VII. rrl. Devise et Lésende
Le Ot e t l'ancien cri de guerre, inscrit sur un rutian ou listel flottant au-dessus du cimier. Communémefit le cri n'était autre chose que le simple nom de la famille ou bien de la maison dont elle était issue.
La Devise, bien plus commune que le cri, est généralement une sentence concise qui trouve sa place sur un ruban au-dessous de lécu.
La Légende est une sentence encore plus brève, qui se place sur un listel au-dessus du cimier.
Vlli. .Hanteaa et Pavilloo.
Le Manteau n'est guère en usage que pour y mettre lécu des armes des familles princiéres. Le Patillon, espèce de baldaquin qui couronne le manteau, est exclusivement réservé aux souverains.
A vrai dire, un écu couvert d'un émail tout uni et sans aucune figure, constitue à lui seul uno armoirie parfaite. On en trouve plusieurs exemples. Tous les autres attributs que nous avons décrits contribuent à la •llversité et an luxe d'une armoirie, mais ils ne sont pas indispensables.
Observations.
En langage héraldique la droite et la gauche s'appellent dextre et senestre. Il faut faire attention que le côté dexire d'une armoirie se trouve à la gauche du spectateur, et le côté senestre à sa droite. Cet usage, établi de temps immémorial, provient de ce que les anuoiries étaient brodées sur la cotte d'armes et peintes sur le bouclier du chevalier. Dans cet ordre de fait>:, le côté gauche de l'armoirie se trouvait exactement au côté gauche du chevalier, et le côté droit à sa droite.
Dans la description des armoiries ou se sert des termes: du premier, du champ, du même, du second, du troisième, du dernier (sous-entendu émail), etc.. pour éviter la répétition mal-sonnante d'émaux déjà nommé». Ainsi, au lieu de dire : «d'or au chevron de gueules, chargé de trois étoiles d'or," on dira «trois étoiles du champ." \\i lieu de : »palé d'or et d'azur, à la fasce d'or brochante," on dira : »à la fasce du premier brochante." .\u lieu de dire : »d'or au chevron de gueules, accompagné de trois étoiles de gueules," on dira : •trois étoles du même." Eh ainsi dans les autres cas.
La position ordinaire des animaux et objets est de regarder le flanc dextre de l'écu. S'ils se tournent vers le flanc senestre, ils sont contournés.
Presque toujours les figures sont disposées dans un ordre déterminé. Une seule figure occupe l'abime (centre) de l'écu ; trois figures sont posées i et 1, c'est-à-dire deux en chef et une en pointe de l'écu ; quatre figures, â et 2 (aussi appelé cantonné); cinq figures, 2, 1 et 2 (dit en sautoir); six figures, 3, i et 1 ; neuf figures, 3, 3 et 3 ; dix figures, 4, 3, i et 1. Ces positions sont tellement établies et acceptées qu'il n'est nécessaire d'exprimer que celles qui en différent.
Une pièce, accompagnée d'autres objets en nombre, est posée au centre de Fécu; ainsi, quand on dit: »d argent à une losange de gueules, accompagnée de trois Deurs-de-lis d'azur," la losange occupe l'abime ou le centre de l'écu et les fleurs-de-lis sont posées 4 en chef et I en pointe. Lorsqu'un chevron ou une fasce est accompagnée de trois objets, deux se posent en chef et le troisième en pointe. Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur une même ligne en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe. Deux, trois ou plus de figures posées sur un chef ou sur une fasce sont rangées côte à côte, s'il n'est indiqué autrement.
Le nombre ordinaire des pièces du fascé, paie, bandé, barri et chevronné est de six-, celui du burdé, wrgetté, coticé en bande ou en barre est de dix. Nous n'indiquerons que les nombres qui en diffèrent.
Si nous nous sommes abstenu de décrire la forme et d'indiquer le métal des casques ou heaumes, c'est que les représentations d'une même armoirie faites à diverses époques présentent des casques tout-à-fait différents. En général le casque actuel est d'argent ou d'acier poli, grillé et liséré d'or, et doublé ou fourré d'une étoffe rouge, quelquefois bleue, noire ou verte.
Mais ni sa forme, ni le nombre de ses grilles, ni la couleur de sa fourrure n'est d'Importance majeure; tout cela changeait dans le cours des siècles, comme il appert de l'étude des sceaux etc. De forme cilindrique,sans grâce aucune, aux lîe, 13e et lie siècles, le casque obtint au 15e celle qu'on se plaît à appeler, entièrement à
XII Inlroduclion
tort, heaume des nouveaux anoblis et qui est connu en allemand sous le nom de Slechhelm, casque des joutes Plus tard il prit la forme ronde que nous lui connaissons, recevait des grilles en plus ou moins grand nombre, selon la fantaisie des dessinateurs et les exigences de la mode du temps, et s'appelait casque de tournoi.
