‹ Armorial genevoisChapitre 121 sur 216 · AMÉDÉE · texte numérisé non relu

AMÉDÉE

DE SAVOIE

W« de Saint-Pierre. — 84« du Manuale. — 83* de Bewon. — 02^ de Lévrier. —

81« de Picot.

Ce prince, duc de Savoie sous le nom d'Amédéc VIII, el pape de 1439 à 1449 sous celui de Félix V, se déclara, après la mort de François de Mez, adminislraleur de l'Eglise deGc- Dève ayant pour grand-vicaire Jean de Grolée, prieur de Sainl- Viclor (I). Amédée mourut h Genève le 7 janvier 1451 (2).

Les armoiries de ce prélat sont celles de Savoie, surmontées de deux clefs d'argent en sautoir et de la tiare (3) ; son portrait, peint a fresque, se voit dans le château de Colombier qu'il &éqoenla souvent (4), et dans Tune des chapelles de l'église de Saiût-Gervais k Genève. Cette dernière peinture, que nous avons découverte en 1845 [pi. XXXII], mérite une mention spéciale par son importance archéologique et historique ; elle se trouve sur le mur oriental de la chapelle, au-dessus d^une niche où âait situé l'autel et que décorait une autre peinture, figurant ^ placement du corps du Sauveur dans le tomheau, et dont il 'este encore des traces. Au centre du tableau qui nous occupe

(i) La maison de Grolée en Bugoy, dont était Jean, porlo gironné ^'or et de sable de huit pièces [pi. XXX, fîg. 9J, avec une queuo do paon d'or pour cimier, deux anges au naturel pour supports et la devise, JE SUIS GROLÉE. (Guichcnon , Ilist. deBresae et Dngey , suite do

h 3* part., p. 11%)

{%) Ce fait, longtemps contesté, est mis hors de doute par les preuves dont l'a étayé M. Ed. Mallet, dans le mémoire cité plus haut.

(3) Ces armes sont peintes en tête d'une grosse des reconnaissances âerévêché, n** 5, dressées en 1445 par le notaire de Cnsinens (Arch. de Genève); la tiare d'argent est ceinto do couronnes d'or et ses pendants ornés de croisettes d'or sont d'azur; les mots popa (tUx se lisent au dessus de la peinture.

(4) Tableau du canton de Vaud, par L. Vulliemin, 1840, p. 271.

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se trouve une image de la bienheureuse Vierge, de grande proportion, et revêtue d'un ample manteau de pourpre doublé d'hermine ; ce manteau, qu'elle soutient au milieu, et dont l'extrémité est portée par des anges , passe sur sa tête et s'agrafe devant la poitrine par un fermail d'or. Sous ce vêtement, et implorant l'assistance de Marie , on voit trente-huit personnages représentant des prélats, des princes et des personnes de toute condition. L'élude de ces figures est pleine d'intérêt , car il est très-probable que, pour la plupart, elles reproduisent les portraits (1) des personnes qui avaient fait faire la peinture, et s'étaient placées ainsi sous la protection spéciale de la mère da Sauveur. Ce tableau, qui est entouré de bordures chevronnées ainsi que les grands caissons qui ornent la voûte de la chapelle, avait 9 pieds de long sur 6 pieds 9 pouces de hauteur.

Tout porte à croire que ces peintures sont du quinzième siècle, et quelques-uns de leurs détails permettent de resserrer entre peu d'années leur date précise : Aux pieds de la sainte Vierge sont deux papes : l'un, celui de droite, porte dans sa tiare la couronne à pointes , symbole de la puissance active : c'est le pontife régnant; le vêtement de l'autre est orné d'une riche bordure où sont répétées les armes de Savoie; c^tte marque particulière et distinctive ne peut convenir qu'au célèbre Amédée, qui occupa le trône pontifical jusqu'en 1449, et lepape régnant n'est autre que Nicolas V, son successeur inamédiat; c'est donc entre la date de l'abdication de Félix (15 mai 1449) et celle de sa mort arrivée, comme nous l'avons dit, les premiers jours de l'année 1451, qu'il faut placer la date de cette page curieuse de la peinture à Genève. L'absence d'évê-

(1) Bonivard, dans ses Chroniques, décrit un tableau disposé d'une manière analogue qui se voyait, de son temps, dans l'oratoire de Plainpalais, et il nous dit que plusieurs dos principaux bourgeois « étoient pourtraitz au vif dun cousle, leurs femmes do lauUre.» Chroniquefy t. ï, 2^ part., p. 111.

PL. XXXU.

ARHOIRISS DBS ÉviQVBS. 257

le dans le tableau confirme que c'est bien du temps d'Âniédée, ai était admînîslraleur de 1 evéché de Genève, qu'il a été fait : î prince représenté derrière Nicolas doit être le duc de Savoie iOuis, Anne de Chypre, son épouse, et les |)rincipaux peronnages de cette époque se retrouvent sur ce lahleau qui, jiensoDs-nous , fut peint h l'occasion du grand jubilé célébré ponlificalemenl à Rome et h Genève a la fin de l'année

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