SCENE VI
AMAtnV
O pauvre cœur humain, qu'on trompe avec <les promesses • . Ils me ccmnaissont et n'ont môme pns un instant douté do ma sincérité... 11 se fait un mouvement .sur la rive... La I.Mn,ue se dirige de ce cAlé... Voici le prince !.. (// iUluchc la lanlcrnK.) Lai.ssonsleur la joie <le lui apprendre que ce soir il .sera...
ih ! ail ! sauvé... diront-ils, et moi, prince, je te dis : mort ! (// s'écarte pour laisser passer Arthur, qui rntre, accompagné par les soldats. Puis, d'un geste, éloignant ces hommes, il sort après eux.)
SCtNE Vif
.\RTHUn
// reste qui'lques inslanls immobile, tête baissée : put.^ regarde oltenlivemenl le cachot.
ARTHUR
C(» cachot est moins noir... jélouffais dans l 'autre... il y a de lair ici... Oh ! ce rayon de lune, cher astre. • juc je n'avais pas vu de'puis si longtemps, comme ta lumière est douce au pauvre prisonnier ! M'apportcs-lu l'espérance ?
f)n entend une voix qui chante dons te lointain :
Quanti le labouiour d;ms le sillon Trouve par ha.sard un oisillon, (I prend le petit, Ireinblant. d'effroi... l^t vive le duc ! vive le roi !
Il le jircnd, remporte en sa maison ; Mais au lieu de le mellrc en prison. Il lui donnera la liberté.
FA vivent la joie et la gaielé !
ARTHUR, qiti s'est rapproché de la fenêtre
Cotte voix... la brise d'e la nuit l'apporte comme une caresse. Ces paroles, je les connais... Cet air, je l'ai chanté jadis. Oh ! oui, je mo souvien.s, il y a lons^lamps, bien longtemps... Quand je m'endormais.
- vs —
je l'entendais conime un murmure à luon oreille. Petite chanson ! ô douce chanson que chantait ma mère, quels souvenirs tu réveilles dans mon coeur ! Pauvre mère ! comme eNe m'aimait ! comme elle était bonne ! Il me semble que je l'entends encore et que je la revois. Klle sourait à mes joies cl pleurait à mes peines. Elle est morte, heureuse et confiante, me croyant victorieux ù jamais. Elle s'est endormie dans un .songe oij j'étais le duc vainqueur et le roi triomphant. Seigneur, laisse-la rêver encore dans ce ."^ommeil d'e la mort, si dou.\ à tes élus ; latsse-la rêver encore à son fils tonjijurs heureux ! [Des soldalii 'tniciieitl lùiUvaid et Geoffroy.)
scr:Nr: viii
AnTHtM. KDWAHl), (.EOFl-^HOY
1 nwARu Li (ii:orrnov MonseiL' iit-Mii '
AUIHI'H
Mes amis !
KDWAnD
Nous craignions tant pour \i>us, Mon}v<:igncur ! I^a haine de nos i^eôlicrs est donc enfin lassée, puisqu'on nous réunit aujourd'hui.
Vous aussi, E(J\\;u'd, \oiis êtes pris<jnnier? .le vous ai porté malheur !
Hélîis ! pour^iuoi n'avcz-\oiis j)as fui ? Vous le pouviez alors^ tanViis que maintenant...
Fuir ! el vous laissor soulïrir pour moi celle horrible lorlure ! 5erais-je digne d'être ainsi aimé «le vous, si j'avais acc^plé ce sacrifice ? Non ! l'ami doit partager les joies et les peines de Tami ; mais .se sauver honteusement, en immolant les autres, c'est profaner l'amitié. .
KDW.ABD
Dieu m'est témoin pourtant que jamais soutTert sans me plaindre.
gkoffuoy
Hélas ! j'aurais voulu me confeiiir. mais la vue ilo ces fers horribles m'a arrat-hé un cri tl'elTroi que je n'ai pu maîtriser.
Que Dieu en soit béni ! Tu m'as épargné le remords... Et votre père, Edward ?
rnWARD, ù l'oix busi^e, f/(',s larmes dans la voix
Mon père !... Il est mort, sans doute ! Pauvre père, ils ont toujours refusé de me dire s'il a payé de "a vie... (// aangtoli'.)
\Ul H (H
Mort poui" nidi ! Mon Dieu ! si je dois encore être falal à ceu.\ qui m'aiment, Sei^Mieur, je t'en conjure, prends ma vie, j'aime mieu.x mourir !
GEOFFROY
La belle soirée ! {Ils s'approchent Ions les Irois d? la fenêtre.)
ABTHUR
Comme ce serait bon d'être libre sous ce beau ciel !
EDWARD
Quel calme ! La fraîcheur de la nuil arrive jusqu à nous... Comme celte brise est douce à respirer !
.\RTHUR
C'est la liberté !