‹ Armorial général (volume 2)Chapitre 29 sur 502 · PI .VI · texte numérisé non relu

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Explication des Planches

\9e rMici 1, flèclie; — «, flèche émoiusée i tète c«rrée; — S. IMehe pour la cbas8« auxoiseaoi;

— I, 5 et «, BèeliM pour la chasse : — 7, masse d'araws. dans le? armes de la famille ran Àefftrdem, en Llmbourjt ; — 8, masse ;i picotons ;

— •, ter de pique, dans les armes de la famille 4« G«<|ier, au Pa\s de Namur-,— 10, falot sans ■MadM; — H. falot avec un manche; — 12, gnaade de guerre allumée :— 13, fanal; — H, Eâliste; — ir>, Itélier militaire; — 16 et 17. échelles d'escalade; — IS, herse sarasine; — 19,estac«de; — iO, bombe allunuM»; — 21, palissades;

- iJ, hamaiJe: — i3,détlale; — 2i,i;ourde, ou bien bouteille .'i double ventre; — i5, ruste; — a, billette vidée ou percée en carré; — il, blllette percée en rond; — 28 et i9, diamants; — 30, clou de la passion.

ISe r«B|K: 1, foudre; — t, roue de moulin; — 3, chaudière de saline; — I. leurre de faucon; — 5, colonne dans les armes de la famille ran Xuyin, au Pavs d'Utrecht; — 6, colonne dans les armes de là famille ron Zuylen, en Bavière;

— 7, losange pommelée; — 8, echarpe ployéeen cercle, dans les armes de la maison polonaise Saiencz II: — 9. quintaine; — 10, lacs damour; — 11—16, noeuds divers, signes distinctifs de familles anglaises (11, noeud de Lacy ; 12, de Boweii: 13, de Bourchier; 14, de fVake-. 15, de Stafford; 16, de Dacre): — 17, toque du

doffe de Venise; — 18, chapeau; 19, cbaoeaude tournoi ; — M. chapeau piramldal; — 21, cnapeau de Juif; — 22, écrans divers (piortés en cimier et chargés communément des armes eotiéfes ou partielles de Fécn.) 14e ranst couronnes diverses: 1, couronne à Fantique; — 2, couronne de Fer, d'Italie; — 3, couronne de Charlemagne; — I, couronne ordinaire, en usiige sur les casques, et en même temps couronne des comtes néerlandais ; les marquis français p«jrtent la même counmne, avec un triangle de trois perles, réunies en forme de trèlle, dans chacun des deux intervalles; — 5, couronne des nobles et chevaliers héréditaires néerlandais et Mges; — 6, couronne des barons néerlandais, belges et allemands; — 7, couronne des vicomtes néerlandais; — 8, couronne des marquis néerlandais et belges et des ducs français ; — 9, couronne des ducs néerlandais et belges (les princes portent !a même couronne, avec cinq fleurons sur le cercle); — 10, couronne de baron dans les ci-devant Pays-Bas Autrichiens (actuellement le Royaume de Belgique); — 11, couronne des barons français (les chevaliers portent la même couronne, sans chapelet de perles;; — 12, couronne des comtes (excepté en Néerlande et en Angleterre); — 13, couronne des princes du St.-Empire; — U, couronne murale; — 15, couronne vallaire; — 16, couronne navale.

Planche 7

Cette planche a pour but de donner un léger aperçu des traits caractéristiques qui distinguèrent l'art héraldique au moven-àge. Nous n'avons pu queffleurer un si vaste sujet, mais nous aimons à croire que ces quelques exemples suQiroot pour appeler l'attention des amateurs sur un genre d'études, à la fois artistique et archéologique, où ils trouveront autant d'agrément que d'instruction (*).

Les fig. 1—8 donnent quelques beaux spécimens du diapré, içue l'on rencontre surtout dans les sceaux. Les anciens artistes ne souffraient pas les espaces Tfde& ni dans l'écu, ni au-dehors. et s'efforçaient à les diversifier par des feuillages, des rosettes", des lignes en sens divers, dont le choix était arbitraire et dépendait du goût. Cette ornementation n'avant aucune valeur réelle, pouvait être changée d'un moment à l'autre, et comme elle ne formait pas une partie intégrante des armes, elle pouvait être négligée toutà-fait. Dans les représentations coloriées, ce diapré était exécuté dans la même couleur que le fond sur lequel il était appliqué, mais afin de le faire ressortir les nuances différaient; le diapré était d'une teinte plus claire sur un fond plus foncé ou plus foncée sur un fond plus clair.

