du XV e siècle, publiés par M. D. d'Arcq. Revue archéol., t. xv ; ▼itr. d'Évreux ; P. Ans et autres.
Ail WOFl I W. DES ÉVÊQUES DE BBAUVAIS. 7
Les évêques ont quelquefois réuni aux armes de l'évêché, celles de Gerberoy, de gueules à trois gerbes d'argent. (Pillet.)
Le chapitre portait les mêmes armes, mais avec les émaux .renversés. De gueules à la croix d'or, cantonnée de quatre clefs de même; et c'est ce qui a induit en erreur M. de Beauvillé, quand en décrivant un dénombrement du diocèse en 1522, il a cru les rectifier. {Intr. aux doc. inéd., p. xvil.)
Quelques évêques de Beauvais ont usé du droit de monnoyage, et on rencontre un assez grand nombre de variétés de leurs monnaies, depuis Hervé jusqu'à Philippe de Dreux (986-1217). Nous renvoyons pour la description des pièces frappées par ces prélats au travail de M. Voillemier, inséré dans le t. III des Mém. de la Soc. acad. de l'Oise; à la notice sur une découverte de monnaies des évêques de Beauvais, publiée par M. Ponthieu, dans le t. iv de la même collection, et aux ouvrages sur la numismatique féodale de MM. de Longpérier, A. de Barthélémy et Poey d'Avant.
L'histoire des évêques de Beauvais a été traitée dans un certain nombre d'ouvrages auxquels nous avons fait de fréquents emprunts et parmi lesquels nous citerons les Gallia Christiana, de Sainte-Marthe et des Bénédictins; les Mémoires du pays de Beauvaisis, de l'Oysel (161 7) ; les Antiquités de Beauvais, deLouvet, et sa Noblesse beauvaisine (1635 et 1640); le Supplément à V Histoire du Beauvaisis, de Simon (1704); Y Histoire de Gerberoy, de Pillet; celle des Grands officiers de la Couronne, du P. Anselme, et YHistoire fort complète du Diocèse de Beauvais, de l'abbé Delettre (3 vol. in-8, 1842).
Nous désignons ainsi les auteurs que nous citons comme sources des blasons, à défaut de monuments originaux : SM, Sainte-Marthe; P. Ans., le Père Anselme; Gaign., Gaignières (Mss. 165, à la Bibliothèque impériale, qui renferme
ARMOÏllAL DES ÉVÉQUES DE BEA OYAIS.
les dessins des tombeaux de quelques évêques de Beauvais), et D. l'abbé Delettre.
Philippe de Dreux, fils de Robert de France, comte de Dreux et d'Agnès de Braîne, fut élu en 1175 et sacré en 1 180. Nommé à l'archevêché de Reiras en 1204, son élection fut annulée h cause, dit Duchesne, de son mage des armes et de la guerre. Mort en 1217, enterré à la cathédrale de Beauvais. Le dessin de son tombeau a été publié d'après Gaignières, par M. Prioux, dans sa monographie de Saint- Yved de Braîne.
Echiqueté d'or et d'azur, à la bordure de gueules. (SM, P. Ans., D.). D'après M. Prioux, qui ne dit point sur quoi il fonde cette opinion, ces armes auraient été prises par Robert en 1 1 84, et seraient celles de sa femme, l'usage ne permettant pas aux fils de France de porter des fleurs de lys.
On connaît deux sceaux de Philippe de Dreux, l'un de 1176, gravé dans le t. IV du Nouveau Traité de diplomatique des Bénédictins, est antérieur à son sacre. L'évêque y est assis devant un pupître et tenant une palme ; la légende à
demi-effacée porte ....BELVACENSIS ELECTl L'autre dessiné
dans Gaignières et gravé dans les éléments de paléographie de M. de Wailly (pl. P, n° 9), représente Philippe debout, la mitre en tête, tenant sa crosse d'une main et de l'autre donnaut la bénédiction. Le contre-sceau était une pierre antique représentant un homme à cheval.
