HOUDETOT
D'or, à 6 porcs de sable, dont 3 en chef, 2 au milieu, et i enpointe.
HOYM (Charles-Henri , comte d') , ministre plénipotentiaire en France du roi de Pologne. Mort vers 1 736.
Fascé d'argent et de sable de 4 pièces.
Le comte d'Hoym, que sa passion pour les livres a rendu célèbre parmi les amateurs, est pourtant peu connu dans sa vie privée et dans sa vie politique. Comme l'indique son Catalogue, il fut ministre plénipotentiaire en France d'Auguste II, roi de Pologne; et d'après ses armes frappées sur la plupart des volumes lui ayant appartenu, il était chevalier dé l'ordre de
l'Aigle Blanc de Pologne. Un trait de son existence lui ferait peu d'honneur.
1 Notre manufacture de Sèvres , dit Edouard Fournier, ne pouvait lutter avec celle de la Saxe pour les porcelaines d'une certaine pâte. Vainement on s'ingéniait pour découvrir le procédé des Saxons. Le comte d'Hoym le donna. C'était une trahison, mais qui le mettait bien en cour, et dont il espérait tirer profit. Il se trompa : son maître, l'électeur de Saxe, se fâcha ; d'Hoym fut disgracié, et dut s'en aller mourir à Nancy , près de Stanislas , rival malheureux du maître qui l'avait congédié ! » Dans le Bulletin du Bibliophile, de Techener, année i838, on trouve des détails qui ne sont pas de nature à montrerson tact diplomatique. En novembre 1763, lorsqu'il fut chargé d'haranguer, au nom d'Auguste II, la reine Marie Leczinska après son mariage avec Louis XV, il lui dit : u Le roi mon maître compte que Votre Majesté recevra avec plaisir les marques publiques de son attention.s Singulier compliment de la part d'un roi qui, les Russes aidant, avait détrôné et proscrit Stanislas, père de la princesse que l'on prétendait féliciter. Quoi qu'il en soit, ce fut un bibliophile émérite. C'est l'abbé Rothelin, dit-on, qui lui inspira le goût des livres ; et sous ce rapport, il faut avouer que l'élève fut digne du maître. A partir de l'année 1717 jusqu'en 1735, dixhuit années consécutives, il suit les venteset y recueille touteequ'il trouve de plus rare, de plus beau et de plus précieux. II écréme celle de Cisternay du Fay, en 1725, et celle de Colbeit, en 1738. Sa collection, vers cette époque, jouissait d'une telle célébrité, que Lenglet Dufresnoy, dans la dédicao»
de Clément Marot, lui dit : a QueU
que soient tous les poètes de ce Recueil, il leur sera glorieux, Monseigneur, d'avoir entrée dans la Bibliothèque de Votre Excellence. Bibliothèque si magnifique, si nombreuse et si bien choisie, qu'elle pourrait à juste titre passer pour un des prodiges de la littérature. * Il avait en effet réuni les plus beaux livres comme forme et comme fond. Outre les volumes ayant appartenu aux plus fameux collectionneurs, il en avait cinq a la reliure de Grolier. Presque tous ceux qu'il avait fait relier étaient habillés en veau fauve, avec ses armes (N* t) sur les plats et l'aigle de Pologne au dos (N- 2).
HUAULT DE MONTMAGNY.
Boyer fut son relieur. A la vente Brunet, en mai 1 868, les livres à cette marque s'élevèrent à des prix considérables..
Catalogus librorum Bibliothecs illustrissimi viri Caroli Henrici comitis de Hoym, olim régis Poloniee Augusti II, apud regem Christian issimum legati extraordinarii . Digestus et descriptus à Gabriele Martin , bïbliopola Sansiensi, cum indice auctomm alphabetico. — Parisiis, Gabriel et Claudius Martin, 1738, in-8.
D'or, à lafasce d'azur, chargée de 3 molettes d'or, accompagnée de 3 coquerelles de gueules.
HUCHET DE LA. BEDOYÈRE, procureur général au Parlement de Bretagne. 1671.
D'azur, à six billettes percées d'argent.
ARXORUL DU BIBLIOPHILE.
HUET (Pierre-Daniel), évéque d'Avranches.
D'azur, à 2 mouchetures d'hermines d'argent en chef, et 3 gr illets renversés d'or en pointe.
Huet, que son grand savoir a surtout illustré, possédait une des plus belles bibliothèques de son temps. Ses ouvrages, remplis d'érudition, et les moindres écrit* recueillis avec soin par les curieux, témoignent de l'usage qu'il en savait faire. Après avoir hésité longtemps sur le choix de sa destination future, il la légua, en 1 692, à la Maison Professe des Jésuites de Paris, sous certaines conditions expresses, et elle fut installée, de son vivant, dans une partie réservée de cette maison où il se retira lui-même et vécut jusqu'en 1721. Mais, en 1763, quand les Jésuites furent bannis et leurs biens mis en vente, ses héritiers La réclamèrent en justice, les principales clauses du legs se trouvant alors violées, et un arrêt du conseil fit droit
leur demande. Ils la déposèrent à la Bibliothèque du Roi, et, moyennant une rente acceptée par eux, cette importante collection demeura définitivement acquise pour cet établissement. Parmi ces livres, au nombre de plus de 8,000, on garda ceux qu'on
n'avait pas, et les doubles de ceux qu'on avait déjà quand ils étaient plus beaux. Le reste fut échangé ou vendu, et c'est ainsi qu'on en trouve dans le commerce une certaine quantité.
La plupart de ces livres sont remarquables par la beauté des exemplaires et précieux par les savantes notes que Huet y avait ajoutées de sa main, bien connue des bibliophiles.
Il y a des volumes qui en sont couverts, notamment les chefs-d'œuvre de l'antiquité si familière à l'illustre prélat. Ils sont presque tous en veau fauve ou brun et d'une grande simplicité de reliure. Huet aimait les livres de la même manière que saint Jérôme, non tam pulchros quam emundatos. Il en prenait d'ailleurs le plus grand soin, et il avait des sacs de cuir faits exprès pour ceux qu'il emportait en voyage.
Tous ces volumes, à très-peu d'exceptions prés, portent les armes cidessus frappées sur les plats extérieurs. Dans l'intérieur, on trouve les mêmes armoiries gravées, que les Jésuites, par reconnaissance, y placèrent avec l'inscription suivante, qui rappelle la donation à ces religieux : Ex libris Bibliotheccequamillustriss.EccIesiar Princeps, D. Petrus Daniel Huetîus, episc. Abricensis, Domini professât Paris. PP. Soc.Jesuintegramvivens dbnayit anno 1692. Au bas de. chaque titre on voit encore, sur une bande imprimée et rapportée, cette formule :
Ne extra hanc Bibliothecam effaratur ex obedientia.
Il n'existe pas de catalogue imprimé de cette Bibliothèque; mais toutes ses richesses furent comprises dans celui de la Maison Professe, que l'on dressa en 1763 pour la vente, et d'où l'on retira ensuite Les livres ayant appar-
tenu à Huet, quand ses héritiers en eurent obtenu la restitution.
Toutefois, nous savonsqu'un bibliophile distingué , M. Baudement , à l'obligeance duquel nous devons de précieuses communications, a fait sur la collection Huet un travail important qui en tient lieu, et où se trouvent transcrites toutes les notes dues à la plumeducélébreévéque d'Avranches.