L'écu n* 1 contient une simple bande et le n" 2 une simple croix; le champ est liapré. Le n" 3 représente les armes de la famille anglaise de Fere, nui consistent en un simple écartelé, chargé d'une étoile dans le premier quartier. Chaque quartier est diapré de la manière la plus compliquée, mais il mérite l'attention des curieux que les quartiers du même émail sont également distingués par la même sorte de diapré. L'écu est écartelé de gueules et d'or, et Ion voit que les deux quartiers de gueules diffèrent par leur diapré des deux quartiers d'or. Le

n" i est un écu coupé, dont chaque moitié nous montre un diapré en forme de branchages. On remarquera en m<^me temps que le contour de l'écusson accuse les temps de la Renaissance. Le n" 5 offre encore un des plus beaux spécimens du diapré; c'est l'écusson echiqueté de la famille anglaise de ffarren, où chaque carreau est devenu un petit chef d'oeuvre de patience de la part de l'artiste. L^ n" 6 figure les armoiries de la même famille, diaprées d'une tout autre manière. Enfin, dans les n<» 7 et 8 l'artiste s'est borné à la décoration de la bande et des deux fasces, sans s'occuper du champ. Cette circonstance nous donne la preuve que ces écus datent d'un temps relativement moderne.

Viennent ensuite quelques échantillons de lions. Le premier et plus ancien porte le pied dextre levé d'une manière qui semble peu naturelle, mais qui était la conséquence forcée de la forme triangulaire des écus aux temps chevaleresques, qui n'avaient à leur base pas assez d'espace pour que les pieds du lion pussent s'y trouver à leur aise. .A mesure que les ecus perdent cette forme et s'élargissent à leur base, ce pied va toujours s'abaissant,jusqu'à ce qu'il se trouve sur la même ligne que l'autre pied, parce que l'écu, arrondi en bas, en fournit l'occasion.

.Aux premiers temps de l'art héraldique, les lions n'avaient pas de langue et le bouquet de leur queue était tourné en dedans. Plus tard, ils recurent une langue et la queue était tournée en dehorè, mais les ongles restaient toujours saillantes.

Le premier lion, n" 9, date de la seconde moitié du 12e siècle et se trouve sur un basrelief en pierre, provenant du ci-devant couvent de Steingaden et conservé au musée de Munich. Son corps est couvert de poils bouclés. Dans la sculpture, il est placé

Munchen, 1863. — Manuel

( ) Jusqiiici ce sont les auteurs allemands qui ont déplové le plus de zèle à composer des manuels qui traitent de la science du blason envisagé sous le point de vue vraiment historique et archéologique. A ceux

rv"®*J^*^"'^ auxquels la langue allemande est familière, nous recommandons:

Dr. O. T. vox Hef.xer, Handbuch der theoretisrhen und praktischen Heraldik. de la science du blason et de l'art héraldique d'aprè.< la théorie et la pratique.

. ,Kj™^™^' HeraldUchet Original-Musferbuch. Munchen, 1863. — Recueil de modèles originaux de l'art héraldique.

A. .VL HiLDEBRANDT, Heralditches Mutterbuch. Beriin, 1872. — Recueil de modèles héraldiques.

I-. VV.\RSECKE, Heraldischei Handbuch. GOriitz, 1880. — Manuel de l'art héraldique.

Les Anglais peuvent citer avec satisfaction :

Ch. BoiTELL, Heraldry, hiitorical and popular. Londres, 18S3. — fart héraldique, considéré sous le point de vue histonque et populaire. -. . r-

II va sans dire que tous ces ouvrages sont ornés de Ogures, empruntées aux monuments publics et privés et aux armonaux anciens.

Explication des Planches

dans un écusson triangulaire, et la règle ancienne que le meuble doit remplir autant que possible le champ de l'écu, sans laisser d'espace de quelque importance, y est trop bien observe, car les ongles de Ta patte senestre et du pied senestre dépassent le contour de l'écu et s'étendent au-dehors.

Le n" 10 est une représentation du lion de la maison de Hesse sur l'écu original du landgrave Henri de Thuringe (mort en 1298), suspendu dans l'église Sainte-Elisabeth, à Marburg.

Le lion du n" 11 se trouve sur un vitrail de l'hôtel de ville €*! Wasserburg sur l'Inn, en Bavière, dont il est le blason, et date de la première moitié du 14e siècle. Quoiqu'il porte encore le caractère du style moyen-âge, il commence h s'approcher du type des temps modernes.

Le quatrième lion, n" 12, est représenté sur une feuille d'un armoriai hollandais portant le millésime 1542, qui, il V a peu d'années, a été sauvé de la destruction par M. J.-C. van der Muelen, à la Haye. Par ses ongles fortement accusées et sa queue tournée en dedans, il fournit la preuve que, au milieu du 16e siècle, les anciennes traditions héraldiques n'étaient pas encore tombées en oubli, mais retenaient au contraire toute leur force.

Les aigles n'ont pas subi moins de variations de forme que les lions. Comme ceux-ci, ils étaient dans l'origine privés de langue et avaient une attitude contrainte, qui était la conséquence de la forme triangulaire des écus. Les pattes se dirigeaient presque perpendiculairement en bas et les ailes étaient toujours abaissées, parceque les dimensions de l'écu ne permettaient pas de les éployer.

La première aigle, n" 13, est empruntée à un sceau du comte palatin Otton de Wittelsbach, attaché à une charte de l'an 1207, conservée aux archives d'état à Munich. Par rapport à la date, la deuxième aigle, n" 14, d'un type différent pour ce qui regarde les ailes et la queue, est contemporaine, car elle se trouve sur un sceau d'un comte d'Arnsberg de l'an 1208, conservé aux mêmes archives.