Milon de Chatillon-Nanteuil, fils de Gaucher de Chatillon et d'Helvide dame de Nanteuil-la-Fosse ; élu en 1217, mort le 6 septembre 1 234 à Camerino, et inhumé à la Basse- Œuvre, à Beauvais.
De gueules à trois pals de vair, au chef d'or chargé à dextre d'un lion passant de gueules. (SM, P. Ans., D.).
ARMORJAL DES ÉVÊQUBS DE BEAUVAIS. 9
Pillet lui donne à tort les armes de sa mère (de gueules semé de fleurs de lys d'or).
La collection sigillographique des Archives de l'Empire renferme deux sceaux de ce prélat, l'un (n* 6,512), le représente debout, crossé, mitré et bénissant, dans le champ les lettres A. Q. et autour la légende : fsiGILL : MILONIS : BELVA- CENSIS : EPISCOPI. L'autre (n° 6,513), semble pareil, mais il est très-abîmé et la légende est enlevée. Le contre-sceau (n° 6,512 bis), porte les armes de l'évêché à la croix cantonnée de quatre clefs et la légende : f CRVX DNI CLAVES PETRI.
Geofroy de Clermonl Nesle, fils de Raoul de Clermont, connétable de France et de Gertrude, dame de Nesle; consacré à Noël 1234, et mort en août 1236.
De gueules à deux bars adossés d'or, semé de trèfles de même. (SM, P. Ans., D.).
Robert de Cressonsacq, ou Cressonsart, fils de Dreux de Cressonsacq et d'Agnès de Mauvoisin ; élu en août 1237, mort dans l'île de Chypre en octobre 1248.
De vair, au lion de gueules, couronné, armé et lampassé d'or, brochant sur le tout. (SM, P. Ans., D.). Mais d'après Lainé (Revue de la salle des Croisades), cette famille n'a pris le lion en champ de vair qu'en 1320, et antérieurement elle portait échiqueté au chef de vair de deux tires (V. Cart. d'Ourscamp, fol. 132, 133 et 137).
Son sceau (n° 6,514 des Arch.), le représente debout,
mitré, crossé et bénissant, avec lalégende: sigi.... M ROBE
EL... CENSIS EPISCOPI. — Contre-sceau : f CRVX. DNI. CLAVES. PETRI.; armes de l'évêché.
Guillaume de Grez ou de Grès, fils de Jean de Corbeil, sei-
10 ARMOMAL DES ÉVÉQUES DE BEAUVAIS.
gneur de Grez-en-Bric ; élu en 1249 ou 1254, mort le 22 février 1267 à Paris, et enterré dans sa cathédrale.
D'or au dragon volant de sinople larapassé de gueules. (P. Ans., D.). Un sceau de Jean de Grès, son frère, porte aussi un dragon. (Arcb. imp., J. 410, n° 15.) Mais aux angles de son tombeau, reproduit par Gaignières, sont des écussons partis de France et de Castille, et Pillet lui donne ces armes. D'après M. Delettre, d'autres lui auraient donné d'argent au poisson de gueules posé en pal, à la queue lissante (sic) de sinople.
Renaud de Nanteuil, fils de Philippe, seigneur de Nanteuil-le-lluudouin et d Adeline ; élu en 1267, mort le 27 septembre 1283, et enterré dans sa cathédrale.
De gueules à six fleurs de lys d'or, posées 3, 2 et 1. (SM, P. Ans., D.). Son tombeau, dessiné dans Gaignières, ne porte que les armes de l'évéché.
Thibaud de Santheuil, fils de Philippe de Nantheuil, dit le Jeune, et d'Isabeau; élu en 1283, mort le 20 décembre 1300, et enterré dans la cathédrale.
Portait comme son oncle Renaud, qui précède.
Simon de Clermont Nesle, fils de Simon de Clermont, seigneur de Nesle et d'Alix de Montfort; transféré de l'évéché de Noyon à celui de Beauvais en 1301, mort en 1512.
