GONSTRUCTÏONS DE DIFF, GENRES
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Maçonnerie en Brique.
La maçonnerie dans laquelle on em-
{ iloie la brique est d’un grand usage dans es pays où la pierre es t rare ou de mauvaise qualité , et elle présente une grande solidité quand la brique est faite de bonne terre bien pétrie et bien cuite. Si la brique était tendre et spongieuse, il faudrait éviter de remployer dans les fondemens , parce que L'humidité ne tarderait pas à la pourir , et ne la réserver que pour les murs intérieurs , car il ne conviendrait pas de l’employer à l’exté-i rieur pour des constructions destinées à une longue durée. Si elle était bien cuite au contraire, on pourrait l’employer avec avantage dans toutes les parties du bâtiment , quoiqu’il valût toujours mieux faire usage 'de pierre de taille' pour les pieds-droits des baies, les encognures , corniches , etc. Si l’on voulait économiser sur la pierre de taille, on ferait bien néanmoins d’en placer des quartiers, appelés battées , au haut, au bas et au milieu des jambages , afin de recevoir les gonds des portes, les gâches
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des serrures , et les. divers objets qui demandent à être scellés*.
L’épaisseur des murs de brique est désignée communément par l’énonciation de la quantité de briques où de parties de briques qui constituent cette épaisseur.
Ainsi, l’on dit d’un mur qu’il est de deux ou trois briques d’épaisseur, lorqu’il est formé de deux ou trois briques.mises bout à bout* Il est de deux briques et demie , s’il est formé de deux briques dans le sens de leur longueur, auxquelles on en ajoute une dans le sens de sa largeur.
Enfin il est d’une brique, d’une demi-* brique, d’un quart de brique, selon qu’il est formé par la longueur, la largeur, ou l’épaisseur d’une brique. Dans ce dernier «as, la brique est mise de champ , ce qui n’a jamais lieu que pour des séparations peu importantes, à la solidité desquelles on ajoute , en plaçant de distance en distan ce, des poteaux de bois et dés traverses.
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Après ces détails sur les dillérentes espèces de maçonnerie ,. nous allons reve-
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nif à notre propos, et parler des soins et des précautions dont l’observation est nécessaire lorsque l’on élève des murs.
Murs de face.
Il faut observer, comme nous l’avons déjà dit, de. faire les premières assises du rez-de-chaussée en pierre de taille, toutes les fois que l’importance do la construction le demande, et de placer ces pierres par assises égales bien de niveau, et dans le même sens que dans la carrière; à, cet effet, on les appareille avec soin , et on les lie avec un lait de chaux épais, où. un mortier fin, sans cale. Dans les édifices qui méritent moins d’attention , on les cale avec des morceaux de latte, entre lesquelles ou fait couler du mortier, et on les jointoie.
L’épaisseur que lfon donne aux murs varie selon la destination du bâtiment, comme nous l’avons déjà dit; mais dans les villes où toutes les maisons s’appuient l’une l’autre, on a coutume de ne leur donner que deux pieds d’épaisseur pour dix toises d’élévation. On n’a pas oublié que les fondemens ont en sur—
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plus une épaisseur de six pouces. Dans l’élévation des murs, on observe de ménager en dehors de trois à six lignes de talus en retraite par chaque toise , çt de les construire d’aplomb en dedans. Si l’on voulait construire un mur isolé, et qu’il fallût ménager une retraite des deux côtés, l’axe du mur devrait toujours passer par le milieu des fondcmcns.
Lorsque l’épaisseur des murs que l’on veut élever a été déterminée d’après l’examen de la nature et de la qualité des matériaux , la connaissance des poids que ces murs ont à supporter, tel que le poids des planchers , clés entablemens ci des combles, et la considération de In poussée des arcades , portes et croisées* il faut élever le batiment , en ayant soin d’en fortifier les angles, en y employant de la pierre dure, lorsqu’on le peut, ci leur donnant une plus grande épaisseur.
On doit aussi n’employer , en général , que de bon mortier de chaux et de sable ; mais si l’on voulait employer du plâtre , il faudrait laisser un peu de distance entre les arrachemens et les chaînes de pierre , parce que le plâtre est sujet à renfler dans les premiers jours , et crue sa poussée pourrait nuire à la soli-
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dité des murs. Dans tous les cas , à -mesure que le bâtiment s’élève , il faut laisser par dehors, à chaque étage, une retraite d’un pouce sur la plinthe que l’on a coutume de ménager. , :
Murs de refend.
Les murs de refend demandent les mêmes précautions générales que les murs de face , seulement on les fait toujours moins épais. Quand on les destine à supporter des planchers, ils doivent avoir néanmoins une solidité considérable, et il convient de les élever à quelques pieds de terre, en pierre dure sur de bons fondemens, afin de les préserver de l’humidité. Du reste , leur épaisseur varie selon l’importance de la construction et les divers cas. L’épaisseur de dix-huit pouces est fort convenable dans les maisons particulières ; cependant on se contente plus souvent d’un pied ; et même quand la construction est en briques, on ne les fait quelquefois que de huit pouces. Quand ces murs ne sont pas destinés à supporter des planchers , on peut ne leur donner que l’épaisseur d’une demi-brique y ou
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même d’un quart de brique , mais alors il convient de consolider le refend par des montans et des traverses en bois.
