HENRI III
Henri III aimait les livres presque autant quescs mignons. Il était grand amateur de reliures , et avait, selon Edouard Fournier, un peu du talent des relieurs. Le luxe des beaux livres était tellement en faveur auprès de lui, qu'il craignait presque de les com-
prendre dans les édits somptuaires où il frappait sans merci toute espèce de magnificences. Tout en sévissant contre la parure des femmes, il épargne celle des livres. Aux bourgeoises il leur défend de porter des pierreries, mais il leur permet d'en orner leurs Livres d'Heures.
Les livres qui ont appartenu A ce roi ont tous un caractère particulier, du moins dans l'habit. Ils se reconnaissentà la têtedemort qui s'y trouve multipliée sur le dos et sur les plats, accompagnée tantôt de cette devise :
Mémento mort, tantôt de celle-ci:
Spea mea Deus. Souvent auprès des devises est le nom de Jésus sur l'un des plats, et celui de Marte sur l'autre.
Le N» i nous offre un spécimen curieux de cette sorte de reliure qu'affectionnait Henri III. Sur les deux plats, au milieu d'un ovale feuille, figure un monogramme formé des lettres M.
D. C. (Marie de Clèves), et sur le dos, entre deux larmes, la tête de mort habituelle, soutenue de la devise : Mort m'est vie. Ce lugubre et touchant symbole se rapporte a une circonstance particulière de la vie d'Henri III. N'étant encore que duc d'Anjou, il aima éperdument Marie de Clèves, princesse de Condé, qui mourut presque subitement. Le royal amant voulut éterniser sa douleur, en donnant k tout ce qui l'entourait une expression qui répondît à l'état de son cœur.
« Lorsqu'il fut obligé de se montrer
J^rycf
|^My
'*Sj&
*gBÎ?