‹ Armorial des prélats français du XIXe siècleChapitre 29 sur 217 · EXPLICATIONS HÉRALDIQUES · texte numérisé non relu

EXPLICATIONS HÉRALDIQUES

une exception à la règle. Ainsi, par exemple, pas de croix d’azur sur fond de gueules, pas de croix d’argent sur fond d’or, mais on pourra mettre : d’azur au cœur d’or enflammé de gueules, les flammes n’étant ici qu’un accessoire.

Le fond ou le champ y c’est la surface de l’écu sur laquelle sont posés ou représentés les différents symboles qui constituent l’écusson. En blasonnant l’usage est de nommer d’abord le champ. L’écu héraldique étant censé un bouclier porté sur la poitrine, la dextre (la droite) est la partie que voit à gauche celui qui la regarde (ici celui qui blasonne), et la sénestre (gauche), celle qu’il voit à droite.

La croix héraldique va d’un bout à l’autre de Técu. La croix haute f la croix latine , la croix de calvaire ont les bras plus courts que la tige, et ne touchent pas les bords de l'écu. Toutes les autres croix ont les branches égales à moins d’indications contraires. Je donne ce détail à cause de la fréquence et de la variété des croix dans les armoiries prélatices.

Sous Napoléon I er , les archevêques et les évêques avaient dans leurs armoiries, en tant que comtes, barons et sénateurs de l’Empire : les comtes*archevîques % un franc-quartier à dextre : S azur à la croix pattée cFor ; les barons-évéques , un franc-quartier à sénestre: de gueules à la croix alaisée <T or ; les comtes sénateurs , un franc-quartier à sénestre : d'azur au miroir d'or en pal auprès duquel se tortille et se mire un serpent d'argent . Ces francs-quartiers sont appelés francs-cantons s’ils sont de dimension réduite.

Nous ne pouvons expliquer, même sommairement, car cela nous entraînerait trop loin, les pièces et meubles héraldiques même usuels tels que chevrons, fasces, sautoirs, chefs, bandes, etc.; ni, comme nous l’avons dit, les emblèmes, figures ou attributs tirés de l’Ancien et du Nouveau Testament ou de sujets religieux, comme le Sacré Cœur de Jésus, le livre des Evangiles, la colombe de l’Arche, etc. Toutefois, disons que le Chrismon appelé aussi Chrisme ou Chrisma t ou encore monogramme constantinien , c'est l'X et le P grecs enlacés, premières lettres de Christ ; nous ajouterons complet quand Yalpha et Yoméga accompagnent. Le monogramme de Jésus-Sauveur , ou simplement d s Jésus pour plusieurs, moins fréquent que le précédent, c’est le I H S avec croix sur l’H, le monogramme de la Vierge ce sont les initiales M A entrelacées. L 'agneau pascal , tout le monde le connaît : il est d’argent, sa tête est souvent entourée d’un nimbe crucifère. « Il tient la croix hastée ou l’étendard triomphal orné de la croix de résurrection » (i) laquelle croix est généralement de gueules; l’étendard est blanc ou argent, et la hampe, généralement d’or. L'agnus occis us, ou agneau immolé, est une figure tirée de l’Apocalypse ; nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que de citer à son sujet et à celui de Y agneau triomphant ou triomphateur , car on les rencontre dans les armoiries ecclésiastiques, ce passage du P. Cahier dans sa Caractéristique des saints : « Jamais on ne retrouverait dans les représentations ecclésiastiques du moyen âge, cette espèce de mouton égorgé qu’on

i. Eléments tt Iconographie chrétienne , par Cloqoet, p. 55.

ARMORIAL DBS PRELATS

nous reproduit si souvent depuis plus d’un siècle. On a voulu peut-être rappeler ainsi la vision de saint Jean dans l’Apocalypse, mais il dit : «Je vis l’Agneau « debout et comme immolé... et il reçut le livre de la main de celui qui est « sur le trône. » Qui ne voit que ce n’est pas là un agneau égorgé, couché sur un livre? Les anciens artistes entendaient beaucoup mieux l’Apocalypse lorsqu’ils nous montraient l’agneau divin debout et triomphant, mais la poitrine percée d’où son sang coule dans un calice. (Voir les armoiries de Mgr Caverot ). C’était fort bien rendre l’entrée de Jésus-Christ dans sa gloire, après sa passion, et la perpétuité de son sacrifice sur l’autel. »

Le pélican sur son nid ou aire est dit avec sa pitié , quand il fait goutter de son côté un peu de sang pour nourrir ses petits : c’est le symbole du dévouement et de l’abnégation. Bien des prélats l’ont pris, spécialement ceux d’Afrique, et il n'y faut pas voir sujet à critique comme Va fait Mgr Barbier, ainsi que nous le dirons à l’article Angouleme . Les Conformités de saint François seront expliquées à l’article des Capucins.

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