AU LECTEUR
Ce que tu liras icy, lecteur, escrit en ta faveur touchant la bonne part de ce qui appartient a l'art de la Poésie Françoise, n'est autre chose qu'un tesmoignage de ma bonne volunté. Volunté dy-je
5 que j'ai grande long temps a de voir, ou moins d'escrivains en ryme, ou plus de Poètes François. Lesquelz voiant avilis (i), et quasi ensevelis soubz l'obscure troupe de ces telz quelz escrivains (2), ne me suy peu garder d'éscrire : a fin que ces gentilz
0 rymeurs par la congnoissance de l'art, qu'ilz pourront prendre de mon éscriture, se gardent d'éscrire, s'en congnoissans bien loin reculez : ou s'ilz continuent