DE L EPIGRAMME
vers symbolisans, lés deus du mylieu demeurent en ryme platte : voy lés exemples dedans lés Epigrammes de Marot (1) : Car te lés escrire icy ne seroit qu'emplir papier.
De cinq vers. — De cinq vers, se fait en ryme croisée : maispource que le nombre de cinq est non pair, faut qu'il y ait deuz dés vers symbolisans en rvme platte : comme tu peus voir en ce cinquain 2 , par lequel Marot dédie son adolescence a une Damoiselle(3),
Tu fias pour te rendre amusée Ma jeunesse en papier icy :
Quant a ma jeunesse abusée.
Un autre que toy l'a usée :
Contente toy de ceste cv.
moins employée, au xv* siècle que la rime croisée (Châtelain, op. cit., p. 94, 96, 24;, 244 . Ni L'Infortuné, ni Fabri, ni G. Du Pont, ne traitent spécialement de cette disposition, qui acquerra, avec le développement du sonnet, une importance toute particulière.
| 1 Nous n'avons pas trouvé, dans toutes les epigrammes, un seul quatrain de la forme a b b a. L'exemple cité figure au t. III, p. 25, Epigr. L. Yar : v. 4. Je trouve que.
[2) Sehillet est, à notre connaissance, le premier auteur chez qui on trouve régulièrement employés et reunis en un même exposé les termes de quatrain, cinquain, sixain, septain, etc. On en trouve quelques-uns employés isolément dans des ouvrages antérieurs : quatrain. (^Arts de 2' Rhétorique : V. (Molinet . p. 232,, cinquain Ibici . VI, p. 236, VII, p. 280), sixain et septain !Il>id V, VI, VII, p. 218, 237, 236-237, 271-272, etc.', buitain (V, VI. VII. passim); dizain [VI, 261, VII, 276); doutait! (III, V, VI, VII, passim). Ces exemples reculent notablement les dites d'origine indiquées par Littrë et Godefroy pour quelques-uns de ces termes. Il est à noter que le 'Dict. Gin. ne donne ni cinquain, ni septain ni neuvain, ni onxflin : cf. l'art, de M. Kastner ('Revue des langues romanes, 1904 , qui donne quelques dates d'origine inexactes, pour n'avoir consulté que la thèse de M. Langlois et non son édition.
(3) Marot, Œuvres, I, 1 : A sa Dame.
En ce qui concerne la disposition des rimes, cette forme abaab est de beaucoup la plus usitée dans la poésie moderne, de la Renais-
De sis vers. — De sis vers tu en trouveras aussy assez en Marot : desquelz te spécifier lés différentes sortes, seroit plus t'empescher que t'enseigner : car pour peu que tu sois versé en la ryme, tu entendras 5 mieus l'assiette et symbolisation dés vers de toy mesmes, qu'homme ne te la pourroit enseigner. Pren toutesfois cestuy cy de Marot pour exemple (i).
Le chant du coq la nuit point ne prononce, Ains le retour de la lumière absconse, 10 Dont la nature il faut que noble on tienne :
Or t'es montre vrav coq en ta response. Car ton haut chant rien obscur ne m'annonce, Mais saule vive, en auoy Dieu le maintienne.
De huit vers. — Le huittain estoit fréquent aus 15 anciens, et est aujourd'huy fort usité entre lés jeunes aussv. pource qu'il ha je ne say quel accomplissement de sentence et de mesure qui touche vivement l'aureille. Pourtant avise toy de sa structure, qui est bien aisée : Car lés 4. premiers vers croisez, lés 4. der- 20 niers croisent aussy : mais en sorte que le quart et quint soient symbolisans en ryme platte : dequoy