‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 72 sur 134 · CHAPITRE LXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVIII

PUIS je vis rame d'un homme et d'une femme que Ton menait Phômmeen Paradis et la femme en Enfer. Et la femme jetait les mains i dans la ceinture ei le cosii de cet homme, et lui disait : « Comment se fait-il que, tandis que pendant notre vie nous avons été ensemble pour tout le bien qoae nous avons fait, maintenant on te porte au Paradis et moi en Enfer? »

Et cet homme répondait : « C'est parce que j'ai accueilli les gens pieux, méritants et pauvres et leur ai fait la charité; et ai accompli bonnes pensées, bonnes paroles et bonnes actions; que j'ai toujours eu l'esprit plein de la pensée des Izeds 2, et que j'ai méprisé les démons, et que j'ai cru fermement à la bonne Loi des Mazdayasnéens; tandis que toi, tu as méprisé les gens pieux, pauvres, méritants et gens de caravanes; tu as dédaigné les

Izeds et adoré les idoles, tu as commis mauvaises pensées, mauvaises paroles et mauvaises actions, et tu as cru obstinément à la Loi d'Ahriman et des démons. »

Et cette femme disait ensuite à cet homme*: « Pendant la vie, ta personne tout entière était sur la mienne un maître et un roi, ma personne, mon âme et ma vie t^appartenaient; et ma nourriture et mon habillement, tout me venait de toi; mais pourquoi n*ai-je point été punie et corrigée alors 3, pourquoi alors ne m'astu pas enseigné et expliqué le bien et la vertu, pour qu'ensuite je pratiquasse le bien et la vertu, au moins je n^aurais point à supporter aujourd'hui ces maux pour mes péchés. »

Puis cet homme alla au Paradiset cette femme en Enfer. Et cette femme à cause de ce repentir n'eut point à souffrir d'autre opposition en Enfer que les ténèbres et l'air fétide. Et cet homme, pour n'avoir point converti et instruit au bien cette femme qui était venue par le mariage en sa possession, s'assit dans le Paradis parmi les justes, mais couvert de confusion '*.

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