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resuite que quattre vers sont au huittain fraternisans de ryme (i), comme tu peus voir en ce huittain de Marot (2) :
L'autre jour ans champs tout fasché 5 Vey un voleur se lamentant
Dessus une roiie attaché :
Si luy ay dit en ni ai restant, A my, ton mal est bien distant De celuy qui mon cœur empestre :
i0 Car tu meurs sus la roiie estant.
Et je meur que je n'y puy estre.
Settain et neufain. — Le settain et le neutain dépendent du huittain ;ï : car le settain régulièrement se fait en syncopant le carme settiéme qui seroit au 15 huittain : et le neufain en ajoutant a ce vers settiéme
5. L'Edition A donne voy : mais l'Erratum corrige en : vev — voy un vouleur B vy un voleur C vey DEFG
(1) Cette forme : 11 babbcbc est déjà déjà très fréquente au xive siècle. (Cf. Châtelain, op. cit., pp. 91-961 — Les auteurs d'^-lrts de Seconde Rhétorique sans formuler les règles avec autant de précision que Sebillet, en donnent de nombreux exemples, conformes à cette disposition (v. notamment p. 182, 203, 235, 257, 238, 273, 2941. — C'est la disposition régulièrement adoptée par Marot dans ses Epi grammes; on trouve aussi des épigrammes de huit vers constituées par la juxtaposition de deux quatrains.
(2) Marot, Œuvres, III, 42 : Epigramme XCVIII. A Mademoiselle de la Roue — Var. : v. 5 : Ton mal [poire homme) — v. 6 : du tourment.
(3) Le septain est souvent cité dans les *Arts de 2' Rhétorique, et toujours sous la forme décrite ici (ababbcc) (voir notamment p. 218, 237, 237. 272, etc.). Molinet en donne une définition (Ibid.,V, 7, p. 218), que Fabri semble avoir utilisée (II, p. 91). L'un et l'autre le rattachent au huitain qui forme une strophe de ballade. Cf. les renseignements donnés par M. Châtelain (p. 144-146) qui « ignore quelle fut sa destinée au xvr* siècle». On voit que chez Marot cette destinée touche à sa fin ; encore n'y est-il employé qu'exceptionnellement: l'Epigr. CCX, iIII, 84 a la forme a ha b c bc et l'Epigr. CCXLII (ÏII, 98) aabbcbc.
un rymantavecques luy en ryme platte i ) . J e ne t'en donneray point d'exemple, pource qu'ilz sont peu usités, et autrement faciles a comprendre a).
Dizain. — Le dizain est l'épigramme aujourd'huy c estimé premier, et de plus grande perfection : ou pource que le nombre de dis. est nombre plein et consommé, si nous croions ans Arithméticiens ou pource que la matière prise pour l'épigramme, y est plus parfaitement déduite, et le son de la ryme entrelo lassée v rend plus parfaite modulation. Quoy que soit, c'est le plus communément usurpé dés savans (2). et le doit estre de tov. Enten donc que régulièrement b au dizain lés 4. piemiers vers croisent, et lés
ia Tu bas un settain en Marot entre ses epigrammes : commençant, Met^ voile an vent, single vers nous Cbaron (3).
(bI Régulièrement dy-je : Car tu trouveras mains dizains esquel^ aura autre forme de ryme.
-,. S'oits corrigeons estime, faute évidente de A.
1 Sebillet définit le neuvain un peu au hasard. Cette forme : ababbebbe n'est pas plus usitée que les autres (Châtelain, p. 152 et 156), et elle n'est mentionnée dans aucun des Arts de 2' Rhétorique.
(2) Sur la brillante fortune de cette forme de dizain [a b a bbccdcd) au xv' siècle et au début du xvi\ ci. Châtelain, cp. cit., p. 135 et 137. On en trouve déjà de fréquents exemples dans les Arts de 2" Rhét., soit isolés, soit en ballades cf. notamment p. 97, 187, 235, 276-2771. Cette disposition est presque exclusivement employée par Marot. chez qui les dizains irréguliers sont fort rares ■ on en trouve un t. III, p. 22 : Epigr. XLV1I, de la forme abaabbcbbc), et p. 27 Epigr. LXI, un dizain sur deux rimes, etc. .
(3) Marot. Œuvres, III. 12. Epigr. XIX : A un nommé Charon, qu'il convie à souper. Nous avons trouvé deux neuvains seulement, dans les Epigrammes; l'un (Ep. CXXX, III, 54) a la forme ababbed de; l'autre (Ep. ÇCLXII, III, 110) a la forme aba a bbc bc.