Mêmes armes que Geoffroy, son oncle. (P. Ans., D.). Son sceau (n° 6,515, Arch. imp.) le représente debout et bénissant ; le champ est semé de clefs et on ne lit plus que ces mots : EPIS... BELV.... Le contre-sceau porte Vécu à la croix cantonnée de quatre clefs, et la légende : ...NTRAS. EPI. BEL- VACEN.
Jean de Marigny, fils de Philippe de Marigny, seigneur d'Ecouis; nommé par le Pape en 1312, promu à l'archevêché de Rouen en 1349, mort le 26 décembre 1351, et enterré à Ecouis-en-Vexin.
D'azur à deux fasces d'argent (verrières de la cathédrale, Duchesne, P. Ans., D.). D'après les manuscrits de Tarbé et Rousseau sur Sens, son frère Philippe aurait porté de gueules à deux fasces d'or.
Son sceau (n° 6,516, Arch. imp.) le représente crosse
mitré et bénissant, avec l'écu à deux fasces, celui de l'é-
vêché et la légende : S. JOHANNIS. DEI GRAT1A EPISCOPI BEL- VACENSIS.
Guillaume Bertran, fils de Robert Bertran, baron de Briquebec et d'Alix de Nesle. Il avait été évêque de Noyon et de Bayeux et fut nommé par le Pape en 1547. Mort le 19 mai 1356 et enterré dans le chœur de la cathédrale.
D'or au lion de sinople, armé et lampassé de gueules. (SM, P. Ans., D. et tombeau dessiné dans Gaignières.) Ses armes sont écartelées de celles de sa mère dans Pillet, et dans un manuscrit de la Chambre des Comptes d'après M. Delettre.
Son contre-sceau (n° 6,517, Arch. imp.) porte les armes de l'évêché dans un encadrement gothique, et ces mots : ...ICILL. PARVV. G
Philippe d'Alençon, fils de Charles II, comte d'Alencon et de Marie d'Espagne de Lacerda, né vers 1539, nommé en 1356, élu en 1560 à l'archevêché de Rouen; il mourut à Rome, doyen des cardinaux en 1597 et fut inhumé à Sainte- Marie, au-delà du Tibre, à Rome.
D'azur semé de fleurs de lys d'or, à la bordure de gueules
chargée de huit besants d'argent. (Pillet, P. Ans.). Delettre lui donne à tort une bordure d'azur.
Jean de Dormans, nommé par Innocent VI en 1360, après avoir exercé les fonctions épiscopales sous son prédécesseur qui était trop jeune pour pouvoir être sacré. Nommé en 1368 cardinal, et moitié 17 novembre 1373. Enterré dans l'église des Chartreux de Paris.
D'azur à trois mufles de léopard d'or, lampassés de gueules. (SM, Pillet, P. Ans., Duchesne.) M. Delettre indique par erreur les mufles de gueules, et il cite cet autre écusson tout différent d'après de Nully et un missel de J. de Dormans ; d'azur à la bande d'or chargée de six cédilles (sic) de sable, accompagnée de deux croix recroisetées d'or, chargé en cœur d'un écu d'azur à trois têtes de léopard d'or. Deux sceaux de ce prélat (n° 6,518 et 6,519) portent: le premier, son effigie en costume épiscopal sous un portique, ayant à dextre l'écu de l'évêché, et à senestre l'écu de ses armes à trois mufles de léopard, brisé en chef d'un lambel à trois pendants. La légende porte : S. JOHIS. D. GRACIA. EPI. BELVACENSIS ; le second représente la Vierge sous un portique et porte deux écussons, l'un chargé d'un dauphin, l'autre aux armes de Dormans brisées aussi d'un lambel.
Jean Daugeranl ou d'Augerant, fils d'Hugues Daugerant, avait été élu évôque de Chartres et parvint au siège de Beauvais par la démission de Jean de Dormans en 1368. 11 mourut à Paris, le 24 janvier 1375 et fut enterré à sa cathédrale de Beau vais.
