‹ Arsène Darmesteter: Reliques scientifiques recueillies par son frèreChapitre 34 sur 41 · A LONDRES · texte numérisé non relu

A LONDRES

LA JEWff FREE SCHOOL

La plus vaste école primaire d'Angleterre, et Yraisemblablement d'Europe» est la Jewa* Free School à Londres ; elle contient aujourd'hui environ 3^200 élèves, en chiffres ronds : 1,950 garçons et 1,250 ûlies. J*ai eu dans ces derniers temps Toccasion de la visiter et je crois être agréable aux amis de TEnseignement primaire et aux lecteurs de la Bêvue Pédagogique en leur donnant quelques renseignements sur cette école modèle, trop peu connue.

Dans un des quartiers les plus humbles et les plus pauvres de la Cité, dans une de ces nombreuses rues étroites et sans air où pullule une population misérable, à Bell Lane, dans Spitalfields, s'élève un immense édifice de briques rouges, d'architecture sévère, à quatre étages, ayant 18 mètres de front. Sur la façade on lit une inscription hébraïque signifiant Eivde de la loi et instruction des enfants^ et au* dessous :

JBWS' FRKE SCHOOL, FOUNDED 5577-1811,

RBBUiLT 5643-1883,

« école gratuite Israélite fondée en 5577 (1817), reconstruite en 5643 (1883) ».

Ce bâtiment fait un singulier contraste avec les misérables maisons qui l'avoisinent- Il semble qu'on ait voulu installer ce foyer d'instruc-

tion en plein milieu d*ignorance et de misère ; c*est attaquer Tennemi au cœur môme de son empire et atteindre le mal à sa source.

Cette école est Toeuvre d*un seul homme, le directeur, M. Ângel. Il y a consacré toute une vie d'intelligence, de dévouement et de sacrifice.

Quand M. Ângcl reçut du comité Israélite la direction de cette école, le 2 janvier 1840, c'était une école mutuelle qui végétait depuis un quart de siècle.

Elle contenait 216 garçons et 120 filles, et il y avait place pour 600 garçons et 300 filles. Frappé des inconvénients nombreux de l'enseignement mutuel, M. Ângel résolut de le transformer et se mit à créer un personnel de maîtres. Il annexa de sa propre autorité à Técole primaire une école normale dont il était à la fois le directeur et le maître unique. Après les heures de classe, il prit à part quelques jeunes gens et quelques jeunes filles, choisis parmi les meilleurs de ses élèves, pour leur donner une solide instruction qui leur permît d'affronter les divers examens de renseignement.

11 forma ainsi un état-major de professeurs auxquels il sut inspirer la passion de dévouement et de sacrifice qui l'animait, et au bout de quelques années le système mutuel put être abandonné. L'école cependant prospérait et voyait chaque année grandir le nombre de ses élèves. En 1853, elle était assez importante pour être placée sous l'inspection de l'Etat {iinder inspection). Cette situation lui imposait de nouveaux devoirs, en mémo temps qu'elle lui permettait d'espérer des subventions ministérielles. Elle devait se soumettre au programme de renseignement officiel et à la législation régissant le personnel enseignant, admettre les visites et subir les examens minutieux des inspecteurs ; elle perdait une partie de sa liberté pour recevoir en revanche le concours de l'État.

Quand le premier inspecteur se présenta (c'était le célèbre publiciste Mathew Arnold), récole avait déjà son cadre complet de professeurs. Depuis elle ne fit que s'étendre, et, étouffant dans le bâtiment qui lui était nffcîcté, elle s'est fait construire récemment le nouvel édifice de Bell Lane dont M. Angel lui-môme a dressé les plans.

I/encointe forme un immense rectangle occupé par des constructions sur trois côtés, le quatrième bordant en partie une cour ou préau qui laisse ainsi do droite et do gauche deux vastes ailes et en avant une salle rectangulaire. Le préau est la cour de gymnastique et de récréation des garçons, dont l'école prend l'aile gauche ; l'aile droite, qui a aussi sa cour centrale, est l'école des filles. La salle de face, bordée par les deux ailes, le préau et la façade, est la salle de séances du conseil de l'école, qui se transforme à l'occasion en salle de concert (l'école donne de temps à autre des concerts de charité au profit des

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familles des élèves pauvres) et, aux jours des solennités religieuses, en maison de prière. Elle peut contenir de 1,800 à 2,000 personnes.

L'école comprend 73 salles de classes, 45 pour les garçons, 28 pour les filles. Actuellement 66 de ces salles sont occupées, 43 par les garçons et 23 par les filles.

Les sept divisions (standards) entre lesquelles le programme officiel répartit renseignement primaire se partagent inégalement les salles. Les premières divisions, c'est-à-dire les plus faibles, ont naturellement le plus grand nombre d'élèves.

Voici du reste la statistique :

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