‹ Arnauld de Brescia et les Romains du XIIe siècleChapitre 89 sur 176 · V. Horace. Sut. I · texte numérisé non relu

V. Horace. Sut. I

4. Néron devait, cinquante ans plus tard, du haut de cette tour, regarder brûler la ville d'Auguste et d'Ayrippa, que Mécène avait contemplée souvent à la même place.

De cette ville si bien organisée pur Auguste, le premier oi'ganisaleur du monde, partaient, se dirigeant vers tous les points de l'Empire, des voies extraordinaires, qui étonnaient les anciens eux-mêmes', ('e qui nous intéresse surtout, c'est l'aspect de ces voies aux portes de la ville, quand les sépultures fastueuses des Grands formaient de chaque côté une allée monumentale. J.-B. Piranesi a donné , dans un étonnant frontispice, « une idée de la voie Appienne* » . Rien de plus imposant que cet entassement de tombeaux. Les mausolées gigantesques, les pyramides, les obélisques, les cippes, les urnes funéraires, les sarcophages de marbre et les bustes des morts célèbres s'y pressent dans un ordre magnifique. Auguste s'était construit lui-même un vaste mausolée dans le champ de Mars, non loin de celui de Sylla, et l'avait entouré d'un bois, qui déjà de son temps servait de promenade publique.

11 faut nous arrêter dans cette énumération déjà longue^ des monuments au temps d'Auguste. Nous n'avons d'ailleurs d'autre but que de montrer les édilices s'accumulant dans Rome avec une rapidité incroyable, à laquelle on ne peut comparer que les

1. « Les voies romaines, disent Slraboii el IMiilarque, jiavent les plaines, lendcnl les uionla^nes, passent sur les torrents franchis et sur les vallc^es . .jiiiblres. » — Kt quelle suliilitc ! On croirait que ces routes de pierre sont l'ieuvre d'un peuple inimuable, qui doit toujours garder l'empire du monde.

■2. « Iilea délia Via Afijùa. » — V. aussi dans Smith la rue des Tomiieaux à Pompéi.

:!. Quoique bien incomplite. — Il nous est impossible de nous occuper ici des nmrs de Servius, déjà ruinés à cette éinupie (V. J.-J. Ampère el A. Rich). —Nous ne pouvons pas non plus entrer dans des détails sur les rues et les quartiers de P>omc. — Pour les portes, voir plus loin.

causes de destruction qu'on va voir déjà surgir de toutes parts. La fièvre de construire n'abandonnera pas de sitôt les successeurs d'Auguste; mais c'est bien rarement que nous trouverons à Rome, pendant la période qui va suivre, une raison sérieuse d'utilité publique, dans l'érection des monuments nouveaux. On construit encore des temples; mais il ne s'agit plus guère de piété envers les Dieux. En voici venir de nouveaux à la suite du Divin César. Nous aurons le Divin Auguste, le Divin Claude, les D. Titus et Yespasien, le D. Antonin et la D. Faustine... — Retenant toutes les traditions du fondateur de l'Empire, les successeurs d'Auguste achèteront la popularité par les mêmes moyens que lui : mais parfois ce triste prétexte disparaîtra lui-même; — Caligula et Néron n'auront bientôt d'autre but que d'étonner le monde par des constructions impossibles.

Tibère réunit sa maison à celle de son prédécesseur, sur le Palatin; il pose les fondements du temple d'Auguste, dédie ceux de Castor et Pollux , de la Concorde et de la Fortune Fortis ; élève un arc de triomphe, et, tandis que Séjan construit le camp des Prétoriens, fait réparer la prison d'Ancus : enfin il commence la réédification du théâtre de Pompée incendié.

Caligula, expropriant les riches citoyens qui ont encore des maisons sur le Palatin, agrandit démesurément le palais d'Auguste et de Tibère, et jette un pont insensé jusqu'au Capitule par-dessus le Forum Romain. 11 commence deux aqueducs : l'Aqua Claudia et l'Anio novus, dont les arcades gigantesques porteront les eaux à cent neuf pieds d'élévation, et construit un cirque

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