‹ Arretons les frais comedievaudeville en un acteChapitre 5 sur 25 · SCÈNE Ht · texte numérisé non relu

SCÈNE Ht

marasquin. Eli bien?...

georget. Nous trouvâmes uu dénomment qui n’était pas dans la pièce... Elle linissait par trois assassinats, auxquels, bien que ne suivant pas la classe du chant, nous eûmes l’instinct de substituer une fugue!

MARASQUIN, riant. En mi bémol?

georget. Non, c’était en mi-aout... quinze jours avant le 1 er septembre... Jusqu’à la lin des vendanges, nous oubliâmes le monde entier.. Ah! quel rêve !... Une tante de Lu* cile, madame veuve Pince-Moulin, fut notre cauchemar ! Elle était riche, nous pas du tout... elle fit ses conditions... Nous quittâmes la banlieue du mariage, et franchîmes solennellement la barrière municipale... après avoir quelque peu fraudé l’octroi.

‘ marasquin. Très-bien !

georget. Ne te presse pas... Si tu savais ce qu’est devenu notre intérieur, qui avait été pendant un an si heureux... sous la forme non officielle... dans ce petit logement que je l’avais cédé... un véritable enfer!... La maudite tante Pince- Moulin, veuve d’un avoué de Falaise, est le génie de la chicane. Elle avait des invention^ d’huissier normand pour mettre la discorde entre Lucile et moi... Cette femme n’est pas un caractère... c’est une maladie... J’ai consulté...

marasquin. Un avocat?

ceorcet. Non... un physiologiste de mes amis... Le cas est connu, et le remède inscrit au Codex de la médecine sociale... C’est la lièvre du huitième lustre... la crise Balzac! Il faut un mari!... Mais, au fait, pourquoi ne l’épouserais-tu pas*., toi qui aimes tes aises et ton mobilier?

MARASQUIN, riant. Ah! ah! ah!

georget. Ne ris pas! c’est un bon parti... pour toi... un assez joli coucher de soleil... dix-huit mille livres de rentes... une maison à Saint-Mandé... sous les fortifications... l'amour des petits plats... et tu es un peu sur ta bouche... Oh! épousela! ou je ferai un malheur... car tu ne sais pas, je vais plaider eu séparation !

marasquin. Par exemple I mon pauvre ami!

ceorget. Oui, c’est la belle tante qui a mitonné ça... Elle a été trouver maître Chipotard, uu ancien clerc de son mari, aujourd’hui exécutant le client pour son propre compte... rue des Martyrs.

marasquin. Bigre! lu as affaire à forte partie, le praticien le plus retors du Palais... avec ça, une imagination!...

georget. Quand un avoué a de l’imagination, ça va loin.

marasquin. 11 est capable de tout!.,.

georget. A qui le dis-tu?... Ils ont déjà si bien travaillé, la Pince-Moulin et lui, que je suis aujourd’hui sur le pavé.

MARASQUIN. Toi!...

georget. Oui! sans pain ni sel!.,. La vie commune étau

insupportable, nous av.ons donné congé de notre appartement pour aller vivre chacun de notre côté, ma femme et moi, jusqu’à l’issue du procès... Le déménagement devait être fait à l’amiable... dans quelques jours... mais ce matin, après un orage terrible plus que tous, les autres... un vrai temps de cap Horn... j’ai fait mes paquets sans rien dire... 11 faut montrer du caractère! Et, en attendant que je trouve un réduit, je sollicite l’hospitalité de ton toit... qui a été le mien dans des temps plus heureux... Ah!

marasquin. Mais je u itte aussi ce logement... J’ai mis écriteau...

georget. Bah !

marasquin. Je vais me marier.

georget. Légitimement?...

marasquin, d’un air digne. Georget... c’est en province! georget. L’est juste! Lu province, on ne connaît pas la lisière du mariage. Mais alors, tu cherches à ton tour un locataire ?

marasquin. Précisément!

georget. Tu l’as trouvé! C’est moi. Je finirai ton bail! MARASQUIN. Bien, bien, c’est convenu! (Regardant sa montre.) Credié ! je suis en retard de trois minutes...

georget. Absolument comme la tante, un vrai chronomètre... Ah! comme elle l’irait cette femme-là! marasquin. Je cours à mon bureau!

georget. lit moi, je vais chercher mes bibelots! marasquin, le poussant d’un côté. Prenez donc garde!

GEORGET, le poussant de l’autre. Gare-là 1 (Grinçant, pirouettant, tombe sur un fauteuil.)

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