D'or au lion d'azur, armé et lampassé de gueules, au lambel de trois pendants d'argent brochant sur le tout. (SM, P. Ans., D.). Pillet donne le lion de sinople. L'écu au lion chargé d'un lambel se trouve sur son tombeau, et il y en a
ARMOHIAL DES ÉVEQUBS DE lit AL" VAIS .
un second, chargé d'une fasce qui est sans doute celui de sa mère. (Gaignières.)
Milon de Donnant, fils de Guillaume, chancelier de France, et de Jeanne Bauhe. Il avait été évêque d'Angers et de Bayeux, et fut nommé pur le Pape en février 1375. De 4380 à 1383, il fut chancelier de France, et étant mort à Montlhery, le 13 août 1387, il fut enterré à Paris au collège des Dormans.
Duchesne, SM, le P. Ans. et D. lui donnent les mêmes armes qu'à son oncle; mais Pillet charge cet écusson d'un écu d'or au dauphin de gueules, et le brise en outre d'un lambel aussi d'or, réunissant ainsi les deux écussons qui sont sur le sceau de Jean (n° 6,519).
Un sceau de Milon dessiné dans Gaignières, représente la Vierge entre deux saints, ayant à ses pieds l'évêque agenouillé entre deux écussons, l'un aux armes de l'évêché, l'autre aux trois mufles de léopard, et la légende : s. MILEI. DEI. CRAT1A. EPISCOPI. BELVACEN...S.
Guillaume de Vienne, fils de Guillaume de Vienne et de Claude dame de Chaudenay ; il fut transféré par le Pape de l'évêché d'Autunen 1387, et appelé en 1388 à l'archevêché de Rouen. Mort en 1407, enterré à l'abbaye de Saint- Seine.
De gueules à l'aigle d'or (P. Ans.). Delettre ajoute à tort éployée. Son sceau chargé d'un aigle se trouve aux archives de la Seine-Inférieure, d'après l'arm. des Arch. de Rouen de Thieury.
Thomas d'Estouteville, fils de Jean d'Estouteville, seigneur de Torcy, et de Jeanne de Fiennc. Nommé par bulle de mars 1388, il mourut en 1394, et fut enterré à la cathédrale.
14 ARMORIÂL DES ÉVÊQUES DE BBAUVAIS.
Burelé d'argent et de gueules de dix pièces, aulionmorné de sable brochant sur le tout. (SM, P. Ans., D.). Sur son tombeau (Gaignières), le burelé de ses armes n'est que de huit pièces.
Louis d'Orléans, fils naturel de Philippe de France, duc d'Orléans, alors marié. Il était évêque de Poitiers, quand il fut nommé par Benoît XIII eu 1395 ; il mourut à Jérusalem en avril 1396, et fut enterré à Paris en janvier 1397.
D'azur à trois fleurs de lys d'or, au lambel componé d'argent et de gueules de trois pendants, à la barre d'argent sur le tout. (P. Ans.). Sainte-Marthe et Simon, qui lui donnent de France au lambel d'argent, et Delettre qui y ajoute une bande du même se trompent, parce que Louis d'Orléans devait comme bâtard porter une barre.
Pierre de Savoisy, fils de Philippe de Savoisy, chambellan d'Isabeau de Bavière et de Marie de Duisy, nommé en février 1398, étant évêque du Mans, mort à Paris le 15 septembre 1412 et enterré dans sa cathédrale.
D'or à trois chevrons de gueules à la bordure engrelée de même. (SM, P. Ans., D., Duchesne.) Sur un sceau décrit par Baluze et sur son tombeau dans Gaignières, cet écu est écartelé de celui de l'évêché. Un autre sceau (n° 6,520, Arch. imp.) porte l'effigie de saint Pierre sous un portique, mais la légende manque.
