HISTORIQUE
Nous envisagerons la succession des faits et des idées en matière de chirurgie du genou tuberculeux, puis. nous mentionnerons les noms et les procédés des chirurgiens qui se sont plus particulièrement attachés au problème de la contention après la résection.
L'histoire de la chirurgie de la tuberculose ostéoarticulaire du $enou se divise en trois périodes : ;
1) La résection articulaire était pratiquée vers 1785 par PARCK, de Liverpool et par MOREAU, de Bar-le-Duc. La première publication sur la résection du $enou semble avoir été le fait de JONES (°), en 1854.
Retenons encore les noms de SYME et FERGUSSON en Angleterre, TEXTOR et JOEGEREN en Allemagne et de LEFORT (°), qui s'intéressent à cette question. Mais il faut attendre les travaux d'OLLIER et la parution du « Traité des résections » (1882) pour que non seulement la technique opératoire, mais encore la chirurgie des lésions tuberculeuses osseu-
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ses soient acceptées et acquièrent droit de cité. Les résultats d'OLLIER et des “chirurgiens qui . l’avaient suivi, BOECKEL, AUGERER et KIRMISSON convainquent les plus réticents. Mais. déjà LUCAS CHAMPIONNIÈRE (*) et OLLIER mettent en garde les chirurgiens contre le danger considérable que constitue, chez l’enfant, l’offense, même légère, faite aux cartilages métaphysaires. Ils préconisent la résection intraépiphysaire. Beaucoup cependant ne tinrent pas compte de ces judicieux avertissements.
Néanmoins, au cours de cette période, la résection prenait la première place dans le traitement de l’ostéoarthrite de l’adulte et l’a conservée de nos jours.
2) Mais les véritables « catastrophes » qu’entraînèrent les résections inconsidérées chez l'enfant et l’adolescent, avant la fin de la croissance, provoquèrent une réaction passionnée. D'autant plus que c’est l’époque où les sanatoria de cure héliomarine publient des statistiques encourageantes. Aussi les praticiens se retirent-ils dans un noninterventionnisme farouche. BROCA parle, avec tout le sens péjoratif que contient son néologisme de « résécomanes » attardés. La chirurgie n’a plus le droit que d’imaginer des interventions qui redressent les séquelles. C’est. la naissance de l’ostéoclasie de ROBIN et des arthroclasies.
Cependant, on acquiert alors la notion que la tuberculose articulaire est la traduction locale
2 DE d’une atteinte générale, et que la cure hélio-marine et la pure orthopédie ont une grande place dans le traitement de la tumeur blanche.
3) Au début de la dernière période, il est donc. criminel d'ouvrir des tuberculoses fermées, et la tumeur blanche passe pour uñe maladie en règle curablé, Mais les tentatives de VIGNARD (*°) sur les ostéites juxtasgonales, l’enthousiasme vite éteint, suscité par l'opération de ROBERTSON-LAVALLE (°) remettent tout en question. Pour l'adulte, l’on revint très facilement aux principes d'OLLIER, mais le problème de l'enfance se pose de nouveau dans toute sa délicatesse. C’est alors l’éclosion d’une succession de procédés d’arthrodèse par greffon ; LEXER, BADE, DUPUY de FRENELLE, PUTTI, RICHARD, Jénas, MEZZARI (°) présentent des méthodes transarticulaires où paraarticulaires, DELAHAYE et ZANOLI (!°), des arthrodèses extraarticulaires fort séduisantes. Cependant, avec le recul des ans, nous voyons que cette question du traitement de l’ostéarthrite tuberculeuse de l’enfant n’a pas encore trouvé la solution que donnait, en 1880, OLLIER à la forme de l’adulte.
Pour l’adulte tout semblait donc définitif. Mais les opérateurs, désirant faire mieux, cherchèrent à hâter la consolidation osseuse et à raccourcir la durée d’immobilisation et du port des BrGfhESeR. après la résection.
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Tout d’abord, on fit appel à l’appareïl plâtré pelvipédieux. Il a encore de nombreux partisans. On le confectionne à la façon de MÉNaARp (*). De toute façon, il n’a perdu aucun de ses droits comme moyen d’'immobilisation.
Bien avant les travaux d’ALBEE (), sur la greffe osseuse, RUDIGIER, en 1878, avait eu l’idée de conserver la rotule et de la fixer sur le tibia et le fémur avivés. OLLIER proposait de prélever « un couvercle » analogue à la rotule sur la tubérosité antérieure, et de le fixer de la même façon. De cette idée naquirent les procédés de GRAMER, VULPIUS, Bossi (*), Hass (”), etc... Puis, la meilleure con naissance de la greffe osseuse fait naître, à l’exemple d’ALBEE, d'HiBgs () et de l’école de BERCK, une série de procédés. Nous avons retenu quelqués méthodes-types, les autres ne s’en différenciant que par des détails. Nous devons citer, dans le même ordre d'idée, les tentatives de LERICHE (“), de TRÈVES et CALVÉ (“), qui essayèrent de hâter l’union osseuse par l'emploi d’un mortier osseux hétérogène ou homogène.
Il va sans dire que la prothèse métallique, qui constituait un moyen très commode, fut utilisée. À l’emploi du crin de Florence et du catgut chromé succèdent le fil métallique et les agrafes de DUJARIER. Parmi les procédés les plus récents, en dehors de l’utilisation des plaques, nous citerons ceux de MASMONTEIL (*), BOSWORTH (“), HONE-
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CKER (‘’) ; ils nous ont semblé être les plus originaux. ; |
Les critiques que fait naître l’utilisation de ces prothèses, placées dans le foyer ou à son voisina- $e immédiat, conduisent quelques chirurgiens à la recherche d’une méthode que nous qualifierons d’ « extraarticulaire ». Ici prennent place les techniques de JUDET (), de WESTHUES (*), ainsi que celle, dite en « pression positive » de KEY.