AU LECTEUR
Ce quatrième volume termine une étude historique sur les personnages et les familles appelés au lendemain de la Révolution française à former une noblesse nouvelle, composée de familles sorties de la bourgeoisie et du peuple et aussi de l'ancienne aristocratie.
Elle forme une histoire familiale et de parentés historiques qui sera en quelque sorte le complément et les notes nécessaires aux nombreux mémoires parus avec la fin de ce siècle ; elle pourra servir aussi à expliquer les mobiles de bien des anecdotes qui y sont rapportées.
Celui auquel on doit le Concordat, le Code civil et la Légion d'Honneur devait nécessairement concevoir, en devenant empereur, l'obligation de rétablir une aristocratie, rouage indispensable de toute société véritablement constituée.
L'empereur Napoléon V en a jeté la première base par sa déclaration du 30 mars 1806, qui instituait les grands fiefs et attribuait l'un d'eux à sa propre famille. Les autres formés par les domaines conquis et réservés devaient être partagés entre ses généraux, ses officiers, ses soldats et tous ceux dont les services ou les mérites éclatants appelaient une récompense.
C'est ainsi que d'après les statuts des 30 mars et 14 août 1806 et 1" mars 1808, des biens formant plus de vingt millions de francs de revenus furent répartis avec l'obligation pour les donataires de réaliser ceux de ces biens ou revenus situés à l'étranger et d'en faire la base d nn majorât auquel, sur leur demande ou de son propre mouvement, il attachera plus tard un titre de noblesse, le port d'armoiries spéciales et les couleurs d'une livrée. Ces majorats devaient dans sa pensée permettre aux successeurs de soutenir plus dignement l'éclat de leur titre parmi les membres de la nouvelle aristocratie.
Tous les décrets, que j'ai rapportés dans la préface du tome I" de cet ouvrage, expliquent la genèse successive de cette création dont je
(l(inntM-ai tmc cxjjlicalion m('lli()(li(|ii<' dans un volume complémentaire siiivi-a.
(]o travail, malgré son litre, n'est pas une (euvre (l(> parti; il l'omMi la première séi'ie (l<> l'hisloire des familles nobles au xix" siècle, en les prenant à leur orii^ine et »>n èlahlissant leurs services et l(Mir parenté et (lescemlance autant (pie cela m'a été possible.
Mallieureus<'nuMit je devais me heurter, pour celle dernièi-e partie, à la l'orce d'inerlie du plus j^rand nombre (renire <dles et aussi à la l'eriiielure de ceilaiiu'S archives (pii m'eussent permis surtout de tixer les services de la {jurande f'amillu militaire, de celle (pii fut la gloire impérissable du règn(^ de Napoléon I*'.
.le ne chercherai pas les motifs de ces abst(Mitions ou de ces relus, émanant les uns de personnes, qui devraient cependant n'avoir pas perdu le souvenir des ancêtres, les aulr(>s des représentants de ce groupe important, (pii proclame que l'armée est une grande famille, agrégation d'une séi-ie d'autres, les régiments, (k>s derniers me paraissent avoir oublié que leur grande famille est formée par la première de toutes, celb; du sang, et que pour la perpétuer utilement et noblement, ils devraient, plus encore que les autres, avoir à honneur d'encourager et d'aider à fixer son histoire, puiscpTils en détiennent les éléments: ils consacreraient ainsi son souvenir et donneraient comme exemple aux descendants les services rendus à la France par leurs auteurs, chacun dans leur sphère, les récompenses et les dignités qu'ils ont méi itées et obtenues.
Dans un pays d(î destinées glorieuses comme la France, il faut constater ave<' regret <[ur l'histoire de la Légion d'Honneur (fondée le 10 mai 1802), qui fou inirait de si utiles documents, s'arrête à 1804 (au 25 prairial an XI 1), et que celle simplement chronologique et sommaire des généraux français est à faire! On a bien commencé l'historique de nos régiments, mais le plan n'est pas toujours identique et leur histoire simplement documentaire commence en 1819 avec l'Annuaire, militaire.
.le dois à côté de ces refus, profondément pénibles dans une fin de ^iècle de progrès, rendre hommage aux très bienveillantes communications odicielles qui m'ont été faites et qui m'ont permis de contrôler mon travail en lui affectant seulement alors le titre sous lequel il parait; les lacunes forcées, que j'espère pouvoir combler plus tard, dans l'histoire de beaucoup de familles me défendaicMit une autre appellation et une autre forme de présentation des documents que j'avais réunis.
J'ai dû alors ne pas donner des unes tout ce que je savais, pour masquer l'indigence des renseignements sur d'autres.
Je veux en terminant remercier les amis fidèles et les savants et érudits collaborateurs qui m'ont accordé leur excellent concours. M. le prince de BaufFremont, duc d'Atrisco, possesseur de merveilleuses archives de famille; le baron A. Manno, de Turin, qui m'a fourni des notes si précieuses sur les familles italiennes; L. de Brotonne, qui m'a donné' la comnuinication des documents réiuiis par lui sur les Sénateurs et les Pairs; M. Thorlet, conservateur des archives de la Ville de Paris; M. L. de la Roque, l'auteur de V Armoriai du Languedoc^ du Catalogue des genlilsliomines en IIH'J, etc.; MM. le comte ]M. de Pange; Paul de Faucher, de Bollène; Anatole de Liénard, de Bayeux; le comte A. de Ronseray, de Paris; le comte A. O'Kelly de Gallway, de Paris; Aimée Mottin, de Paris ; le comte A. de Saint-Saud ; le comte R. Golonna de Cesari-Rocca, de Paris; Pierre Meller, de Bordeaux; Gustave Pedrelli, de Foggia ; A. Saulnier, de Rennes ; Alfred de Tesson, d'Avranches; le vicomte A. de la Villeboisnet, de Paris; le comte P. A. du Ghastel de la Howarderie-Neuvireuil, de Tournai.
J'adresse également mes remerciements sincères à celles des familles qui ont eu la bienveillance de répondre à mes lettres et qui voudront bien dans la suite m'aider à combler les lacunes de ce livre, destiné à perpétuer les souvenirs.