U RÉFORMATION GENEVE 23 AOUT
(a) Parmi le grand nombre de médailles, frappées eu divers temps au sujet de Calvin, on en remarque de fort curieuses. Telle est celle qui dans un sens représente sa tête et dans l'autre le masque du diable, ioan. calvinvs heresiARCHA PESSiMvs , ct une autre figurant Calvin jeté par les démons dans les goiiffres de l'enfer. Cette dernière se voit dans l'ouvrage d'Argelati, De monetis Mice, t. m, p. 35.
sonnifiée, tenant la Clef et TAigle et le soleil avec les molS)
VERITAS MENDACIUM LVX TENEBRAS EXPELLIT (1).
La plupart des sceaux de la Chancellerie de Genève portent autour des armoiries leur indication au lieu de la Légende, qui aurait dû se trouver sur le contrescel, si ce dernier avait été eu usage, de la même manière que les revers des monnaies nous la présentent le plus souvent; ces dernières offrent jusqu'en 1689 les mots GENEVA civiTAs (2) écrits autour de l'écusson ; à celle époque ils sont remplacés par, respvblica genevensis (3) encore en usage aujourd'hui sur les timbres de quelques administrations (4). Les mots, geneve république et république
(1) La vérité chasse le mensonge comme la lumière chasse les ténèbres.
(2) On trouve gevena ciyitas sur une pièce du commencement du seizième siècle, et genvina civilitas sur un sol de 1591.
(3) Deux frappes de troissols, de Tannée 1689, présentent l'une cette légende, l'autre, Geneva civilas. Un neuf-deniers de 1708 porto GENEUA RESPLBL. La dénomination de Communauté de Genève fut employée jusqu'au milieu du quinzième siècle. En 1459, on commença à se servir du mot Respublica; mais on n'attachait point alors k ce mot la même idée qu'aujourd'hui, et il signifiait simplement la chose publique, car plusieurs souverains de l'époque qualifiaient leurs états de République.
On trouve dans les manuscrits de Goulard les anagrammes suivants sur CCS deux dénominations :
UeSPUBLICA GENEVENSIS,
Gens sub Celis vere pia (a) Geneva civitas .
Gens, Cave Yitia, . ;
Aliud Euge, ita vincas.
Aliud Ac Genita vives '
Aliud Eu vici, sta, auge,
(4) Timbre des passeports.
(a) Un vieux manuscrit attribue cet anagramme au prince de Hesse-Casw^ séjournant à Genève en juin 1602.
DETAILS HI^RALDIQURS. 171
EvoiSB se lisent sur les pièces frappées de 1794 h 98 ; les inaies de TancieD système, faites après la Restauration portent vertu de la loi du 18 avril 1816 , les mots, nÉPiBMQUE et iTONDB GENKVB (1), dénomination qui avait officiellement opiacé celle de ville et république de genève, abolie en 15 (2); enfin la Légende post texebras lux a reparu auir de l'écosson sur les nouvelles monnaies décimales. On trouve dans les manuscrits de Minutoli quelques devises ïoboliques relatives à Genève, cet auteur raconte que M. de ^nl-%omain allant en Suisse en qualité d'ambassadeur du toi Très-Chrétien, on crut qu'il passerait par Genève, que Ton isposa toutes choses pour sa réception, et qu'en particulier on )Qimanda quatre escadrons de cavalerie, pour les cornettes deslelles le célèbre professeur fournit des devises dont il donne la îscription suivante que nous transcrivons textuellement. « I. Vn soleil regardant vne plante de moutarde laquelle )r la faveur de cet Astre nonobstant la petitesse de sa seleoce seroit creûe suffisamment pour donner retraite h dos iseaax qui y viennent faire leurs nids avec ces mots : ita VExrr vt et nidificent aves coelt. » (Dieu Ta fait tellement raodir que même les oiseaux du ciel y trouvent leur retraite.)
« Le soleil est nôtre Seigneur Jésus-Christ qui a élevé celle ^lile ville à la gloire de servir d'asyle et de demeure à quantité le fidèles qui sont autant d'oiseaux du Ciel ; et dans un autre '^D8 cela peut avoir rapport au Roy de France qui en est le i^rolecleur et le bien-faiteur. »
« 11 me vint aussi en pensée qu'on pourrait garder le même •îorps et l'animer seulement de ces mois : evehit et alit, mais 'îela pouvant convenir à toute sorte de piaules et n'exprimant pas si bien ny la petitesse de Genève, ny sa gloire nonobstant cela
0) On trouve seulement canton de geneve sur le papier de 1816,
probablement timbré aHlérieuremenl a l'époque do la promulgation do
la loi.
