INTRODUCTION
2 Avant d'étudier les arthropathies tabétiques à début trau-
matique, il nous semble utile de rappeler leurs principaux
- caractères cliniques et de préciser la place qu'elles occupent dans l’ensemble des symptômes du tabès.
Elles sont connues depuis CHARCOT, depuis la description
magistrale qu'il en fit.
L’arthropathie tabétique s’installe le plus souvent de façon soudaine et il n’est pas rare que le sujet incrimine un trau- matisme à l’origine des troubles.
L'articulation est très tuméfiée par un épanchement. Tous
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les plans, synoviales, capsules, tissus périarticulaires et téguments semblent participer à cette hypertrophie. Les os même semblent augmenter de volume, ce qui s'explique par les nombreux ostéophytes qu'ils présentent.
| Une indolence remarquable s'associe à ces gros dégâts: limpotence fonctionneile, de ce fait, qui, à première vue, semblerait devoir être considérable, est relativement modérée.
C'est la laxité ligamentaire qui gênerait le plus ces malades. À la mobilisation passive l'amplitude des mouvements est exagérée et l’on obtient parfois de véritables dislocations articulaires « de polichinelle » tandis qu'on perçoit de grosses crépitations. C’est dire l’importance des dégâts. La radio montre, associée à des phénomènes d’ostéoporose, qui donnent un aspect flou, ouaté, décalcifié, à la texture osseuse, la présence d’ostéophytes boursouflant et déformant les contours osseux.
Done, les arthropathies tabétiques sont caractérisées par
une tuméfaction due à de gros dégâts articulaires, une indo- À lence paradoxale et une laxité de l’article. < | Ces arthropathies ont longtemps été considérées comme . une complication du tabès déjà arrivé à un stade avancé. Mais on s’est rapidemen! aperçu qu'elles constituent un symptôme important de la maladie et qu’elles peuvent même apparaître | précocement. On connaît des arthropathies révélatrices du ta L bès. Ce qui nous intéresse beaucoup plus c’est de savoir qu’elles » ont une place pathogénique à part. Nous savons que le tabes | est dû principalement à une sclérose syphilitique des cordons H postérieurs de la moelle et des racines postérieures des nerfs … rachidiens. Cette sclérose, lorsque lon connaît le rôle physio- 4 logique de la racine postérieure de la moelle et du faisceau 4 de Goll et Budach (transmission de toutes les formes de la sensibilité somatique discriminative) explique aisément la plu- Î part des symptômes, l’aboli‘ion de sensibilité profonde par exemple. Mais cette sclérose ne peut être à l’origine des ar- : thropathies. Et la question de la pathogénie des arthropathies tabétiques a été longtemps discutée; maintenant encore, les : opinions divergent.
Les théories pathogéniques peuvent être rangées en deux | grandes classes : ou la cause initiale est due à une lésion ner- L veuse (centrale où périphérique), ou la cause initiale n’est pas L: due à une lésion nerveuse. Disons d'emblée qu'à notre avis, f ce sont les lésions nerveuses qui sont responsables des troubles, car les arthropathies tabétiques doivent être classées sans aucun doute dans les arthropathies nerveuses; nous discute- 4 rons d’ailleurs par la suite ces différentes théories. + Ce qui nous intéresse plus particulièrement dans l'étude que nous allons entreprendre, c'est le rôle que peuvent jouer. les traumatismes dans le déclenchement des arthropathies ta bétiques. Ce rôle est d’ailleurs d’une constatation banale; les + cliniciens l’ont souvent remarqué et signalé. Nous n’irons tout | de même pas jusqu’à dire, comme VON VOLKMAN, que le traumatisme est l’unique origine des arthropathies. Mais nous es- ë
saierons de montrer qu'il peut avoir une certaine part de res- - ponsabilité däns la constitution de l’arthropathie et CSI sans a nier les théories pathogéniques modernes.
b Nous allons d'abord rapporter une observation absolu- ment typique d’'arthropathie tabétique à début trauma‘ique que nous à communiquée M. le Professeur’ POUYANNE. Puis, après avoir cité quelques autres exemples, nous ferons une étude critique des différentes pathogénies, étude qui nous per- mettra de préciser et de limiter le rôle du trauma’isme dans <e arthropathie.
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UN CAS D’ARTHROPATHIE TABETIQUE A DEBUT TRAUMATIQUE
Gette observation d’arthropathie tabétique à début traumatique a été prise dans le service de M. le Professeur POUvyaN- NE. Ce qui est extrêmement intéressant, c’est que l’on possède des documents radiologiques qui permettent de suivre la consütution de l’arthropathie depuis le traumatisme, à partir d’un os présentant une texture normale. Nous ragporterons cet e observation en détail et nous présenterons trois clichés radiologiques : :e premier au moment de la fracture, ie deuxième au début de l’évolution de l’arthropathie, le troisième lorsque l’arthropathie est constituée.
Nous rappellerons d’abord les antécédents collatérsux et personnels, ensuite les antécédents syphili'iques avec ies traitements suivis, enfin en détail l’évolution de l’arthropathie, c'est alors que nous présenterons les trois clichés radiologiques. Nous verrons par la suite les conclusions que l’on peut en déduire.