Renaud de Chartres, doyen de Beauvais, ne prit pas possession parce qu'il fut élu archevêque de Reims.
D'argent à deux fasces de gueules. (Duchesne, P. Ans.).
Bernard de Chevenon, évêque de Lavaur, d'Agen, de
ABMORIÂL DES EVÉQUES DE BBAUVA1S. 15
Saintes, puis d'Amiens, transféré à Beauvais en 1413, mort en février 1420.
D'argent à la face de gueules accompagée de trois quintefeuilles de même, 2 et 1, et d'un cœur d'azur en pointe. (SM, P. Ans., D.). Le P. Daire et de Sachy, suppriment le cœur et mettent la fasce d'azur ; et l'écusson peint dans la sacristie de Lavaur porte de sinople à la face d'or, accompagnée de trois hastes d'argent, la pointe en bas.
Eustache de Laislre, chanoine de Beauvais, dont on ne connaît pas la famille, chancelier de France, élu éveque de Beauvais et mort sans avoir pris possession en juin 1420.
D'or à la bande engrelée de gueules. (Duchesne, P. Ans.)
Pierre Cauchon, fils de Remi Cauchon et de Rose Gibours ; nommé par le Pape en 1420, transféré à Lisieux en 1432, par la faveur du roi d'Angleterre, et mort vers 1442.
De gueules au griffon d'or. (Nobl. de Champagne, P. Ans., D.). D'azur à une fasce d'argent (alias un chevron), accompagnée de trois coquilles d'or. (SM, Pillet, P. Ans., et chasuble longtemps conservée à Beauvais, d'après Delettre.)
Jean Juvenal ou Jouvenel des Ursins, fils de Jean Jouvenel des Ursins, prévôt des marchands, et de Michelle de Vitry, fut sacré à Rome, le 24 mars 1433, transféré àLaon en 1444 et à Reims en 1449, mort en 1473.
Bandé d'argent et de gueules de six pièces, au chef d'argent chargé d'une rose de gueules et soutenu d'or. (SM, P. Ans., D. et tableau n° 651, Ecole françaiscau Louvre.)
Guillaume de Hellande, fils de Robin de Hellande, écuyer, et de Jeanne de Montmorency-Beaussalt ; élu le 13 avril H i t, mort le 3 avril 1402, et enterré à la cathédrale.
16 A H M OR I A L DES ÉVKQCES DE BEAUVAI8.
D'argent à la bande de gueules chargée de trois marteaux d'or. (P. Ans. D.). Sur les tapisseries de la cathédrale de Beauvais, ses armes sont écartelées de celles de sa mère ; d'or à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions de gueules, chargé en cœur d'un écu aux armes de Clermont- Nesle, à cause de sa grand'mère Isabeau de Clermont. Sur son tombeau, dessiné dans Gaignières, et publié dans le t. m de la Soc. acad. de l'Oise, ses armes sont seulement écartelées de celles de Clermont-Nesle.
Jean de Bar, fils de Jean de Bar, seigneur de Baugy-en- Berry, était maître des requêtes et fut désigné par le roi en 1462; il mourut le 45 mars 1488 et fut enterré dans sa cathédrale.
Burelé d'or, d'argent et d'azur, de neuf pièces. (S M, P. Ans., D. et tombeau dans Gaignières.)
Antoine du Bois ou du Bos, neveu du maréchal des Querdes, avait été désigné par le Pape avant la mort de Jean de Bar ; mais le chapitre refusa de l'admettre, et élut Louis de Villiers, qui ne put prendre possession qu'en 1497, après un procès de neuf ans.
Antoine du Bos devait porter d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules. (Lamorlière.)
Louis de Villiers de Vile Adam, tils de Jacques de Villiers, garde de la prévôté de Paris et de Jeanne de Nesle; élu en 1488 par le chapitre, et mort le 24 août 1521, enterré à la cathédrale.
