‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 106 sur 176 · V. Le Pofgre · texte numérisé non relu

V. Le Pofgre

3. V. la lettre de ciucli|ues conseillers de la Curie à l'empereur Conr;ul (p. 176).

■4. « Va\ partie détruit, dit le POi?^'0, au iiuinzième siècle Qt'Ace à la sottise des Romains. » — V. (jibbon et Sismondi.

également envahi par des contre-loris et des tours. Le Palatin leur appartenait du nord au sud '. On se souvient qu'au huitième siècle le « Palais impérial » avait été habité par Charlemagne : rien ne serait intéressant comme de pouvoir donner des détails sur ce qu'il en i-estait au moyen âge. Malheureusement les chroniques du temps gardent à ce sujet un silence singulier. Pas un seul mot! aucune église, aucun temple signalé! — Un pèlerin juif* se contente de dire : « Il y a dans la ville le palais du grand Jules César... »

On sait fort bien que le Septizommn\ attaqué par Henri IV, ne fut pas détruit, puisqu'on voyait encore ses sept étages de pierre, de marbre et de porphyre, sur le Palatin, au quatorzième siècle. Cela nous porte à croire que l'incendie allumé par Robert Guiscard épargna le Palatium. Au milieu des grandes ruines du palais aujourd'hui déblayées et sur les chambies de la xMaison-Dorée, où l'on a depuis trouvé tant d'œuvies d'art ensevelies *, les Frangipani avaient sans scrupule bâti leurs châleaux forts, ceux-là mêmes auxquels s'acharnèrent les Romains , et qu'ils « jetèrent par terre» sans doute avec une partie du palais servant de

1. Lne partie des anciens palais impériaux apparlieut aujourd'hui à Nu' poléoH III, et l'on y pratique des touilles qui donneront peut-être des résultats bien intéressants,

2. Benjamin deTudela, dont les récits sont aussi l'abuleux que ceux de Zacharia et de l'auteur des Miiohilia.

3. Le Se/>/î,:o«iMW, qui avait échappé aux Vandales, aux Frangipani et aux Romains, l'ut démoli par le Pape Sixte-Quint; — il employa ses colonnades de marbre à la décoration de Saint-Pierre. — Pétrarque l'a décrit et admiré.

4. Ampère rapporte que les peintures de la Maison-Dorée ont tburni à Raphaël le modèle de ses arabesques.

fondations; car le Poggc a dit de cette colline : «11 n'y a plus rien dont on puisse dire : Ce fut ceci ou cela. »

Le « Cirque Maxime » (le croirait-on?) avait été loué à ces mêmes Frangipani, — les vrais rois de Rome, — par le pape Luciusll. Les remparts et les tours de leur famille s'y étalaient à l'aise. Ils devaient provoquer, comme leurs citadelles Palatines, la colère des Romains. Ceux-ci ruinèrent du même coup les restes du Grand Cirque et les possessions Frangipaniennes. — Pour en finir avec ces hauts seigneurs, disons encore qu'ils fortifièrent un grand nombre de Janus, aujourd'hui détruits, sans doute de la même manière que leurs autres repaires.

A l'extrémité du Grand Cirque, s'élevait l'église de Sainte-Marie in Cosmeda '. Plusieurs antiquaires se sont demandé où l'architecte a\ait pris ses matériaux. Triste question que l'on se pose involontairement, chaque fois que surgit un monument nouveau. Dans l'ancien Forum Boarium, près de l'église neuve, le lourd « Janus Quadrifons » , qu'on voit encore, était couvert de plusieurs étages parasites, ainsi que le petit arc de Sévère à ses pieds. Il y avait là des ruines de temples, crus l'un de la Fortune Virile et l'autre d'Hercule. Sur leurs restes, se sont élevées les églises de Saint-Étienne au bord du Tibre et de Sainte-Marie l'Égyptienne ^

Cette haute construction carrée, en face du pont des Sénateurs, c'est l'édifice appelé par la légende Casa diRienzi, Est-elle antérieure au douzième siècle?

1. Dédiée par Calixte 11. — Ampi-ie croit qu'elle occupe l'emplaoenioni d'un Temple de Cérrs.

S. Voyez sur le plan l'entrée de la Cloaca Maxitna.

J'en doute, en dépit du latin corrompu de l'inscription *. Elle porte, malgré la grossièreté des détails et le mélange des styles, l'empreinte de la renaissance : comme tous les édifices du moyen âge, on l'a décorée avec les dépouilles de divers monuments antiques -. Entre le mont Capitolin et le Tibre, près du Théâtre de Marcellus, il y avait une prison, appelée Prison de Claude. Elle était devenue l'église de Saint-Nicolas in carcere^.

