‹ Art poétique françoysChapitre 69 sur 173 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

T>e l'Epigr amme, et de ses usages et différences.

Qu'est epigramme. — Je commencera v a l'Epigramme comme le plus petit et premier œuvre de Poésie : et duquel bonne part dés autres soustenue rend tesmoi- 5 gnage de sa perfection et élégance (i). Or appelle-je Epigramme. ce que le Grec et le Latin ont nommé de de ce mesme nom, c'estadire. Poème de tant peu de vers qu'en requiert le titre ou superscription d'œuvre que ce soit, comme porte l'étymologie du mot, et 10 l'usage premier de l'épigramme, qui futen Grèce et Italie premièrement approprié aus bastimens et édifices,

8. L'Ed. A porte un accent sur le dernier e du mot Poème, faute évidente que nom corrigeons.

(i) Ce chapitre est mi des plus neufs du Traité. Les prédécesseurs de Sebillet n'avaient pas parlé de l'Epigramme, et Peletier n'ajoutera rien à ce qu'en dit notre auteur, dont la théorie est sans cesse appuyée sur l'exemple de Marot. La classification des épigrammes suivant le nombre des vers est fort heureuse et correspond bien à la classification des vers suivant le nombre des syllabes, indiquée dans le chapitre 5 de la I1" partie. Ce chapitre, comme les suivants, est copié sans vergogne par Delaudun d'Aigaliers, qui se contente de déclarer ill, 1, p. 94) : « Je suivray presque le fil d'un autre Art poétique, et le plus brielvement, qu'il me sera possible. » Colletet, dans son Discours de l'Epigramme {^4rt Poétique, Paris, 1658, in-12, p. 55) approuve ce qu'en dit « un autheur anonyme du dernier siècle, mais qui est en effet Thomas Sibilei, dans son vieux Art Poétique François ». A partir d'ici, et pendant toute la seconde partie, l'Abrégé de Cl. de Boissière suit de très près le traité de Sebillet, qu'il résume fort clairement en représentant par des schémas ingénieux chaque forme poétique, (f° 9 et suiv.) le f" 9, notamment, donne une excellente représentation schématique des épigrammes de 2 à 12 vers et du sonnet.

ou pour mémoire de l'auteur d'iceus, ou pour merque d'acte glorieus fait par luy. Et ne devoit plus contenir de vers qu'il s'en pouvoit escrire dessus un portail dedans la frise enfoncée entre l'architrave et la cor- 5 niche (i) prominentes par dessus lés chapiteauz dés Colomnes. Pourtant tiennent encores lés Latins Poètes leur distique (2 pour souverain épigramme. Mais pource que tout ce qu'on peut escrire en épigramme, ne s'est peu toujours comprendre en deuz- vers, lés

10 Grecz et Latins premiers, et nous François après euz (3), n'avons limité aucun nombre de vers pour l'épigramme : mais le alongeons tant que le requiert la matière prise. Et de là est-ce que entre lés épitaphes (qui ne sont autres qu'inscriptions de tombes, ou

15 épigrammes sépulchrauz escris en Marot. en trouvons de longs jusques a 30. ou 40. vers. Tu dois neantmoins penser que les épigrammes qui ont plus de vers, sont ceus aussv qui ont moins de grâce. Pource régulièrement lés bons Poètes François n'excèdent le

20 nombre de douze vers en épigramme : aussv en font

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