D'or au chef d'azur, chargé d'un dextrochère vêtu d'hermine au fanon de même (P. Ans.). SM. et D. écartèlent cet écu des armes de Nesle, et sur son tombeau, des écussons
ARMORIA L DES ÉVÊQUES DE m: Vil VAIS. 17
portent les armes pleines de Villiers et de Nesle, et d'autres sont écartelés.
Antoine de Lascaris de Tende, fils d'Honoré de Lascaris et de Marguerite Caretto, était évêque de Riez et fut pourvu parle Pape en 1521, mais il ne fut sacré qu'en 1523, et en 1530 il échangea son évêclié contre celui de Limoges que possédait Charles de Villiers. Mort le 25 juillet 1544.
Écartelé aux 1 et 4 de gueules à l'aigle éployée d'or (Empire d'Orient), et aux 2 et 3 de gueules au chef d'or (Lascaris.) (Lhermi te Souliers, P. Ans., D.). Alias écartelé au 1 et 4 de gueules à la croix d'argent, au 2 et 3 contre écartelé comme dessus et sur le tout une bande d'azur. (SM, Pillet.) Ces armes (avec cette différence qu'il faut une barre au lieu de la bande), sont celles de Réné, bâtard de Savoie, grand maître de France, oncle de notre évêque. Enfin, un dénombrement manuscrit de l'évéché de Beauvais de 1522, appartenant à M. de Beauvillé et décrit dans ses Doc. inéd. (Int., p. xvii), porte un écu écartelé aux armes de Lascaris, dans lequel le peintre a substitué aux armes de l'empire d'Orient, celles de l'empire d'Occident, d'or à l'aigle éployée de sable.
Claude de Villiers de l'Ile Adam, fils d'Antoine de Villiers, seigneur de l'Ile Adam, et d'Agnès du Moulin de Fontenay, neveu de l'évêque Louis, permuta avec Antoine de Lascaris et mourut en 1535. Son tombeau était dans l'église de l'abbaye de Notre-Dame-du-Val.
D'or au chef d'azur chargé d'un dextrochère vêtu d'hermine au fanon de même. (P. Ans., D. et Tombeau.) Un sceau de 1531, dessiné dans Gaignières, porte ses armes et la légende : S. KAROLl DE VILLERS EPISCOPI BELVACENSIS.
18 ARMORIAI, DES ÉVÊQUF.3 DR BBAUVAIS.
Odet de Coligny de Chalillon, fils de Gaspard, comte de Coligny, maréchal de France, et de Louise de Montmorency ; né le 18 juillet 1517, cardinal à seize ans, archevêque de Toulouse et évêque de Beauvais en 1555. Il embrassa le calvinisme en 1502, se maria en 1561, s'expatria, mourut le 15 avril 1571, et fut enterré dans la cathédrale de Cantorbéry.
De gueules à l'aigle d'argent, couronnée, membrée et becquée d'azur. (SM, Chevillard, P. Ans., D., et jeton gravé dans les Mém. de la Soc. acad. de l'Oise, t. m.)
N'étant que diacre, le cardinal de Chatillon se fit suppléer dans l'administration spirituelle du diocèse par différents évêques: Philibert de Beaujeu, évêque de Betléhem jusqu'en 1558; Antoine le Tonnellier, évêque de Damas; puis l'évêque d'Hyppone en 1540, celui d'Hebron en 1555, celui de Sébaste en 1550, et Philippe le Musnier de 1505 à 1509.
Charles de Bourbon, fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de Françoise d'Alençon. Né le 22 décembre 1515, nommé en 1509, était déjà cardinal, archevêque de Rouen, évêque de Nevers et de Saintes. Proclamé roi pendant la ligue sous le nom de Charles X, il mourut le 9 mai 1590 à Fontenay-en-Poitou, et fut enterré à la Chartreuse de Gaillon.
D'azur à trois fleurs de lys d'or à la bande de gueules. (P. Ans., D.). D'après Thieury, un dessin conservé aux Archives de la Seine-Inférieure, remplace la bande par un bâton de gueules, raccourci et mis en bande.