Parcourons à la hâte le vieux (( Champ de Mars » , qui n'était plus le Champ de Mars, mais Rome presque entière. Il avait perdu son nom au moyen âge; on appelait alors Champ de Mars l'espace situé sur le bord du Tibre depuis le Tombeau d'Auguste et le mont Citorio jusqu'au mont Giordano \ La vaste plaine, remplie de maisons, avait des églises pour monuments; aucune n'est célèbre. Il est curieux pourtant de les remettre en place avec leurs noms parfois expressifs.

1. En voici quelques vers cités par Gregorovius (iv, p. 643) :

Vos qui transitis secus optima tecta, Quirites, Hac pensate domo, quis Nicolaus homo.

On lit plus bas :

Surgit in astra domus sublimis — culmina cujus Primus de primis magnus Nicolaus ab imis Erexit Patrum decus ob renovare suorum.

Stat patris Crescens matrisque Tlieodora nonien,

«< C'est à tort, dit avec raison Gregorovius, qu'on a vu dans celte construc tion un palais du fameux Crescentius. »

2. Nibby l'a placée dans son plan de Rome ancienne. Piranesi la croit du quinzième siècle.

;). V. le Rituel. V. aussi le plan de Nolli. Non loin de là on a donné à des ruines insi;rnifiantes les noms des temples de l'Kspérance, de la Piété et de Matuta, situés dans le Forum Ofiforiunu

i. Ses limites sont assez bien déterminées parle Rituel et par les églises de S. Maria in Posterula (v. le Rituel) et de S. Maria in Campo Marzo (V. Nolli).

Celte grande ruine, dont une partie a déjà formé une petite colline, c'est Tancien Théâtre de Marcellus. Il sera bientôt l'orlifié par les Savelli ; en attendant, des l)outi(iues ont envahi les arceaux du portique, — des boutiques de bouchers sans doute, car il y a là un marché à la viande. — Les Romains croyaient même avoir réalisé un projet de César en créant ce marché '. — Un peu plus loin, les belles ruines du Portique d'Octavie sont signalées par la présence de deux églises : Santa Maria in Porticii et Santa Maria in Schola graxa, vieilles églises, construites bien avant le douzième siècle; car l'ignorance avait depuis longtemps elTacé le souvenir de cette « école grecque » , dont l'église a pris le nom -. — Le Cirque Flaminius offrait au temps d'Ariiauld des restes importants; les côtés extérieurs de l'enceinte abritaient des boutiques sous leur ombre. Ces grands murs rendaient la rue si noire qu'on l'appelait la Via délie botteghe oscure \ Le cirque était tellement caché par les constructions que le Pogge ne vit là qu'un (juartier populeux. Deux églises dominaient ses ruines : l'une, construite au sommet des gradins de piei-re, appelée Santa Salcator in Pensili *, et l'autre, Santa Lucia incircojuxtasepta Salis. Ce qui déteimine à peu près remplacement des Septa Julia,

1. « Une parlic d'un second tlit-àlre (celui de .Marcellus) esl entre la colline Tarpéienne elle Tibre; là s'ouvre aujourd'hui un marché A la viande. (|ue jadis, comme on le rapporte, Jules César eut l'intention de construire.» (Le Pojîiïe, V. ce texte aux Pii-ce'i Juslificdlires.)

1. On se souvient (|uil y avait dans le portit|ue d'Octavie une j^alerie de tableaux grecs, appelée ^(./loia gr.ica.

3. Ce nom du moyen à'^e existait encore au dix-huitième siédo. (V. le plan de Nolii.)

4. Y. Ampère. Sans doute la i)artie du cirque écroulée avait tonné une plate-forme au niveau des gradins lestés intacts.

appelés dans les bas siècles « Septa du Soleil » . Je les laisserai où les a placés Nibby, près de Saint-Marc *. Mais je changerai l'emplacement du Cirque Flaminius, qui doit évidemment être reporté au nord. — Que restait-il du Septum? Rien peut-être que le nom, puisque le Pogge ne le cite pas.

En redescendant vers le Tibre, nous trouvons le mont Cenci -, formé des ruines du Théâtre de Balbus. Le Pogge signale ici un beau portique dit de Philippe ^ — Les ruines du Théâtre de Pompée, renfermées dans des constructions particulières, n'avaient alors aucun nom. Les uns croyaient qu'il avait été dédié par Symmaque, préfet de Rome, les autres par Pompée. Mais on ne pouvait ajouter foi aux assertions contradictoires de ces illettrés. Le Pogge découvrit sa véritable origine en lisant une inscription nouvellement déterrée. — Un peu à gauche, entre le théâtre de Pompée et le stade de Domilien, se trouve encore la place « del Camj)o (H fiori » , ainsi nommée au moyen âge. Ne vous laisse/ pas prendre à ce nom charmant. 11 cache quelque chose de sinistre : le lieu des exécutions. C'est là qu'on brûlait les hérétiques '. C'est là peut-être que le bûcher d'Arnauld fut allumé; car une rue conduisait presque en droite ligne, comme aujourd'hui, an pont et au château Saint-Ange où il fut enfermé '\

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