Quelquefois même on les construit en planches latées que l’on recouvre d’un enduit. Il n’est pas de notre objet de parler des autres cloisons de bois dont la construction regarde le charpentier, et où le maçon n’a qu’un garnissage à faire.
Les murs de refend, destinés à supporter les planchers, reposent sur le sol, et s’élèvent d’étage en étage, en' diminuant quelquefois d’épaisseur à mesure qu’ils s’élèvent. Jamais ils ne reposent sur des planchers , et rarement sur des Voûtes, parce qu’ils les surchargeraient trop. Quant à ceux qui ne sont destinés qu’à faire de légères séparations à chaque étage , on les place sans inconvénient partout où il est jugé nécessaire.
Murs de Terrasse.
Les murs de terrasse diffèrent des précédens en ce qu’ils n’ont qu’un parement , et qu’ils sont faits pour retenir les lerres contre lesquelles ils sont appuyés. On en fait de deux espèces; les
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uns fort épais sans- contre-forts, les autres moins épais avec contre-forts. Leur épaisseur, du reste, est variables elon l’inclinaison et la nature des terres qu’ils sont destinés à soutenir, et encore selon la position plus ou moins défavorable où on les construit. Ces murs doivent généralement être très solides, parce qu’ils sont exposés à une forte poussée latérale , surtout en hiver et au priutenis , où les terres humectées par les neiges et les pluies ont plus de tendance à s’ébouler. Pour les rendre solides, ou leur donne une épaisseur considérable, et on les incline encore considérablement vers les terres qu’ils doivent soutenir; et, lorsqu’on ne leur donne pas une . grande épaisseur! on les soudent par des contre- forts. Dans les cas fort rares où on ne les élève pas en talus, on ajoute à leur épaisseur, et l’on place en dedans les contre-forts qui aur raient du être placés à l’extérieur.
Les meilleurs murs que l’on puisse construire en ce genre sont ceux que l’on fait en pierre de taille. Ces pierres doivent être alternativement posées, en carreau et en boutesie, comme cela se fait pour tous les murs en général. Quand
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on ne fait que les chaînes,' encoignures et cordons en pierre de taille, on fait le reste en moellon piqué par assises dans les paremens, et l’on place à l’intérieur du moellon dont on s’est contenté d’ôter le tendre. Dans quelques pays où la brique est commune, on met la brique en parement, au lieu de moellon piqué, et l’ouvrage n’en est que plus solide. Si l’on manquait de pierre de taille , il faudrait la remplacer par de la brique, dans les chaînes et les encoignures: la brique devrait être posée , comme la pierre de taille, en carreaux et boutisses alternativement. *
Dans la construction des murs de terrasse , il est d’usage de ménager dans leur épaisseur des ouvertures verticales longues et éiroites, et revêtues en brique ou pierre de taille, atin de permettre à l’humidité des terres de s’exhaler et de diminuer d’autant leur poussée. Ces ouvertures se nomment évens.
M14rs .de Clôture.
Xes murs de clôture, ressemblent aux précédens*, toutes les fois qu’ils sont places dans des endroits dont le- terrain n’est pas également élevé des deux - côtés*
•’j. .Art' du Miçoif.*< ;• il . il* 5>. ■ » ■•»*
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Dans ce cas, on leur donne une épaisseur et un taiujs proportionnés à l’elfort qu’ils ont à soutenir, et on y dispose egalement des évens. Dans les autres cas, leur construction ne présente rien de particulier ; on les élève avec fruit de chaque côté, et comme ils sont rarement en. pierre de taille, on se contente de les fort» lier de douze en douze pieds par des chaînes de celte pierre oq de brique. On distribue en outre quelquefois d’espace en espace des pierres, qui forment parpaing, et qui haut le moellon sur les deux faces, ajoutent à la solidité du mur. JU est avantageux aussi de faire les premières assises d’un cours de parpaing, ou au moins de moellon piqué. Les murs de clôture de quelque importance reçoivent un cliaperon en pierre de taille.
En Normandie, où l’on voit de trèsbons murs de clôture , on est dans l’usage de faire les premières assises sur le fondement avec ae gros cailloux que l’on trouve entre des bancs de calcaire tendre, tet que l’on place après les avoir équarris en tête. Au-dessus, on fait ré- .
gner un cordon de brique ; on fait une retraite d’un pouce , et l’on continue d’élever le mur en moellon tendre piqué en tête. Ces murs soutenus par des chai-
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nés île brique , et pour lesquels on fait usage de très-bon mortier, durent fort long-tems- On les recouvre avec un chaperon formé de briques inclinées, qui , d’un côté, s’appuient sur un cordon aussi de brique , et, de l’autre, supportent un rang de brique en carreau. Cette maçonnerie est liée par un bon mortier, avec des joints en ciment.
. Il se fait encore des murs de clôture en moellons , maçonnés avec mortier de terre, avec ou sans, chaux, maçonnés avec mortier de chaux et de sable. 11 s’en fait en plâtre et plairas, surtout aux environs de Pans. Enfin, il s’en fait aussi en terre.
Ces derniers reposent d’ordinaire sur quelques assises de moellons bruts ma- ’ çonnés en terre, et portent un chaperon de paille qui les protège coutre la pluie.