Nicolas Fumée, fils de Martin Fumée, seigneur des Roches- Saint-Quentin, maître des requêtes, et de Martine d'Alès.
AKMORIAL DES KVÈQUES DE BEAUVA1S. 19
Était abbé de la Couture au Mans et permuta avec le cardinal de Bourbon, en 1576. Il mourut à Chartres, le 5 mars 1593, et fut enterré aux Roches.
D'azur à deux fasces d'or accompagnées de six besants d'argent, 5, 2 et \. (SM, P. Ans., D.). Alias les besants sont d'or. (Lachenaye, Duchesne et rHermite-Sonliers.)
Avant sa mort, Nicolas Fumée avait résigné son évêché en faveur de Réné Potier, aumônier du roi, et pendant ce temps l'archevêque de Lyon, Pierre d'Épinac, fut désigné parla ligue et recommandé au Pape par le duc de Mayenne ; mais, après trois ans de démarches, Réné Potier, nommé par le roi , reçut ses bulles datées du 9 des calendes d'octobre 1 595.
On trouve aussi dans Gaignières, l'original d'un certificat de bonne vie, délivré par le doyen de Cambrai, le 4 octobre 1594, h Jean Boucher, nommé àl'évêché de Beauvais, et dont il n'est question dans aucun historien.
Réné Potier, fils de Nicolas Potier, seigneur de Blancmesnil, président au parlement, et d'Isabeau Baillet ; né en 1576, ce prélat mourut le 4 octobre 1616, et fut inhumé aux Saints-Innocents de Paris.
D'azur à deux mains dextres d'or, au franc quartier échiqueté d'argent et oVazur. (SM, Blanchart, P. Ans., D.).
Augustin Potier, succéda à son frère et fut sacré à Saint- Louis-des-Français, à Rome, le 17 septembre 1617; il mourut le 19 juin 1650 et fut inhumé dans sa cathédrale.
De même. (Gaignières, P. Ans., D.).
Nicolas Choart de Buzanval, fils de Théodore Choart, seigneur de Buzanval et de Madeleine Potier, né le 25 juillet 1611, neveu des précédents, nommé sur la résignation de
20 ARMORIAL DES ÉVÉQUES DE BBAUVAI8.
son oncle, le 1 1 mai 1650 ; mort le 21 juillet 1679 et enterré à la cathédrale.
Écartelé aux 1 et \ d'or au chevron d'azur accompagné de 3 merlettes de sable (Choart), et aux 2 et 3, Potier comme plus haut. (SM, P. Ans., D. et tombeau dans Gaignières.)
Toussaint de Forbin de Janson, fils de Gaspard de Forbin, marquis de Janson, et de Claire de Libertat, né en 1650; évêque de Digne, puis de Marseille, transféré à Beauvais, nommé cardinal et grand aumônier de France, mort à Paris le 24 mars 1715 et enterré à la cathédrale de Beau vais.
D'or au chevron d'azur, accompagné de trois mufles de léopard (alias de lion), de sable. (Mandements, P. Ans., Lachenaye et D.).
Françôis-Honorat-Antoine de Beauvilliers de Saint-Aignan, fils de François de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan et de Françoise de Géré, né en 1682, nommé le 3 avril 1713 ; démissionnaire eu 1728, et mort à Prémontré en 1751.
Fascé d'argent et de sinople, les fasces d'argent chargées de six merlettes de gueules, 5, 2 et 1.
Étienne-Réné Potier de Gesvres, fils de François-Bernard Potier, duc de Gesvres, né en 1697, sacré le 6 juin 1728, cardinal et commandeur du Saint-Esprit; mort à Paris, le 26 juillet 1774, et enterré à Beauvais.