L'aigle, n" 15, du commencement du 16e siècle, représentée sur le monument d'un abbé de Saint-Alban, à Londres, offre un exemple remarquable de la liberté que les anciens artistes pratiquaient en exécutant des armoiries et du savoir-faire dont ils firent preuve en se conformant aux exigences de lieu et d'espace. L'écu, dans lequel cette aigle se trouve placée, est trop rétréci et ne comporte pas le déployement des ailes. Eb bien, le sculpteur auquel ce travail était confié, tournait les grosses plumes des ailes en dedans et trouvait encore moyen d'y donner des contours gracieux. Les plumes, qui couvrent le corps de l'aigle, sont traitées dans le vrai style ornemental.

Nous ne donnons qu'un seul exemple d'une aigle éplovée du 14e siècle, n" 16. Il nous serait facile d y ajouter plusieurs autres, mais l'espace nous manque. Un coup d'oeil sufflra pour découvrir à quels égards il diffère de l'aigle éployée comme on la représente actuellement.

Les nos n à 20 font voir les trois grands changements de forme que les casques ont subi. Dans chacune de ces grandes divisions la mode introduisit de nombreuses subdivisions, auxquelles nous ne pouvons nous arrêter. Dans les flg. 21 et 22, on voit le plus ancien type de casque que l'on rencontre sur les armes, mais ce tvpe n'a guères duré.

La flg. 17 présente une des formes les plus anciennes. Le cimier de ce casque est un vol comme il était d'usage à la même époque et qui semble formé de deux planchettes d'un quart de cercle, dans le bord desquels des plumes ont été introduites.

Le casque suivant, n" 18, date d'une époque postérieure et s'appelait casque des joutes (en allemand Stechhelm); le cimier, consistant en deux proboscides, est remarquable par leur crête fi angles saillants, que l'on ornait souvent de boules, de plumes, etc. Nous avons ajouté la flg. 19, représentant également un casque des joutes, comme un nouvel exemple de la liberté intelligente avec laquelle les artistes du moyenàge traitaient les matières héraldiques. C'est le casque d'un duc de Clèves, de l'an 1511, qui portait en cimier une tête de boeuf. L'artiste s'aperçut que le museau se conformait à la partie saillante du casque; il vidait (au figuré) la tête de boeuf, la tirait sur le casque, entourait les cornes d'une couronne et laissait pendre la peau en guise de lambrequins.

Enfin, au 16e siècle on donnait une forme ronde au casque, pratiquait une ouverture sur le devant et y mit des grilles, flg. 20. C'est ce dernier type qui, avec nombre de modifications, s'est maintenu jusqu'à nos jours.

Les flg. 21 et 22, représentant les armes des familles de Helfenstein et de Leiningen {Linange), sont empruntées au rouleau d'armes de Zurich, exécuté entre 1280 et 1325 en publié en chromolithographie en 1860. Dans la première de ces armes, n" 21, le meuble qui soutient l'éléphant, est un tertrejà quatre coupeaux, et le cimier consiste en deux queues de paon brochantes l'une sur l'autre. Le n" 22 mérite l'attention par son cimier, l'écran, revêtu d'une étoffe qui est tirée sur le casque en forme de capuchon.

Le rouleau d'armes de Constance, commencé en 1547, continué dans les années postérieures et conservé à la bibliothèque de la ville d'Ueberlingen, située sur le lac de Constance, nous fournit dans la flg. 23 les armes de la famille de Schwartz en Souabe, remarquables à cause du cimier, que l'on prendrait pour une palette de peintre, mais qui est une des formes très-anciennes d'une aile ou demi-vol.

Tout archéologue .«ait qu'une veine humoristique parcourait le moyen-âge; les sculptures dans les anciennes abbayes et cathédrales en font foi. L'art héraldique n'a pas été soustrait à cette influence, comme il est prouvé par nos dernières flgures. Le n" 24, pris dans le rouleau d'armes de Constance, nous offre l'écu de la famille von Keutzlingen, en Souabe, ayant pour cimier une tête de coq encapuchonnée, dont le bec est traité de manière à en faire une flgure grotesque. Les armes de la famille de Magiigig, en Souabe, flg. 25, empruntées au même rouleau, portent en cimier un homme issant, s'ébouriffant les cheveux et regardant d'un air béat ou bien stupide.

Les trois dernières flgures de notre planche sont imitées de la feuille détachée de l'armoriai hollandais de 1542, dont il a été question plus haut. Les cimiers des n»» 26 et 27 ont également un air grotesque ou humoristique. Enfln, l'aigle du dernier écusson, n" 28. doit à son bec démesuré, qui semble grossi à dessein, un air narquois qui n est pas propre à la gent volatile. Ces armes à l'aigle moqueuse portent le nom de Morchan, qui est peut-être estropié et n'appartient pas à une famille des Pays-Bas. Les autres écussons sont anonvmes.

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