(^) Loi du 20 août.
ie lïi'arretois plutôt aux premières paroles ou ces mots, Vl et mdificent aves cœli font d'abord souvenir ceux qui les lisent que cela est pris de la parabole Evangelique ou la plus petite des semences nous est représentée comme produisant vn arbre de considération, ce qui outre la réflexion sûdite de la retraite des fidèles quadre tout à fait bien a Genève, qui pour être n très -petit Estât ne laisse pas d'avoir quelque réputation dans le monde, et comme c'est vniquemenl de la prédication de TEvangile qu'elle luy vient, il n'est pas hors de propos de se servir pour le marquer d'vne image que l'Evangile même nous en donne. »
« II. Pour marquer simplement les favorables regards et les bénignes influences tant du ciel que de la France envers Genève on pourrait peindre vn Soleil qui regarde un Laurier avec ce
mot, SEMPERBENIGNE OU SEMPERÂMICE OU NUNQUAM IRÀTUS OB
HANC QUOQUE PHOEBUS AMAT, et Cela fondé sur l'amour de Phœbus pour Daphné qui fut changée en laurier et que le soleil n'a pas laissé de regarder toûiours amiablement, »
« liL Si Ton ne veut regarder qu'à Genève et a sa miracB* leuse subsistance nonobstant les machinations et les efforts de ses ennemis, on peut peindre des ioncs et les vents qui les agitart mais qui ne les rompent pas, avec ces mots : agitant sed non FRANGUNT ; et ccla fera voir non-seulement la petitesse et Yhvr milité, mais aussi l'adresse des Genevois qui subsistent plûlât en pliant en beaucoup de rencontres» que par une résistance ouverte. »
« IV, On peut encore, en ne regardant qu'à Genève, ioindre sa petitesse et son éclat sous la figure, ou d'vn Colier de perles ou d'vne perle seule, avec ces mots : nec parva sine pbbcio (précieuse quoique petite) ; si l'on se sert du Collier cela marquera son Gouvernement Républicain, et même Démocratique par l'égalité des perles, et si Ton n'en met qu'vne cela aura son rapport à ce qu'elle est réduite à vne seule ville. »
€ V. L'Erreur populaire louchant le nom de Genève qu*on
DETAILS HERALDIQUES. 173
>ut tirer des Genévriers pourroit faire prendre td Genévrier vec son Trait et ses pointes et ce mot : humilis et tuta. » c YI. On aurait peu se tenir au corps ordinaire de ses armes ni sont le Soleil vue Aigle et vne Clef avec ces mots : cui
ESERET CLAUDATVE VIDET , OU \T CLAVE VTENDUM SOLE lUms VIDET 9 OU PENETRANT ET CUSTODIUNT. »
&• DiA Timbre et de lu Couronne.
Plosieurs monuments anciens présentent l'écu de Genève couronné ; nous avons vu la Couronne impériale antique sommer la Clef et TÂigle sur la sculpture faite au Collège en 1561 ; la Couronne impériale moderne se trouve sur l'un des écussons ligorés dans les projets de restauration du temple de Saint- Kerre faits au milieu du dix-huitième siècle (1).
Sur Tun des timbres du carillon on voit le diadème fleurdolisé^mais de toutes les Couronnes, celle que Ton rencontre le ^Qs souvent sur l'écu de Genève est celle de marquis, à cause fc la qualité de Genève qui était ville marquise^ c'est-a-dire ^oée sur les marches ou frontières de l'Empire. La Nouvelle ^thode de hlctëon du père Ménestrier, réimprimée en 1780, ^Encyclopédie Méthodique qui parut peu après, \es Souverains du liHWMie, ouvrage de 1734; et plusieurs autres (2) offrent celte couronne.
Dans ce dernier ouvrage on voit des lambrequins d'or accompigner la Couronne; les découpures ou feuillages qui ornent les <^rtouches sur lesquels reposent plusieurs de nos écussons, peuvent être considérés comme ayant quelque analogie avec les lamwequins, et de ce que ces derniers servaient ordinairement à re-
(1) Atlas de Saint-Pierre, n" 411 bis, feuille n** 8. Arch. de la So- <^'eié Economique.
P) Voy. Einleitung zu der Wapen-Kunst, 1729.
174 ARUORUL GENEVOIS.
couvrir le casque, on est peut-élre en droit d en conclure que pour compléter Técu de Genève il faut le timbrer d'un casque sur lequel reposerait la Couronne.
Aucun monument ne nous autorise toutefois, d'une manière positive, à joindre ces ornements k la Clef et l'Aigle, mais on doit se souvenir qu'avant d'être armes de domaine^ Vécu de Genève fut d'abord celui d'une municipalité, et qu'ainsi il ne pouvait recevoir les attributs qui peuvent aujourd'hui lui être régulièrement ajoutés. Dans le cas où cette admission aurait lieu, le casque devrait être d'or damasquiné et brodé, taré de front, la visière ouverte et sans grilles, comme il convient à unElat souverain; la Couronne d'or (1) serait placée sur un tortil aux couleurs des lambrequins soit pourpre, or et azur (2).