La position du casque est également indifférente. Qu'il soit posé de front ou bien taré de profil ou de trois quarts, aucune signification réelle ne s'y attache. L'altitude du cimier doit décider. Si le cimier est une figure vue de profil ou de trois quarts, il faut mettre le casque de profil ou de trois quarts. Le casque étant mis de front, le cimier devrait être placé de telle manière qu'on le verrait également de front. Ainsi, un lion issant, vu de profil, exigerait un casque posé de profil ; si l'on voudrait poser le casque de front, ledit lion devrait se présenter également de front, c'est-à-dire vu de face, étendant ses pattes à dextre et à senestre. Ceci explique pourquoi un vol, par exemple, est tantôt ouvert, tantôt fermé ou à l'antique. Sous le premier aspect il ne peut se présenter que sur un casque posé de front; il prend le second sur un casque posé de profil, parce qu'alors l'une des ailes est cachée par l'autre.
Le cimier doit reposer sur le casque, ce que comporte sa nature. Une étoile, par exemple, qu'on porte en cimier et qui se balance dans les airs au-dessus du casque, est une absurdité moderne, qui n'a jamais pu se produire aux temps où les armoiries étaient une réalité. Un chevalier, qui eut porté une telle étoile, l'eut fait fixer au sommet de son casque. Il était impossible de la faire voltiger dans l'espace sans aucun soutien.
Les couronnes, indiquant un rang nobiliaire déterminé, sont inadmissibles sur les casques. Le moyen-âge ne les a pas connues. Bien que l'usage des couronnes sur les casques, d'abord entièrement inconnu même parmi la plus haute noblesse, devint de plus en plus fréquent, on ne se servait que de la forme ordinaire, celle à trois fleurons. Dans les deux derniers siècles on a pris souvent une couronne à cinq fleurons. Mais quand on veut se servir de la couronne, affectée spécialement à quelque rang nobiliaire, on doit la poser immédiatement sur le bord supérieur de l'écu, qui alors ne peut plus porter de casque ni de cimier. Il faut faire son choix: ou la couronne nobiliaire seule, ou le casque avec son cimier. Il est contraire aux bonnes traditions héraldiques de porter à la fois et la couroivne nobiliaire et le casque. Ce serait comme qui entasserait deux couvre-chefs l'un sur l'autre.
Les armoiries subirent comme toute autre chose l'influence du milieu et de l'époque où elles se produisirent et changèrent de forme selon l'esprit du temps. C'est pourquoi il ne faut pas s'imaginer que tel type devra être considéré comme inviolable et qu'il serait défendu d'y apporter aucune modification : une aigle au vol abaissé est précisément la même chose qu'une aigle au vol levé; seulement, la première est un type moyen-âge €t l'autre un type moderne ('). Aux premiers temps on représentait toute aigle avec les ailes tournées en bas et dans les temps postérieurs ou se plaisait h les diriger vers le chef de l'écu. La seule condition était que cela devait toujours rester une aigle, qu'il n'aurait pas été permis d'en faire un lion ou quelque autre emblème, tout-à-fait différent, et que le tout devait être traité en style ornemental.
La même liberté d'exécution doit régner à l'égard des tenants et supports. Qu'un griffon porte la queue relevée ou bien passée entre ses jambes, qu'un sauvage appuyé sa massue sur son épaule ou la fasse reposer sur le sol, que ces figures se regardent ou bien retournent la tète, qu'elles soient posées sur une arabesque ou sur une terrasse, tout cela est au fond chose indifférente, ou plutôt affaire de goût, ce qui s'applique également aux couleurs qu'on voudra donner au listel qui porte une devise et aux lettres dont celle-ci se compose. La preuve de ce que nous avançons se trouve dans les représentations d'une même armoirie, faite à différentes époques. Quand on est dans le cas de pouvoir faire ces études comparatives, on se convaincra aisément qu'aux bonnes époques nulle fixité n'était observée.
Nous n'avons indiqué les émaux des lambrequins et bourlets que lorsque ces émaux diffèrent de ceux de l'écu. Quand l'armoirie n'a que deux émaux ou deux principaux émaux, bourlet et lambrequins sont de ses mêmes émaux, sauf quelques cas exceptionnels.
(•) Nulle part cette modification progressive ne s'accuse d'une manière plus curieuse et plus instructive que dans quelques armoiries allemandes où figure un casque comme meuble dans l'écu. De forme cilindrique sur les sceaux qui datent du moyen-âge, 11 change en casque fermé dans les représentations d'un ou deux siècles plus tard, pour prendre enfin la forme des casques de tournoi à grilles, qui est restée définitive, pour la bonne raison que le casque héraldique n'a pas subi de changement ultérieur.