Écartelé au 1 d'argent au lion de gueules, la queue fourchée et nouée, passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or (Luxembourg) ; au 2 de Bourbon ; au 5 parti de trois traits et coupé d'un : 1 , Hongrie ; 2, Anjou Sicile ; 3, Jérusalem; h, Aragon; 5, Anjou; 6, Gueldres; 7, Flandre;
ARMORIAL DES ÉVÊOUES DE BEAUYAlS. 21
8, Bar ; sur le tout de Lorraine et un lambel de gueules en
chef; au 4' de gueules à la croix d'argent (Savoie), sur le
tout de Poitier. (Mandements, D.) Ses sceaux, n 08 6,521 et
6,522, portent les mêmes armes, l'un sans légende, l'autre
avec ces mots : STEPHANUS RENATVS POTIER DE GESVRES. EPIS. COMES BELLOVACENS1S.
François-Joseph de la Roche foucaud, fils de Jean, seigneur de Maumont, et de Marie-Marguerite des Escaud, né en 1735; nommé le 22 mars 1772, député aux Etats-Généraux, massacré aux Carmes, en septembre 1792.
Fascé d'argent et d'azur de dix pièces à trois chevrons de gueules, brochant sur le tout, le premier écumé.
Dans la convention du 26 messidor an IX, l'évcché de Beau vais fut supprimé, et le département de l'Oise fit partie du diocèse d'Amiens ; seulement le Pape, usant de son autorité apostolique, unit au titre de l'évêque d'Amiens les dénominations des églises de Beau vais et de Noyon. Mais la bulle du 10 octobre 1522, publiée à la suite du Concordat du 11 juin 1817, rétablit le siège de Beau vais avec le département de l'Oise pour circonscription, et joignit les anciens titres des églises de Noyon et de Senlis à celui de l'évêque de Beauvais.
Jean-Chrysostôme Vilkiret, évêque d'Amiens. 1802 à 1804'.
1 Voir pour les détails biographiques notre Armoriai des Évêques d'A-
ARMORIAL DES ÉVEQUES I>E DEAl VAIS.
D'or à trois monts de gueules chargés chacun d'un corbeau de sable.
Jean-François Demandolœ, 1804 à 4817.
Coupé au 1, parti d'azur à une main d'argent et de gueules à une croix d'argent (signe de baron évêque), au 2 d'or à une fasce de sable.
Marc-Marie de Bombelles, 1817 à 1822.
Ecartelé aux 1 et 4 d'or et aux 2 et 3 de gueules, à une molette d'or, au chef d'argent chargé d'une croix de pourpre et de sinople (chevalier de Saint-Lazare).
Claude-Louis de Lesquen, évêque de Beauvais, né en 1770, sacré en 1823, et transféré à Reunes en 1825.
De gueules à l'épervier d'argent, becqué, membré, longé et grilleté d'or, la tête contournée, surmonté d'un croissant tourné d'or et accompagné de trois molettes d'éperon de même.
François- Jean- Hyacinthe Feutrier, né en 1785, sacré le 24 avril 1825, ministre des affaires ecclésiastiques et pair de France ; mort le 30 juin 1 830.
D'or à l'arbre de sinople accosté de deux dauphins d'azur.
Jean-Louis-Simon Lemercier y né à Beauvais en 1758, sacré le 10 février 1853, démissionnaire en 1837, et mort le 27 mai 1843.
Coupé au 1 d'azur chargé d'une colombe essorante d'nr-
gent et au 2 d'argent a une guivre d'azur, rampant sur une terrasse de sinople.
Pierre-Marie Cottret, né en 1771 , sacré évêque de Caryste, injmrtibus en 1824, préconisé a l'évôché de Beauvais le 12 février 1838, mort le 13 novembre 1841.
D'azur au chevron renversé d'or accompagné en chef de trois coquilles d'argent, aussi renversées et posées 2 et 1 .
Joseph-Armand Agnoux, né en 1799, nommé le 15 décembre 1841 et préconisé le 24 janvier 1842.
De gueules au pélican d'argent dans son aire, nourrissant ses petits et se becquetant la poitrine.
ARRAS. — Typographie Rousseau Leroy.